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Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha]

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MessageSujet: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mer 15 Mai - 23:30

Avec un soleil pareil, y avait rien de pire que de faire du transport de marchandise. Déjà juste à voir le nombre de caisses qui les attendaient lui et les potes ce matin, Rastar avait bien pu deviner toute la merde qu'ils auraient à se trimballer la journée. Et il avait eu raison, comme le lui indiquaient les sales courbatures au dos qu'il sentait en faisant craquer ses vertèbres du mieux qu'il le pouvait. Un bateau de marchandise en entier, tout juste s'il était pas chargé à bloc. La pause avait semblé prendre l'éternité à pointer le bout de son nez, comme une pute hors de prix qui vous fait de l'oeil tout juste le jour où vous êtes à sec. Enfin, les quelques cigarettes et les bouteilles sirotées faisaient finalement revenir la bonne humeur chez les hommes. Alistair avait même commencé à raconter quelques blagues, alors qu'il avait une expression à lui deviner trois balais bien profondément enfoncés dans le cul pas plus tard que v'là une heure. Personne pouvait le blâmer : on aurait dit qu'ils transportaient des putain d'enclumes dans ces caisses. Il fallait se mettre à quatre pour lever ces saloperies d'à peine plus d'un mètre de large, et encore ; un des ouvriers avait eu un des contenants sur le pied. À vue d'oeil, il fallait espérer qu'il aimait pas particulièrement le morceau.

Prenant quelques bonnes gorgées de la bière froide - bénie soit-elle - qu'il tenait dans le vide depuis un moment, Rastar lorgna un peu vers l'océan. Au moins, la journée avait le mérite de leur donner le beau temps, plutôt qu'une mouillasse mal foutue comme ils avaient la poisse d'en avoir quand les pires journées se pointaient. Même pas un putain de goéland dans le ciel, ils devaient tous avoir décampé plus loin, aux arrivages de bouffe. On avait beau regarder n'importe où, la mer était calme et vide, pas une tache...hormis un brouaha distant, qui venait en fait de derrière. Tendant l'oreille, l'ouvrier fit signe au plus proche de ses compères.

''Eh, Gilbert.''
''Hm?''
''C'est moi qu'est déjà saoûl, ou est-ce qu'y a un truc qui fait un putain d'boucan, vers les entrepôts?''
''...Hmmm, moi j'vois rien. Où ça?''
''Je pointe dessus, merde.''
''Nan mais je...ah si, j'crois que...ouais, j''entend! Ouais, et alors?''
''Bah qu'est-ce que ça peut être, tu vois d'ici, toi?''
''Bah si c'est aux entrepôts, c'est la machinerie non?''
''Arrête, c'bien trop bruyant pour être la machinerie, c'truc.''
''Un boulon qu'a sauté quelque part en faisait chier les mécanos alors, c'que j'en sais. Et pis qu'est-ce que t'en as à foutre?''
''Baaah, rien en particulier, c'est juste que ça semble venir vers ici. Enfin bon, j'dis ça, j'dis rien, hein.''
''Ouais, comme tu dis. Allez, magne-toi, faut qu'on s'y remette.''


Poussant un grognement réprobateur vis à vis de la dernière réplique lancée par son collègue, le concerné se releva néanmoins sur ses pieds avec lenteur. Vidant une dernière gorgée trainant au fond de sa bouteille, il jeta cette dernière rapidement avant d'aller rejoindre les autres. Pourtant, il n'avait pas encore fait trois pas qu'il s'arrêta, prêtant l'oreille. Un bourdonnement qui le prenait à l'oreille. Passant d'abord un doigt vigoureux dans la dite oreille pour voir si ça ne règlerait pas le problème, Rastar se mit à regarder autour de lui devant l'échec de la tentative. Le bourdonnement s'amplifiait, ça devenait même de plus en plus distinct. Cherchant encore quelques secondes, un mouvement de foule attira pour la seconde fois le coin de son regard. L'origine du vacarme de tout à l'heure. Ça s'était effectivement rapproché, et...c'était de là que venait le son? Plissant les yeux en portant ses mains à son visage pour protéger sa rétine du soleil, il tenta en vain de voir ce qui venait sur eux.

...Mais c'était quoi, ce truc?

« BAOOOOM!!! »

Jeté sur le cul par la surprise, Rastar n'eut qu'à peine le temps de voir l'explosion à une trentaine de mètres de lui, qui envoya voltiger une demi-douzaine de caisses dans des directions aléatoires. Tous les regards s'étaient tournés vers la source de la distraction qui venait d'apparaître, alors que les ouvriers à proximité de l'explosion achevaient de décamper en beuglant à s'en faire passer pour du bétail apeuré. Rampant sur quelques mètres du mieux qu'il le pouvait, l'ouvrier prit finalement la décision de se planquer derrière une barrique remplie de harengs saumurés. Ça sentait la mort, mais mieux valait ça qu'une explosion en pleine gueule. Pourtant, aucune explosion ne vint seconder la première, n'empêchant pourtant pas la moitié des témoins des environs de hurler à l'attentat terroriste. Prenant son courage - ce qui ne représentait pas beaucoup à ce moment précis - à deux mains, Rastar pencha la tête sur le côté, scrutant les lieux de l'explosion pour voir si une armée de pirates sanguinaires ou quelque chose de la même trempe allait en sortir. Mais pas un chat. Pas un rat. Pas rien, que dalle. Peut-être que c'était un défaut mécan-...une ombre passa au dessus des yeux du travailleur, qui releva soudainement la tête d'un air craintif. Tombant quelques secondes, une forme emmitouflée - et putainement large - se posa avec force sur les quais, prenant le temps de se redresser par la suite. Un démon? Un demi-géant qui allait tous les bouffer?

Eh bah non, en fait. C'était un homme, tout bête, tout simple. Un grand barbu aux atours de noble à n'en pas douteur, qui époussetait lentement le brin de scie sur son épaule d'un geste lent du revers de la main. Remarquant au bout d'un moment la forme accroupie qui l'observait sans avoir l'air de comprendre la situation, il agita la main avec un large sourire.

