AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
20/03/13 : Le forum a subi de nombreuses modifications aujourd’hui. Pour prendre connaissance de tout ce qui a changé veillez cliquer : ici

Partagez|

[FB 4ans] île de Man : les bois de Man

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar
MessageSujet: [FB 4ans] île de Man : les bois de Man Ven 10 Mai - 15:52

LES BOIS DE MAN




Résumé des faits précédents
Après avoir fui Avalon suite à l’attaque qui réduisit ce que j’appelais ma vie à néant, j’ai cherché à me cacher. A redémarrer une nouvelle vie ailleurs, comme je l’avais promis à mon amie. S’il est difficile de quitter son univers de son plein grés pour aller recommencer plus loin, ça l’est d’autant plus quand on y est forcé et que rien ne vous y a préparé.
Je découvrais donc l’île de Man, où je pensais être suffisamment loin de mon Avalon natale pour tenter d’oublier.





Bien que j’aurais pu quitter GrandLine si j’avais vraiment voulu me donner les moyens de chercher, j’avais préféré ne pas quitter cet océan. Après tout, il y a quelque chose de magique sur ces îles que l’on ne retrouve pas ailleurs. Une ambiance, un frisson, quelque chose que je ne saurais expliquer. C’était peut-être aussi la peur de ne plus jamais avoir la chance de revoir ma patrie si je n’en éloignais trop. Ho certes je savais que plus rien ne me retenait là-bas. Mon amie était morte dans notre fuite, la reine Ahés, si douce, avait périe avec son époux et sa sœur, Mâab….elle m’avais toujours hait. Elle avait toujours hait tout le monde de toutes manières. Je n’étais plus rien d’autre que Silith l’orpheline, l’expatriée.

Cette île sur laquelle j’avais fini par atterrir était une petite île forestière. J’adorais les bois, j’avais toujours aimé parcourir ceux de mon île. Ceux-là étaient cependant différents. Pas de tons chatoyants, pas de couleurs chaudes, les arbres d’ici avaient un feuillage d’un vert sombre et il y faisait bien plus sombre que dans ceux que j’avais l’habitude d’explorer.
Les habitants vivaient principalement de la chasse et de la pêche, revendant les produits de la terre et de la mer aux nombreux navires marchands qui accostaient, attirés par la réputation de qualité de ce qu’on trouvait ici. C’était des gens bien, des gens simples, de ceux qui se soucient peu des richesses et autres futilités. Ils tenaient à la vraie vie, aux petites choses de tous les jours qui donnent le sourire.
Cette ambiance aurait pu m’aider à oublier, avec du temps. Mais je ne pouvais chasser de mon esprit les dernières paroles de la pixie, celle qui était avec nous dans les bois quand nous avons fui le massacre. Elle disait que je ferais mieux d’attendre, qu’elle viendrait me chercher quand je pourrais rentrer, quand le pays serait de nouveau sur. Je ne voulais pas oublier. Je gardais l’espoir qu’elle viendrait vite. Même si je savais au fond de moi qu’il me serait plus dur encore de rentrer sachant que mes amis ne me seraient pas rendus d’entre les morts. Pourquoi rentrerais-je à Avalon si je devais de toute façon être seule. Mâab avait posé ses fesses sur le trône et je ne serais pas la bienvenue à la cours, où irais-je ?
J’essayais de chasser ces questions de mon esprit, de me focaliser sur ce que j’avais à faire à l’instant présent. Me fondre dans la masse, réapprendre à vivre sans ceux qui avaient été ma famille. Je mis du temps à lier avec les villageois, non pas qu’ils n’étaient pas accueillants, mais plutôt que j’appréhendais me lier pour me retrouver seule à nouveau. J'avais coupé mes cheveux, certaines s'en étaient étonnées, d'autre avaient demandé pourquoi, j'avais simplement répondu que je me devais de le faire, comme un symbole de ce que j'avais perdu et de la vie que je redémarrais. Il y eu cependant quelqu’un qui me fit baisser ma garde. Quelqu’un à qui je m’attachais malgré moi. Quelqu’un dont me rapprochais sans trop savoir pourquoi.