« Ah, bonjour! Désolé pour l'explosion, je n'avais pas réalisé qu'il y avait de la poudre à canon là-bas. »
« ...Hein? »
« Heinkel, en fait. Enchanté! »


Le colosse commença soudainement à s'avancer vers lui, tendant la main. Il avait pas l'air bien méchant, mais y avait quand même quelques détails à ne pas oublier de prendre en compte. Notamment, le fait qu'il venait d'admettre être le responsable pour l'explosion qui venait de secouer le coin. Si ça se trouvait, il lui tendait juste la main pour l'empêcher de s'enfuir quand il voudrait lui foutre l'autre en pleine gueule! Sérieux, personne causait des explosions pour ensuite déconner sur le sujets, merde! Revenant soudainement de ses pensées agitées, Rastar remarqua que le colosse s'était en fait arrêté à la moitié de la distance qui les séparait. La main toujours à moitié tendue, il regardait dans le vide, un demi-sourire aux lèvres. Refermant les lèvres en une expression fière, il jeta un coup d'oeil à l'ouvrier, laissant finalement tomber sa main tendue sur ses côtés.

« Il semblerait que les présentations devront être remises à plus tard. Il arrive. »

Sur ces mots, l'étranger vit folte-face d'un mouvement brusque, laissant sa lourde cape claquer au vent l'espace d'une instant. Mais c'était qui, ce gus? La question resterait majoritairement sans réponse, visiblement, alors que l'homme fit quelques pas devant lui, pour finalement s'arrêter en se plantant solidement sur sa position. Écartant les bras, il leva les yeux au ciel quelques secondes, comme s'il prenait le moment pour admirer les nuages et prendre une bonne brise d'air frais au milieu de la fumée et des flammèches restantes un peu plus loin. Puis, les bras se contractèrent, le poing droit allant s'écraser avec un son sourd dans sa jumelle ouverte de gauche. Les épaules d'Heinkel furent secouées un instant. Il riait.

« Allez, approche! Viens donc te frotter à moi, et affronte ton Destin! »
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Sam 18 Mai - 12:30

Les épées virevoltaient autour de lui, décrivant une valse aussi somptueuse que mortelle. Dans son regard brillait une lueur d'intérêt, que rien n'avait éveillé depuis des années. Le vermeil de ses yeux n'en resplendit que plus intensément, semblable à une étoile à l'éclat maléfique. Dans un sifflement presque mélodieux, les lames se sont mises à danser, et ce n'est qu'avec la mort que prendra fin leur chant de fer et de sang. Un léger sourire envahit le visage de leur maître : cela faisait certes longtemps qu'il ne s'était pas battu, mais qu'on puisse lui échapper n'en était pas moins rare. C'était une première en vérité. La plupart des Tenryūbito considéraient comme infamante la consommation d'un Fruit du Démon ; le temps de réaliser qu'il n'était pas dans ce cas, il était déjà trop tard. L'avantage des longues traversées en mer, c'est qu'il avait eu tout le temps de pratiquer ses nouveaux talents et d'en augmenter la vitesse d'exécution.

Désormais, ses « outils » étaient comme autant de laquais lui obéissant au doigt et à l'oeil. Même plus que ça : chacun d'eux était une extension de son propre corps, un membre supplémentaire allant à la vitesse de la pensée. Et la sienne était tout sauf paresseuse, aussi n'avait-il jamais eu à s'en plaindre aussi loin qu'il s'en souvienne. Pourtant, il avait réussi à leur échapper. Ces « mains » cruelles et brutales n'avaient réussi ni à le trancher, ni à l'attraper. Et cela commençait à sérieusement le déranger. Mais cela ne saurait durer. Ce devait être un coup de chance, continuait-il d'essayer de se persuader. Un exploit qu'il ne pourrait réitérer. Car rien ni personne ne peut longtemps lui échapper. Nul ne se soustrait à la justice du roi. Car lui voler sa couronne, nul n'en a le droit. Et celui-ci, pas plus qu'aucun autre, ne serait autorisé à poser dessus ne serait-ce qu'un doigt.

Il ne sert à rien de te cacher. Tu ferais mieux de te montrer. Mon temps est précieux et je n'ai pas souvenir de t'avoir autorisé à le gaspiller. Ne serais-tu qu'un rat en fin de compte ? Plus tôt tu sortiras de ton trou et moins je te ferai souffrir avant de te tuer... Estime-toi heureux : il est rare que je fasse ce genre d'offre. Tu ferais mieux d'en profiter tant que tu le peux encore... Il sera trop tard une fois que je t'aurai trouvé.

Sa voix, quoique légèrement traînante, n'en vibrait pas moins d'un soupçon d'excitation. Voilà longtemps qu'il n'avait pas rencontré un défi à sa mesure. Non pas qu'il considère cet homme comme susceptible d'entrer dans cette catégorie, loin s'en faut ; mais le simple fait qu'il se soit révélé capable de lui filer entre les doigts était déjà une surprise en soi. Que ce soit parce qu'il était devenu trop fort pour rencontrer la moindre résistance en dehors de Grand Line ou parce qu'il avait eu de la chance jusque là, aucun des obstacles qu'il avait rencontré depuis qu'il avait quitté le domicile familial n'avait été à même de le stopper. Pire encore, le Roi des Héros – tel qu'il s'intitulait lui-même – ne s'en était pas même trouvé ralenti. Cet homme était la première personne à lui donner du fil à retordre. Coup de chance ou pas, les faits étaient là. Et il sentait qu'il allait détester ça.

Les gens s'affolaient, en bas.
Cela n'avait aucune importance.

À ses yeux, ils n'étaient que des fourmis – au propre comme au figuré. De là où il était, c'était à peine s'il pouvait en discerner les lointaines silhouettes, à plus forte raison qu'il n'y prêtait aucune attention. Celui qu'il pistait était aisément reconnaissable par ses dimensions. Pas eux. Ils n'étaient qu'autant d'insectes et ne méritaient pas qu'ils s'y attardent. S'ils se mettaient en travers de sa route, ils sauraient ce que cela fait que de voir une gigantesque botte dorée s'écraser sur sa fourmilière bien-aimée. Akasha n'avait jamais aimé qu'on lui résiste. Cela ne faisait qu'attiser la flamme déjà bien vive de son esprit de compétition. Le simple fait que l'Usurpateur ait pu lui survivre sonnait pour lui comme une provocation. Comme si on lui demandait de l'exécuter pour prouver sa royauté. Chose ridicule au demeurant – car comment était-il possible d'en douter ? - mais qui n'en arrivait pas moins à le stimuler.

En lévitation, il se fraya un passage parmi les sombres volutes de fumée s'élevant haut dans les airs, premier résultat de leur altercation. C'était par là que tout avait commencé. Il n'avait pas fallu longtemps pour que cela dégénère, et après quelques coups échangés, la destruction semée sur leur passage les avait séparés. La plupart des gens y auraient vu un signe du destin et en auraient profité pour faire cesser les hostilités avant de s'attirer des ennuis. Mais ils n'allaient pas en rester là, oh que non. Et qu'importe les dégâts que cela pourrait causer à leur environnement. Celui-ci lui appartenait, après tout : il pouvait bien se permettre de le saccager de temps en temps. À fortiori s'il était question de débusquer un énorme rongeur qui s'y serait caché comme le lâche qu'il est pour fuir son châtiment. Il devait néanmoins lui reconnaître que celui-ci n'était pas doué que pour fuir. Preuve en était que deux de ses lames avaient volé en éclats sous la violence du dernier impact.

Aussi les avait-il abandonnées sans remords sur ce qui était devenu leur champ de bataille. Perte négligeable que celle-ci, mais elle l'incitait à se montrer plus vigilant. S'il n'avait pu les dresser en bouclier, force était de constater qu'il aurait eu des raisons de le regretter. Avec une lenteur mesurée, il se rapprocha progressivement du niveau du sol. Les recherches depuis les cieux n'avaient rien donné : il devait donc prendre le risque de venir voir de plus près ce qui en était advenu. Le nuage de poussière à couper au couteau qui s'était répandu sur toute la ville n'était pas pour l'aider, il fallait bien l'avouer. La visibilité en était réduite plus souvent qu'à son tour et la fumée lui piquait les yeux, mais ce n'était pas le moment de se soucier de ces détails de moindre importance. Tout ce qui comptait, c'était de lui faire payer cet affront – et ce même si pour cela il devait passer toute la cité au peigne fin. Son sourire s'agrandit quelque peu une fois qu'il se fut aperçu que ce ne serait pas nécessaire.

Le seul qui affrontera son destin, ce sera toi.

Il était là, se posant en cible parfaite au beau milieu du passage. La zone était dégagée, de sorte que rien ne lui permettrait plus de se cacher. Les lames qui jusque là se contentaient de voleter paisiblement autour de lui, pointes tournées vers le bas, se redressèrent d'un même élan pour le désigner coupable comme autant de doigts accusateurs. Ainsi formèrent-elles un large cercle dans son dos, lequel ne cessa point de suivre une lente rotation en attendant le moment de passer à l'action. Rutilant dans sa plate dorée, Akasha se posa au sol avec toute la prestance due à son rang, avançant à pas lents en direction de l'inconnu. La pièce d'étoffe qui dépassait de son ceinturon s'agita au gré du vent alors qu'une discrète onde de choc se lâchait autour de lui, uniquement destinée à tâter le terrain en dénombrant les objets métalliques qu'il avait à portée de main. Cela pouvait toujours servir, même s'il n'aurait pas besoin de cela pour le tuer. Du moins tant qu'il se permettait encore de le sous-estimer...

C'est donc ici que tu te terrais ? Cesse donc. Tu n'as fait que retarder l'échéance. Tant qu'à t'enfuir, tu aurais dû en profiter pour choisir un tombeau plus prestigieux. Mais si c'est ici que tu veux mourir, je me ferai une joie d'exaucer ta prière ! Meurs, Zasshu !

Sa cible désignée ne comprendrait sans doute pas la teneur de ce dernier mot, mais le mépris dans sa voix était plus qu'il n'en faut pour déceler que c'était tout sauf flatteur. Les bras croisés un peu plus tôt le restèrent alors qu'une impulsion ordonnait à ses armes de s'abattre de tout leur saoul sur cet impudent. Une pluie acérée à laquelle rien ne peut résister. Et jusqu'à la fin, elles le pourchasseraient. Savoir qu'il était lui aussi détenteur du pouvoir d'un fruit démoniaque l'avait quelque peu déconcerté, il est vrai, mais il était maintenant en pleine possession de ses moyens et ne ferait pas deux fois la même erreur. Cette fois, il ne lui accorderait pas même la chance de s'approcher – ce n'était de toute façon pas un privilège dont il pouvait se targuer. La lueur dans son regard redoubla d'intensité alors qu'un déluge d'épées s'abattait sur l'ensemble de la zone, sans tenir compte du fait que des innocents pouvaient encore s'y trouver. Qu'est-ce que cela pouvait lui faire, s'ils ne s'étaient pas dépêchés d'évacuer ?