J’avais commencé ma nouvelle vie sur l’île de Man en tant que serveuse. Le petit métier par excellence de la femme sans diplôme. Quoi que mon père me l’eu assez répété… il n’y a pas de sot métier ma fille, que des sottes gens. Je l’entends encore me rabâcher les oreilles avec cette phrase. Quel changement ce fut, de la vie de château à la vie de taverne. C’est là que nous avons fait connaissance, Murray et moi. Il venait souvent boire avec d’autres chasseurs, quand ils étaient rentrés avec de belles prises. Il y a plusieurs type de comportement qu’un homme peut avoir avec la boisson. Il y a ceux qui boivent seuls, dans un coin en silence, comme s’ils voulaient noyer les souvenirs qui leur pesaient. Ils y a ceux qui boivent jusqu’à ne plus tenir debout, ceux-là finissent soit par dormir dans le caniveau soit en cellule après avoir laissé l’alcool prendre le contrôle sur leur esprit. Et il y a ceux qui boivent en riant, juste pour être avec les gens qu’ils apprécient et chantent jusqu’au bout de la nuit. Murray étaient de ceux-là.
C’est un de ces soirs que j’ai compris combien j’étais attachée à lui. Ils étaient arrivés comme à leur habitude, le salaire de leur labeur tintant dans leurs poches, le sourire aux lèvres. Ils avaient commandé à boire et avaient commencé leur joyeuse fête d’un côté de la salle. Murray m’avait souri, comme chaque fois depuis quelques semaines. Je lui avais rendu son sourire, parce qu’on m’avait appris à être polie, mais aussi parce que j’en avais envie sans trop savoir pourquoi. Ce soir-là je me souviens avoir rougit. Plus tard dans la soirée, alors qu’ils avaient commencé à chanter, il était venu me voir et nous avions engagé une conversation somme toute banale mais dont les consequences allaient bouleverser la nouvelle vie tranquille que j’avais établie ici.

-Et toi, cela fait bien trois mois que tu es là et je ne t’ai jamais entendu chanter, je ne me souviens pas non plus t’avoir vu danser. Tu sais chanter ?

J’avais bafouillé quelque chose, le nom d’une chanson que je connaissais. Il s’était alors tourné vers son groupe et avait demandé le silence.

-S’il vous plait, notre rouquine va nous chanter un truc de chez elle. Un peu de silence qu’on en profite.

Puis il avait fait de la place sur une table et m’avait invité à y monter. Je ne sais toujours pas pourquoi en dépit de tout bon sens et de mon éducation, j’étais montée sur cette table. Je me souviens seulement de la chanson que j’avais entonnée.

I wish I was in Carrickfergus, only for nights in Ballygrand
I would swim over the deepest ocean, the deepest ocean for my love to find
But the sea is wide and I cannot swim over and neither have I wings to fly
If I could find me a handsome boatman to ferry me over to my love and die
My childhood days bring back sad reflections of happy times I spent so long ago
My boyhood friends and my own relations have all passed on now like melting snow
But I'll spend my days in endless roaming, soft is the grass, my bed is free
Ah to be back in Carrickfergus on that long road down to the sea
And in Kilkenny it is reported there are marble stones as black as ink
With gold and silver I would support her, but I'll sing no more now till I get a drink
I'm drunk today and I'm seldom sober, a handsome rover from town to town
Ah, but I'm sick now, my days are numbered so come all ye young men and lay me down

C’était une chanson triste qui parlait de départ, d’êtres chers perdus et de terre natale qu’on ne reverrait plus. Je me souviens du silence de cathédrale qui avait envahi la salle, et de mon ton gène quand j’avais osé ouvrir la bouche à nouveau.

-C’était si catastrophique ?

Une voix du fond de la salle, d’un homme dont j’ai oublié le visage m’avait alors répondu.

-Tu plaisantes ou quoi ? Continu, on en veut une autre.

Mais Murray avait alors éclaté de rire avant de suggérer autre chose.

-Envoies plutôt la musique, on va danser un peu.

Puis il m’avait empoignée par les hanches pour me faire descendre de la table et m’avait glissé quelques mots à l’oreille avant de m’entrainer au milieu des autres pour danser avec lui.

-Comme je te tiens maintenant, j’aimerais te tenir toujours, pour que tu saches que je ne veux pas te voir partir aussi soudainement que tu es arrivée.