Incline-toi devant ton roi.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Dim 19 Mai - 1:15

Ha! Quel phénomène, ce gringalet. Dès que leur altercation l'un envers l'autre avait commencé à s'envenimer, il avait rapidement fait preuve d'un panache que peu d'hommes osaient démontrer. Qu'il s'agisse d'un esprit brave et fier ou d'un caprice d'enfant gâté, il trouverait bien la réponse bientôt. Toujours est-il que cette manie qu'il avait de faire danser cette nuée de couteaux à beurre mal aiguisés autour de lui pouvait sans doute se révéler dangereuse, à faire exprès de s'y exposer. Quoiqu'en fait, si elles étaient toutes d'aussi mauvaise facture que les deux premières qui avaient tâté de son poing au début de leur combat, il n'avait sans doute pas grand chose à craindre. Il n'aurait qu'à cogner dessus jusqu'à ce tout ce patatras soit réduit en pièces. Aussi bourrine et peu raffinée que soit cette méthode, elle aurait malgré tout le mérite certain de peindre sur la figure de ce petit arrogant une once de désagrément. Quel air satisfait, c'était dur à rater. Il veillerait à lui repeindre le faciès avant la fin de leur échange de baffes.

...Qui avait commencé pourquoi, déjà? ...Bah, c'était sans doute pas important.

Sans compter qu'il arrivait à sa manière, le bougre. Si ce qu'il s'amusait à étaler avec plus d'ardeur qu'un marchand de tapis le jour des soldes à la fin de sa journée, c'était cette capacité à jouer les prestidigitateurs. Ou à tout le moins, l'explication la plus logique semblait qu'il devait s'agir d'un pouvoir conféré par un fruit du démon. Car pas qu'il soit inculte ou quoi que ce soit du genre, mais sa connaissance du monde en général ne lui avait jamais vraiment rapporté de gens normaux qui flottent dans les airs et déplacent des armes dans le vide comme cet énergumène. Alors quitte à galérer sur les détails, autant choisir l'explication la plus à portée de main. De toutes façons, s'il se gourait, ce gus avait l'air du genre à se lancer dans les monologues maison décrivant à quel point ses facultés font de lui un être à part. Déjà, il suffisait d'écouter ses paroles en général. À croire qu'il aurait eu affaire aux maîtres de l'île qu'il aurait senti moins d'air se faire pomper au mètre carré. Ce jeune homme avait visiblement des aspects à travailler quand à sa perception de son entourage, mais d'un autre côté, ce genre d'attitude dans l'absolu, sans retour, ça lui plaisait bien. Il aurait été bien hypocrite de reprocher lui-même à qui que ce soit de vouloir faire preuve d'excentricité, après tout. Bref.

Fini la contemplation, fini la pensée profonde, les affrontements allaient visiblement reprendre. À l'entendre, et à voir l'expression sur son visage, le gringalet avait mal pris le fait qu'il lui ait échappé tout à l'heure. Et encore, échappé... quelques instants plus tôt, Heinkel avait été bien davantage préoccupé par le fait d'esquiver l'explosion de poudre à côté de lui, que ce gosse qui s'amusait à faire virevolter sa ferraille. Rien de personnel, mais question de sens des priorités, quoi. Dans tous les cas, les bras maintenant croisés, affichant un air patient, le colosse regardait les lames de son adversaire se positionner lentement autour de lui, comme une douzaine de fantassins en train d'encercler une cible. Il fallait bien l'avouer, c'était une capacité à l'apparence fort utile malgré son possesseur. Le genre de capacité que le roi d'Ibaru aurait très pu utiliser à bon escient. C'était simple : il était une véritable forteresse vivante, avec une myriade d'utilisations encore indéterminées. Ce gamin pourrait être l'armée invisible qui saurait combler les murs de sa chair. Quoique bon, rien ne vaut la fraternité composée de bonnes gens bien réels, en chair et en os. Toujours est-il qu'en attendant de se faire fournir une armée invisible pour combler son vide intérieur - au sens propre bien plus qu'il ne l'aurait normalement fallu -, c'était lui qui était à présent la cible de cette escouade fantomatique. Et soyons francs, il aurait déjà élaboré un plan pour contrer cette incursion dangereuse contre sa personne, si ce n'était d'un détail. Un détail accroupi derrière lui, caché derrière un tonneau. Un tonneau qui ne tiendrait pas plus d'un coup si les épées flottantes venaient à s'écraser à tout hasard autour de lui. Il était prêt à combattre n'importe qui, sur n'importe quel terrain. La destruction ne le dérangeait pas, car les maisons peuvent être reconstruites. Les ouvrages, réécrits. Les provisions, récupérées. Mais c'est par la mémoire des hommes et des femmes de ce monde que les légendes se transmettent. Et quiconque n'avait jamais levé une arme contre le colosse enflammé méritait sa chance de pouvoir marcher librement hors de cette situation houleuse. Il ne bougerait pas.

L'acier s'abat avec violence, soulevant des nuées d'échardes. Quelques unes ont frappé le bois aux finales, alors que d'autres...ont rencontré leur ancêtre de l'âge de bronze. D'un mouvement soudain, le colosse venaient de dégainer le glaive rutilant qui pendait à sa ceinture, faisant voler de quelques mètres la première lame à laquelle il opposa la force de ses muscles. Sans perdre un instant, la seconde suivante le vit effectuer un arc large, et pourtant vif, pour percuter deux autres lames à la suite, et les amener au sol avec fracas. Penchant la tête pour esquiver un coup dangereux d'une autre lame, le colosse, ponctué d'un rire bref, assène aux lames la force de son poing, laissant aux yeux incrédules le soin de voir un trou d'une trentaine de centimètres sur le lieu de l'impact. Sur un impact direct, il était sans doute difficile de constater la trappe miniature qui se refermait prestement entre ses jointures, dissimulant ainsi le canon encore fumant qui résidait dans une alcôve invraisemblable à l'esprit pratique. Deux lames de plus qui ne feraient pas de mal à personne aujourd'hui. Néanmoins, il allait falloir trouver mieux pour faire passer le reste de la menace volante qui l'encerclait en virevoltant. Hah! Eh bien soit, il jouerait les escrimeurs de l'improviste. Déviant de quelques moulinets habiles les coups de plusieurs lames pendant quelques secondes, ses pas allant de l'arrière amenèrent finalement sa main libre à portée de ce qu'il recherchait : un tonneau derrière lequel se cachait un ouvrier apeuré. Il survivrait, mais au prix de sa planque, voilà tout. Empoignant la barrique avec force, le colosse laissa les muscles de son bras faire le travail pour ramener brusquement l'objet, et le projeter dans les airs en direction de son ennemi. Juste pour, disons...voir sa réaction?

« Voyons voir si nous avons encore affaire à la poudre à canon, hein!? »

Sur ces paroles, le colosse gonfla le torse, prenant une grande respiration. Même ainsi, joufflu et immobile, l'expression sur son visage ne pouvait qu'annoncer que ce qui arrivait ne causerait pas de changement d'humeur immédiat à son jeune adversaire. Percutant brutalement son thorax d'un poing fermé, le géant, contre l'attente de plusieurs, expira un jet de flamme qui parcourut rapidement les quelques mètres devant lui, allumant en un instant la barrique encore en suspension dans les airs. Laquelle, sous la force de l'assaut, explosa brutalement...en répandant son contenu de poissonnerie, par-ci fumé, par-ci en feu avec les débris ardents de la barrique. Juste assez pour quoi, vous pensez? Une diversion. Jaillissant de derrière l'explosion, un harpon acéré fonça à vive allure, piquant vers le pompeux à l'armure dorée. Pour...le rater, et aller se planter dans la façade du deuxième étage au bâtiment une dizaine de mètres derrière. C'était un coup à donner honte au plus aveugle des chasseurs de phoque de North Blue. Une telle honte...

« Pour ce qui est de m'incliner, il faudra -... »

...ou pas. La corde - aisément passée inaperçue dans le brouaha du moment - maintenant tendue venait de tirer d'un coup le colosse, reliée à une poulie bien visible dans une trappe au coeur de son épaule. Ainsi, semblant presque flotter dans un moment qui s'étirait avec un surréalisme presque féérique, le corps d'Heinkel pivota, laissant apercevoir la lame de bronze bien calée dans le creux de sa main droite. Il fallait espérer qu'il disposait d'un autre couteau à beurre dans sa poche, le gamin. Les autres semblaient un peu perdues, c'en était presque dommage. La poigne se resserre, les muscles se contractent.

« ...m'y obliger! »

Et la lame fend l'air.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Dim 19 Mai - 18:39

Mais le géant n'était pas décidé à se laisser abattre aussi facilement. C'eut été trop facile. Il vendrait sa peau chèrement. Akasha n'y répondit que par un discret haussement d'épaules. Ce n'était pas le premier à penser pouvoir lui résister. Mais la plupart déchantaient sur-le-champ pour peu qu'il cesse de les ménager. Et pour avoir déjà perdu une paire de ses lames en tâtant le terrain, il était inutile d'y aller avec le dos de la cuillère, il le savait fort bien. Il était toujours amusant que quelqu'un s'imagine pouvoir le vaincre, il n'en était que plus divertissant de briser ses folles ambitions d'un coup de talon. Même si, il en était d'accord, il lui faudrait changer de pointure pour faire subir le même sort à cet individu. La seule chose que les cafards aient pour eux était hélas d'être d'une extrême résistance, or il n'entendait pas lui laisser l'occasion de se relever.

Il fallait le broyer. D'un coup, d'un seul. Pourrait-il seulement y arriver ? Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Akasha était lucide quant à sa propre force et ne savait que trop bien qu'elle était encore loin de son apogée. Ses capacités avaient grandi avec le temps à force de pratique, mais ce n'était pas suffisant. Pas encore. Il lui en fallait plus s'il voulait parvenir à être respecté comme il le devait. À ce qu'on le reconnaisse enfin à sa juste valeur, en tant que Roi de ce monde. Le seul et l'unique. Ceux qui avaient osé prétendre à un trône, quel qu'il soit, devraient alors venir déposer leurs couronnes à ses pieds. S'ils se refusaient, alors il viendrait lui-même les chercher – et leurs têtes avec, s'il le fallait. Le Dragon Céleste n'était pas homme à aimer que l'on conteste son autorité. Celle-ci serait bientôt rétablie, il se l'était juré.

Les épées s'abattaient sur terre avec force et fracas, comme autant d'étoiles filantes déchirant les cieux pour changer la face du monde. Leur victime se rendait-elle seulement compte du fait que chacune d'elle qui manquait sa cible, que ce soit pour poursuivre sa course plus loin ou se planter dans le sol, se remettait aussitôt en mouvement pour lui foncer dessus à nouveau ? Ne les ayant sans doute pas dénombrées avant qu'elles ne le prennent d'assaut, leur rotation l'en empêchant clairement – sans parler de celle qui étaient venus s'y ajouter au sein de la taverne où tout avait commencé. Néanmoins, un éclat inhabituel attira son regard au moment où celles que le colosse n'avait pu esquiver étaient censés entrer en contact avec lui.

Son rictus s'élargit quelque peu en se rendant compte qu'il avait lui aussi tiré son épée et en jouait – non sans un certain brio, il fallait bien l'avouer – pour repousser les siennes. Ce qui témoignait sans l'ombre d'un doute d'une force physique exemplaire, puisque la force insufflée par son magnétisme était égale si ce n'est supérieure à la sienne, lui qui était pourtant rompu au maniement du sabre. Cela forçait le respect. Du moins aurait-ce été le cas s'il n'avait pas eu Akasha face à lui. Si même lui devait reconnaître qu'il n'était pas aussi peu digne d'intérêt – de son intérêt - que le commun des mortels, il n'en était pas moins convaincu que ce n'était pas ça qui le sauverait. Machinalement, son regard dévia vers les ruines fumantes de l'auberge que leurs frasques avaient anéanties.

Tu ne peux pas me battre. Abandonne.