Je n’oublierais jamais ce soir-là, cette chanson, cette danse, le baiser que nous avions échangé ensuite.







Dernière édition par Silith le Sam 11 Mai - 13:49, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: [FB 4ans] île de Man : les bois de Man Ven 10 Mai - 17:35






Un an avait passé depuis ce soir où Murray et moi nous étions embrassés pour la première fois. Un an que ce nouveau bonheur avait peu à peu remplacé mon chagrin. Bien sur, je n'oublierais jamais Avalon, il est des choses gravées au fer rouge dans ma mémoire et même tout l'amour que Murray me donnait ne pouvait les effacer totalement. Cependant, j'avais retrouvé une raison d'être heureuse, une raison de croire que j'avais moi aussi le droit d'être heureuse.

Cette année là, j'avais prit l'habitude de le suivre quelques fois à la chasse. J'aimais la quiétude des bois. Le calme qui y régnait. L'excitation de la traque. La tension de l'instant où il tirait. Le sourire qu'il affichait en voyant sa flèche atteindre son but. La façon qu'il avait d'achever sa victime en s'excusant à son oreille. La fierté dans ses grands yeux bleus quand il me regardait ensuite pour s'assurer que je n'en avais pas perdu une miette. Je lui demandais souvent si un jour il me laisserait essayé, mais c'était sans cesse la même réponse.

-Tu n'as pas besoin de te salir les mains. Tu n'as pas besoin d'apprendre à te servir d'une arme, quel qu'elle soit. Je suis là pour faire ce genre de choses à ta place.

Ce à quoi je lui répondais invariablement la même chose.

-C'est pas là le problème. J'aimerais essayer c'est tout. Et puis je m'ennuie, ce serait quelque chose de nouveau, d'excitant, de grisant.

S'en suivait généralement un fou rire qui nous prenait tous deux. J'aimais son rire. Ce grand blond costaud avait une voix grave, posée, rassurante, mais il avait un rire clair, un rire de gamin. Cela faisait partie de son charme.


Un soir il vint à la taverne avec un présent. Un présent emballé dans un papier coloré grotesque. Il prétexta n'avoir trouvé que ça auprés des marchands qui étaient venus ce jour là. Je m'étais empressée de le déballer et ce que j'avais trouvé m'avais arraché un cri. Je tenais dans mes mains un arc en if, un de ces arcs longs dont les gens d'ici avaient le secret. Beaucoup des soldats que j'avais connus à Avalon envieraient une telle arme, légère et robuste. Je me souviens lui avoir sauté dans les bras pour le remercier.

-Tu n'es qu'un idiot, pourquoi avoir attendu tout ce temps? Et pourquoi avoir fait une telle folie, tu n'avais qu'à me prêter un des tiens.

-Je voulais que tu aies ce qu'il se fait de mieux, tu le mérites.

Le geste qu'il fit ensuite, était de ces petits gestes de tous les jours qui vous illuminent la plus noire des journées. Il repoussa une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et plongea son regard dans le mien. J'aimais qu'il le fasse et il le savait.

-Maintenant, saches qu'une arme digne de ce nom doit avoir un nom. A toi de lui en trouver un.

Rien ne m'étais venu à l'esprit sur le moment et j'avais promis de lui en trouver un plus tard.

Le lendemain, je l'accompagnais dans les bois, mais cette fois, il allait enfin m'apprendre. M'apprendre à prendre une vie. N'allez pas croire que je me réjouissais à cette idée. Je savais comment fonctionnaient les choses. Combien d'heures j'avais passé avec mon père, écoutant ses leçons à ce propos. Une vie pour la survie du plus grand nombre. Depuis que je vivais sur cette île, j'en avais saisi le sens. Le gibier et le poisson que nous attrapions ici faisait vivre les villageois de deux manières. Une première partie servait à nourrir les habitants, l'autre servait au commerce, ce qui empêchait l'île de se retrouver isolée. Ce qui, pour une petite île de cette taille sur GrandLine, conduisait généralement à un avenir sombre. Ainsi allait les choses. Prendre une vie pour en sauver d'autre.