Avant que le mastodonte n'ait pu deviner ce qui était en train de lui arriver, ses lames avaient perforé tant les murs que la toiture pour se jeter sur lui, toutes autant qu'elles sont. Il n'avait pas fallu longtemps pour que les poutres qui soutenaient le bâtiment soient également touchées et causent son effondrement. Ce n'était pourtant que le début d'une longue série, et ils en fournissaient la preuve en ce moment-même. Son attention revint juste à temps sur son adversaire pour le voir servir de bouclier à un malheureux ouvrier, égaré au milieu de ce décor qui n'était plus le sien, en s'emparant du baril censé lui tenir lieu de protection. Tonneau qui se retrouva bien vite dans les airs, lui étant destiné dès l'instant où le barbu y avait posé les yeux – comme s'il était possible d'en douter !

Ce qu'il n'avait pu prévoir, en revanche, c'était qu'un coup de canon l'accompagnerait pour le faire exploser en plein vol. Pour en avoir d'ores et déjà fait les frais, il aurait pourtant dû s'y attendre. Bien qu'il se tienne prêt à se protéger – se tenir en altitude lui offrait bien plus de possibilités qu'il n'en avait sur la terre ferme, aussi regretta-t-il au passage de s'être posé – ce n'était cette fois pas de la poudre que renfermait le précieux réceptacle mais bien une quantité effarante de... Poisson. Répugnant. L'odeur de produits de la mer mi-crus mi-cuits envahit leur espace en l'espace d'un battement de cils et il n'entendait pas partager ce délicat fumet. Aussi sollicita-t-il une fois de plus ses épées pour trancher dans le vif du sujet et lui épargner d'avoir à y goûter contre son gré.

Dans ce but, toutes sans exception s'étaient rassemblées devant lui, en un seul et même point. Pointes tournées vers l'extérieur, elles se tinrent côte à côte et tourbillonnèrent à l'unisson, constituant une sorte d'hélice de fortune à travers laquelle aucun zeste de hareng ne réussit à se frayer un passage. Le Roi Doré ne s'en permit pas moins le luxe de lever la main à son visage pour n'en pas sentir les effluves. Ce manant espérait-il le tuer à l'odeur ? Une telle stratégie manquerait cruellement de finesse. Non pas qu'il en attende beaucoup de sa part au vu de sa carrure mais tout de même. Ce n'était cependant que la première étape d'un plan plus élaboré, comme vint le lui démontrer le harpon qui ne trouva rien de mieux à faire que de le rater. Si fine lame qu'il puisse être, la précision n'était apparemment pas son fort.

Et c'est avec ça que tu comptes conquérir ta survie ? Pathétique. Aurais-tu oublié qui tu es en train d'affronter ? Ce n'est pas ce genre de coup minable qui vont m'inquiéter. Si c'est tout ce que tu peux faire, tu devrais y renoncer avant de te ridiculiser. Quoi que tu fasses, tu n'arriveras pas à me blesser.

Le bruit caractéristique du chanvre que l'on tend à ses côtés l'arracha à ses provocations. Une corde. C'était donc de cela qu'il s'agissait. À peine avait-il daigné y accorder un regard en coin, pour s'assurer qu'elle était fixée au manche de l'arme qui avait échoué à le toucher. Ainsi donc, ce gorille était moins primaire qu'il n'en avait l'air. C'était une bonne chose, car l'aspect vétuste de son glaive n'avait fait que corroborer ses à-prioris à ce sujet. Mais même s'il avait déjoué le stratagème, il n'aurait pu prévoir qu'une masse aussi considérable puisse foncer droit sur lui à une vitesse pareille. La raison en était fort simple : la hampe susmentionnée avait jailli de son épaule, si bien qu'il n'avait qu'à rembobiner le câble pour se propulser.

Le Roi des Héros n'avait pas encore mis le doigt sur la nature exacte de ses pouvoirs. Mais l'éventail de possibilités plus large que ce qu'il aurait cru de prime abord qu'ils semblaient lui offrir finirait, à ce rythme, par devenir une sacrée épine dans le pied. Par bonheur, il n'était pas le seul à avoir été doté d'une faculté sur laquelle il puisse compter. Car en terme de capacités, le sien n'était pas en reste : il était l'un des plus puissants Paramecias que l'on puisse trouver, après tout. Et même si tout cet attirail semblait faire partie du corps de son opposant, il restait constitué de métal. Et c'était en cela que résiderait sa défaite. Malgré sa rapidité de déduction, il n'eut pas le temps de réagir en conséquence. L'homme-couteau suisse fondait d'ores et déjà sur lui, l'épée au poing.

Toi !... s'exclama-t-il d'un air courroucé.

Son sourire s'était évanoui sitôt qu'il s'était rendu compte que le bonhomme était en définitive plus dangereux qu'il n'en avait l'air. La puissance musculaire dont il avait fait étalage un instant auparavant ne laissait que peu de place au doute sur le résultat d'une confrontation directe. Sa main se leva par réflexe pour se dresser sur la trajectoire de sa lame, dans l'intention probable de l'attraper au vol. Folie que cela ! Il n'y arriverait pas, pas sans être prêt à y laisser quelques doigts. Mais ce n'était pas ce qu'il avait en tête, loin de là. Un champ répulsif prit place devant sa paume pour intercepter le coup qui lui était destiné. Peine perdue : son magnétisme n'était pas encore de taille à contrecarrer une charge de cette importance.

La course du glaive en fut néanmoins déviée et s'en alla ricocher contre son épaulette, causant un léger recul. Le Roi des Héros ne sembla pas en être affecté. On ne pouvait à l'évidence pas en dire autant de son humeur, qui s'était ternie bien vite quand il avait été forcé de décroiser les bras. Rares étaient ceux à pouvoir se vanter de l'y avoir obligé. Et pour cause, puisque les heureux élus se trouvaient six pieds sous terre tant cela tendait à l'exaspérer. Peu familier des contraintes en tout genre et n'entendant pas le devenir, il peinait à accepter l'idée de n'avoir eu d'autre choix que de s'exécuter. Sa posture ayant de toute façon été brisée, il n'hésita pas à se servir de sa seconde main pour solliciter le harpon encastré dans le mur à quelques mètres de là.

Comment as-tu osé ? continua-t-il sur le même ton.

Un appel auquel il ne pouvait que répondre, même s'il exigeait de lui qu'il se dresse contre son propriétaire légitime. Ainsi se précipita-t-il, semblable à une comète étincelante, à la rencontre du vaste torse de son seigneur et maître tandis qu'au sol, toutes les épées plantées de part et d'autre reprenaient vie, lentement mais sûrement. Retourner sa propre arme contre lui était en soi déjà retors de sa part, mais ce n'était que la première étape. Toute force de la nature qu'il soit, il devait encore être déstabilisé des suites de son assaut échoué. Au vu de la célérité avec laquelle le Tenryūbito avait réagi, aurait-il le temps de déplacer sa masse considérable hors de leur chemin avant que ces deux salves ne le prennent en tenaille.

Et ce n'était pas encore tout, puisque de son armure s'étaient mises à jaillir une volée de billes d'acier. Leur présence jusque là n'avait pu être soupçonnée, mais le moment était venu de les dévoiler. N'ayant déjà d'issue ni devant ni derrière lui, le titan écarlate allait à présent être assailli sur chacun de ses flancs : les sphères chromées qu'il avait déployées s'étaient scindées en deux groupes pour ne lui laisser aucune chance d'en réchapper. Ce n'était bien sûr pas là un résumé exhaustif de tout ce qu'il pouvait faire, le blondinet en avait encore sous le pied, mais c'était déjà bien plus que ce qu'un être humain normalement constitué pouvait surmonter.

Nous y voilà. Son opposant était-il vraiment une personne normale ? Il en doutait fortement. Aussi se tint-il cette fois sur ses gardes tout en tirant parti de ce moment de répit pour semer entre eux un peu de distance qui lui permettrait de mieux anticiper. Convaincu de n'avoir pu le terrasser, il n'attendit pas d'en avoir le coeur net pour déclamer :

Je ne le répéterai pas. Abandonne. Agenouille-toi devant moi et je consentirai à te pardonner. Je ne compte pas t'épargner, mais au moins ferais-je un effort pour abréger tes souffrances. C'est un combat que tu ne peux gagner. Je te ferai plier devant moi, de gré ou de force. Même si je dois te briser pour cela. Que tu le veuilles ou non, tu devras te soumettre à ma loi. Car la loi, c'est moi !
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Dim 19 Mai - 21:49

Heh. Il avait bien réagi, le gosse de riche. Au moins, ça prouvait qu'il savait faire autre chose que de faire passer les phrases pré-faites tout droit sorties du Manuel du Parfait Dictateur. Mille et une répliques détestables, pour une dictature maximum. Même si pour être franc, il aurait été aussi bien de coller aux répliques de ce genre. Heinkel n'était pas particulièrement rancunier - juste assez quand il le faut -, mais des individus qui ne faisaient qu'ouvrir la bouche pour clamer leur toute puissance, elles ne faisaient que passer la commande d'une mandale format familial en pleine poire. Juste histoire de les renvoyer dans leurs complexes d'infériorité - ou de supériorité, peu importe - mal gérés qui les forçaient à devenir des sources de haine pour tout le monde. Pas qu'ils en aient quelque chose à foutre, mais bon. Le colosse avait sa propre expérience dans ce type d'individu, qui s'amuse à se prendre pour un Dieu. Seulement, ce rat moustachu auquel la mémoire d'Heinkel faisait allusion passait son temps à ricaner en s'assurant d'avoir une garnison complète de troupes devant lui pendant qu'il s'exécutait. Point sans conteste en sa faveur, le gringalet qu'il affrontait en ce moment avait au moins le mérite de régler ses problèmes de ses propres mains. Oui bon, façon de parler l'essentiel de l'idée est là.

AInsi donc, le coup avait échoué à le blesser, et avait apparemment blessé son orgueil histoire de compenser. Il aurait pu s'en sortir avec un résultat bien plus décevant. Après tout, un pouvoir tel que celui que le gamin à l'armure démontrait devait sans doute receler de risques, peu importe la position depuis laquelle on l'attaque. La preuve, la vitesse avec laquelle il avait su passer de la méthode offensive à une défense relativement efficace dans le temps d'une réaction démontrait déjà sa versatilité. Versatilité qui lui avait sauvé une nouvelle coupe de cheveux maison, ce qui aurait sans doute achevé de le mettre hors de lui, à le voir se remonter. Que ce soit par le fait d'avoir été forcé à réagir par lui-même, ou simplement par considération du prix du polissage dont l'épaulette aurait besoin, toutes les raisons semblaient bonnes pour qu'il décide de se mettre en rogne. Après tout, ça devait faire mal d'une façon d'une autre, vu comment il avait commencé à se lancer dans un discours sur sa supériorité indiscutable avant de frôler l'état de pomme fendue. D'ailleurs, à ce sujet :

« Je laisse le ridicule s'occuper de ton cas, gamin! »