Nous traquions un sanglier depuis un moment déjà, et nous l'avions contourné pour éviter que notre odeur nous trahisse. Il me montra comment bander l'arc, geste que je m'appliquais à imiter déjà depuis longtemps, à force de le suivre. Il fut surpris de voir à quel point tout ceci me tenait réellement à cœur, mais ce n'était pas le moment d'en parler. Je m'exécutais donc, mais au moment où je m'apprêtais à décocher ma première flèche, une volée de corbeau fit lever la tête à ma proie. Celle ci commençait à s'éloigner et je décidais de tenter quand même mon tir malgré que Murray tenta de m'en dissuader. Si je l'avais loupé, il nous aurait surement chargé. Mais ma flèche fit mouche à la grande surprise de mon compagnon. Je ne sus jamais qui à cette époque, de la chance ou du talent avait guidé mon geste. Il me laissa achever ma proie, comme je l'avais vu faire tant de fois au par avant.

C'est après ce tir que le nom que mon arc porte encore aujourd'hui m'est venu.

-Morrigan

-De quoi tu parles?

-Elle s'appelle Morrigan.

Devant le regard incrédule que Murray m'avait lancé, j'avais du lui expliquer l'origine de ce nom.

-Cet arc est en bois non? Les Sylphes, les esprits du bois, sont des femmes, l'ignorais tu? Et celle ci s'appelle Morrigan. Dans nos légendes, elle revêt la forme d'un corbeau pour annoncer la mort des guerriers.

Cela l'avait fait rire et avait dû attiser sa curiosité, car le soir même il me fallut lui raconter moult autres légendes de ma terre natale. Que de nostalgie cette soirée avait réveillé en moi. Mais de pouvoir partager ces histoires avec l'homme que j'aimais me remplissait de joie. C'était comme fusionner totalement mon passé et ma "nouvelle vie". Du moins, une partie de mon passé.
Je lui parlais des Bugganes, les ogres des montagnes, et des Boggarts, ces nains qui guettent les marcheurs pour les attaquer en chemin. Je lui comptais les histoires de Brun de Cúailnge et du Boobrie, le taureau merveilleux et l'oiseau des lacs. Il ne se lassait pas de m’écouter.


Les jours, les mois suivants, je l'accompagnais, Morrigan à mes cotés, lors de mes jours de repos à la taverne. Je ne cessais de m'améliorer et finit par être aussi rapide et précise que lui. Certes, la portée de mes flèches était moindre, mais mon arc était adapté à ma force. Après tout, n'était il pas un homme et moi une femme? C'est dans l'ordre des choses et je n'aurais su être jalouse pour autant.

La seule chose pour laquelle j'étais meilleure que lui était la chasse au petit gibier. Sans parler des pièges et des collets, nous posions les mêmes, fait par nos soins les soirs de veillées. J'avais développé une technique qu'il m'enviait. Là où il arrivait à tirer trois flèches en même temps pour un tir de volée, j'en tirais cinq. C'était plutôt utile pour abattre un groupe d'oiseaux au vol ou les lapins que nous faisions fuir des terriers. Nous avions eu une discussion à ce sujet, un soir où chacun vantait ses exploits à la taverne.

-Ma Sisi, Murray aimait ce sobriquet ridicule et j'aimais l'entendre m'appeler ainsi, arrive à abattre trois lapins en même temps. Je vous jure, je l'ai vu faire pas plus tard que cet après midi.

-Arrête, l'amour t'aveugle idiot, sur un tir de volée, c'est impossible que toutes les flèches touchent leur cible, tout le monde le sait.

-C'est bien ce que je dis...

J'avais interrompu mon amant pour répondre moi même à l'incrédule.

-Exact... sur cinq flèches, trois touchent au but.

-Cinq? Mais t'as même pas des mains assez grandes pour en tenir autant!

Je lui fis alors une démonstration de l'habileté de mes petits doigts de femme avec des verres à pieds. Ma patronne, qui ne manquait jamais une miette des débats, avait éclaté de rire devant la tête médusée des septiques. Travailler dans une taverne a du bon. Si je pouvais tenir dix verres dans une seule main, je pouvais coincer cinq flèches entre mes doigts.

-C'est l'Arkan Sonney, avais-je dit en riant, l'oursin chanceux des légendes.

-Voilà qu'elle donne des noms à ses techniques de chasse maintenant. J'aurais jamais du céder à tes caprices, la traque te monte à la tête rouquine.

La voix de mon homme avait mis un terme au débat en soulevant de grands éclats de rire.


Il avait raison, j'aimais donner un nom à ce que je faisais. Cela me rappelais Avalon et nos jeux d'enfants. A l'époque où nous jouions tous trois, la princesse, son cousin et leur noble amie. Aziel avait tendance à faire de même, nommer les attaques imaginaires de son épée de bois avec les noms des créatures folkloriques des contes. Et les deux jeunes femmes le suppliaient de les sauver des dragons Cuélebre, Draig Goch et Addanc. Le jeune chevalier en herbe terrassait les créatures une à une et délivrait les demoiselles en danger que nous étions. C'était une belle époque et je savais déjà qu'elle était loin derrière moi. Il m'arrivais souvent de m'y replonger avec mélancolie. Mais lorsque je croisais les yeux de l'homme qui partageait désormais ma vie, les nuages du passé s'envolaient et le sourie me revenait.






Dernière édition par Silith le Sam 11 Mai - 13:49, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: [FB 4ans] île de Man : les bois de Man Ven 10 Mai - 17:35







Le temps continuait son ouvrage. Cela faisait maintenant deux ans que je vivais comme ça, "entre la terre et lui" pour reprendre les paroles de cette chanson qu'il aimait tant.

Peut être j'ai tort, mais j'ai vécu comme ça, j'ai aimé ça.
J'ai vécu comme ça, je veux mourir comme ça,
Entre la terre et toi.
J'ai envie de te réveiller, dans une caresse, un baisser,
Laisser la peau te parler, te dire que j'ai aimé
Vivre comme ça.
Je crois en ça, il faut vivre comme ça, il faut mourir comme ça,
Entre la terre et l'amour


Deux ans avec cet homme. Quel intérêt avais je désormais à rentrer à Avalon ? Même si on venait me dire que la situation était stable, je ne voulais plus y penser. Il n'y avait plus rien pour moi là-bas, j'avais tout ici. Je lissais cependant souvent les journaux qui parlaient de l'île qui m'avait vu naître. Mâab semblait être une souveraine froide. Elle n'était pas une reine sanguinaire, le peuple n'était pas affamé, ni maltraité par les forces armées dont elle s'était entourée. Elle était juste froide. Elle avait semble il fait raser une partie des bois autour de la capitale afin, d'après elle, de prévenir d'éventuelles invasions futures. L'officier qu'elle avait épousé s'était fait bâtir une base digne de son grade sur une terre sacrée, mais elle était passée outre les avis du conseil des anciens pour le lui autoriser. La reine n'avait que faire des cultes, c'était des superstitions selon elle. Déjà quand ils étaient enfants, Aziel devait prononcer les noms des divinités à mi-voix. Si elle l'avait entendu, lui l'enfant qu'elle n'avait pas voulu, s'intéresser à ça... Il n'avait pas besoin de raisons supplémentaires pour attiser sa haine.

Aziel. Où pouvait bien être le compagnon de jeu de son enfance ? Le jeune homme savait il ce qu'il était arrivé ? Il ne pouvait pas avoir ignoré la mort de ses amis, sa famille. Il avait dû revenir à Avalon pour l'enterrement de Moïra. Mâab avait organisé une belle cérémonie quoi qu'on en dise pour sa défunte soeur et sa fille. Je ne voulais pas croire qu'il n'était pas rentré faire un dernier adieux à son amie. Il serait sûrement reparti aussi vite, fuyant la haine de sa propre mère.

Je me demandais s'il avait, lui aussi, construit une autre vie. Si lui aussi avait quelqu'un avec qui partager ses bonheurs et ses peines. Peut être avait-il fondé une famille quelque part. Peut être se recroiseraient-ils un jour.

Murray m'avait demandé un jour, s'il y avait des gens que je regrettais.

-Je n'ai plus personne là-bas. Avais-je répondu avec un sourire. Le seul ami qu'il me reste est quelque part sur les mers, ou bien dans les bras d'une femme qui l'aime comme je t'aime.

-J'ai comme l'impression que je devrais jalouser ce type.

-Jalouser ? Certainement pas, elle est surement bien moins belle que moi.

-C'est pas vraiment dans ce sens que je...

Je l'avais interrompue en posant mes lèvres sur les siennes, puis je lui avais ri au nez.

-Il était le frère que je n'ai pas eu. Tu n'aurais rien à craindre de lui s'il venait à se pointer ici crétin.

C'était vrai, je n'avais jamais envisagé Aziel autrement que comme un ami, un grand-frère. Murray n'avait plus jamais abordé le sujet et c'était mieux ainsi. Non pas que j'aurais été gênée d'en parler à nouveau avec lui. Mais je sentais mes larmes poindre quand je repensais à ce que j'avais perdu et j'avais trop de bonheur ici pour me le gâcher avec les souvenirs du passé.

Nous continuions à partager nos parties de chasse. J'appris l'art délicat de chasser au couteau. Je préférais l'arc, mais il était bon de varier les plaisirs. Et puis il est plus simple d'organiser des concours de lancé de couteaux dans une taverne, entre deux pintes, que des concours de tir à l'arc. J'étais loin d'être la meilleure à ce petit jeu, mais je me défendais assez bien. Je n'avais mes chances de gagner qu'en fin de soirée. Quand les hommes n'avaient pas encore assez bu pour se rendre compte qu'ils étaient fatigués, mais trop pour viser correctement.

Ce soir-là était un de ces soirs.

-Yes ! Je venais de remporter une manche et me tournais vers le reste du groupe en jubilant. Payez moi à boire, j'ai gagné. Barghest en plein dans le mile.

-C'est pas vrai... faut que je me refasse, je peux pas laisser une femme me battre à ce jeu là.

-Laissez tomber les gars, elle triche, elle boit pas.

-Hey Murray, tu veux pas aller coucher ta rouquine, qu'on puisse jouer tranquillement ?

-Bah, je suis sûre que ta fille te battrait dans l'état où t'es! avait répondu mon homme à cette interjection.

-Ouai, on est plus très frais à cette heure.

-Au fait... c'est quoi un barchest ?

-Un Barghest ! Avais-je repri.

-Attention les gars ! Si vous la lancez sur ses contes et folklores on en a pour la nuit.

En riant, mon homme m'avait attirée sur ses genoux où je m'assis pour commencer à raconter l'histoire des chiens fantomatiques qui peuplent la lande. Il me charriait, mais tous semblaient apprécier mes histoires.

Quand j'eus terminé, ils quémandèrent une chanson. J'entonnais alors une chanson à boire dont ils reprirent le refrain en coeur.

I have been a wild rover for many's a year
And I spent all mi' money on whiskey and beer
But now I'm returning with gold in great store
And I never will play The Wild Rover no more.

And it's no, nay never No nay never no more
Will I play The Wild Rover No, never, no more

I went into an Ale House I used to frequent
And I told the landlady my money was spent
I asked her for credit she answered me "nay"
"Such a custom like yours I could have any day"

And it's no, nay never No nay never no more
Will I play The Wild Rover No, never, no more ...


Le matin qui suivi, on frappa à la porte. Murray était occupé à tanner la peau d'un ours que nous avions eu la veille. C'était une belle bête. Nous avions eu du mal à l'avoir, ça aurait même pu mal tourner si mon beau blond n'avait pas eu de bons réflexes. Mon orgueil aurait aimé que je sois celle qui l'abatte, mais Murray avait porté le coup fatal. Nous étions tous deux sains et saufs et avions une belle prise. Que vouloir d'autre après tout ? Quand j'ouvris la porte, la stupeur me fit échapper un cri. La femme qui se tenait devant moi resurgissait de mon passé au moment où je m'y attendais le moins. La pixie.

-Je suis heureuse de vous retrouver à temps. J'ai tant de choses à vous expliquer, puis-je entrer ? De mauvaises nouvelles, je le crains.

Je la laissais entrer et Murray et moi écoutions ses révélations en silence.


Ce qui devait suivre cette visite hélas, devait bouleverser cette nouvelle vie si parfaite que je m'étais construit.






Ce rp rejoint la fin de l'histoire de SIlith telle qu'elle est écrite dans sa fiche de prez
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [FB 4ans] île de Man : les bois de Man

Revenir en haut Aller en bas

[FB 4ans] île de Man : les bois de Man

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Le Role Play :: Grand Line :: Les autres île de Grandline-