Une couche de plus, à ce stade, ça ne pouvait pas vraiment faire empirer les choses. Ou peut-être que si. Dans tous les cas, c'est le genre de petits détails qui sont les plus appréciables. Néanmoins, il allait devoir laisser l'appréciation de côté, puisque le jeune homme à la vanité éclopée venait de faire montre de son propre sens de l'humour de façon plutôt peu souhaitée. Ce qu'il faisait virevolter depuis tout à l'heure, c'était des armes de métal, pas vrai? Et la tête du harpon qu'il avait envoyé, elle était faite de quel matériau, hein? Ouais. Merde. La voilà justement qui, d'un moulinet gracieux, s'était d'apparence retirée toute seule du mur, pour se retourner dans sa direction. Ce qui, avant même de poser la menace de sa pointe contre son expéditeur, imposait un autre problème plus urgent. Il se faisait tracter par la corde raccrochée au harpon jusqu'à il y a une seconde. La corde étant maintenant tout sauf tendue comme elle aurait du l'être dans un monde idéal, il venait de voir son élan s'interrompre d'une façon qu'il aurait préféré éviter. Okay, donc, résumons : en suspens à deux mètres du sol, son arme qui vole contre lui, une myriade de lames qui pointaient dans son dos, et l'autre venait de sortir son jeu de billes pour ajouter au suspens, apparemment. Ouais, donc...autant sortir de ce piège à con pendant que c'était encore possible. Usant d'un mouvement de rotation à la dernière seconde, le colosse put, d'un revers de sa lame toujours en main, faire dévier le harpon, lequel vit le lien qui le reliait à son maître tranché dans la seconde suivante. Il irait bien se planter dans ce qu'il voulait, maintenant. Puis, achevant de pivoter pour faire face au sol, le gaillard enflammé envoya tout bonnement valser les planches qui se rapprochaient, appuyant ses intentions d'un coup de poing aussi explosif qu'à son habitude pour créer une ouverture béante dans laquelle il s'engouffra avec justesse, à défaut de le faire avec agilité. Laissant son adversaire libre de fixer la voie échappatoire qu'il venait d'emprunter pour se soustraire momentanément à la pluie tranchante qu'il semblait décidé à lui infliger coûte que coûte, Heinkel pourrait bénéficier d'un moment crucial pour décider de la suite de son action. Sans aucun doute, nombreux auraient été les individus qui auraient pris l'occasion pour se carapater sans demander leur reste.

Mais où est le plaisir, à être normal, hein?

Dans une détonation parsemée d'éclats de bois, l'emplacement juste derrière Akasha venait presque d'imploser sous un nouveau coup des jointures doublées à la poudre à canon du colosse ambré. Jaillissant des décombres en suspension, écartant la poussière d'un moulinet de sa lame en un mouvement fluide, ce fut dans un mouvement de cape et un atterrissage sourd que le fier combattant fut soudainement adjacent à sa cible. Allait-il voir à concrétiser une possible théorie comme quoi la deuxième tentative avait les meilleures chances de réussir? Absolument pas. La lame avait prouvé son inutilité face à cet adversaire, aussi la solution était-elle évidente, à bien y penser. Si les armes conventionnelles étaient impuissantes, il allait falloir viser plus simple.

« Tu sais ce qu'on dit sur les lois : ... », la main libre du colosse alla empoigner l'épaule du jeune homme, l'attirant soudainement à lui alors qu'il prenait un léger recul. « elles sont faites pour être brisées! »

Et le coup de boule. Pur et dur, bien salop, qui vous ramène à l'état de noix craquelée après un coup de tonnerre en pleine figure. Ce serait le prix payé pour le résultat de leur première altercation. Il apprendrait à ses dépends que briser la choppe d'un homme, ça se paie par le sang.

~¤'°'0’°'¤~

L'auberge du Flocon Écarlate. Rien qu'au nom, l'établissement avait gagné la faveur d'Heinkel quand il était arrivé sur l'île deux jours plus tôt. La couleur du sang, l'éclat royal, ça ne pouvait que prévoir de bonnes choses! Et puis, à en entendre parler, l'endroit était réputé pour son ragoût de mouton au travers de toute l'île. Raison de plus. Après, une fois entré, tout dépend des avis. Le propriétaire ne changeait pas du jour au lendemain : un cinquantenaire bedonnant, les cheveux en couronne et une épaisse moustache grisonnante au dessus des lèvres. Un beau gros cliché de ce à quoi pouvait ressembler un tenancier de bonne trempe. Quoiqu’en fait, ça collait bien à la clientèle qu’il servait, vu qu’elle avait probablement un quotient intellectuel inférieur au bout d'un moment, à peu de détails près. Après tout, il faut un peu de jugeotte pour pouvoir gérer les soulards qui trainaient. L’état de salubrité du coin aurait pu être meilleur, mais c’était l’habituel, en fait. Et puis bon, il avait déjà été bien pire, en particulier en fin de soirée. Savez, dans les soirées de service où une bande de faces de rat bourrées de fric reviennent fêter le succès de leur dernière mission, fiers d’avoir accompli le travail convenant à peine au remplissage sommaire des temps libres des plus compétents. Mais bon, après tout faut bien laisser les bouseux avoir leur moment de bonheur, sinon ils iraient faire chier les autres sans arrêt. Quoique de toutes façons, ils font chier quand même, mais bon. En réalité, la seule personne d’apparence moins repoussante dans cet établissement davantage reconnu pour sa cuisine et son rhum aromatisé, et pourtant très fréquenté, c’était l’une des quatre serveuses. Une vingtaine d’années, une chevelure en tresses blondes comme les épis de blé des champs sauvages, un corps à faire saliver le plus indifférent des hommes et un visage angélique qui vous faisait fixer le vide en un temps record. Comme quoi même quand les standards disparaissent, c’est pour mieux faire ressortir le peu de beauté qu’on peut trouver. Pour ne rien cacher, c'était un endroit que Heinkel avait tout de suite apprécié comme un preux, comme il s'y attendait à l'origine. La simplicité a parfois bien meilleur goût.

« Trois pintes de plus, Rob! »
« Eh bah, Heinkel, pas encore midi, et vous en êtes déjà au quatrième service? »
« Ah, qu'est-ce que je peux dire? La bonne compagnie, ça s'entretient! »
« Heh. Si seulement tous mes clients consommaient comme vous, je pourrais prendre ma retraite en une semaine! »
« Bien heureux d'aider! Hahah- oh, désolé! », dit-il en percutant un jeune homme adjacent à lui, renversant malgré ses efforts une lampée sur le pied de l'individu. « Ma faute! Allez, j'offre une pinte pour me faire pardonner. Rob! Une pour le jeune homme à mon compte! »

Ça devrait bien couvrir le petit incident. Au moins, ça laisserait pas de tache, à voir comment le jeunot était fringué en plaques dorées de la tête aux pieds. Ça lui allait bien, en fait. Comme quoi certaines personnes ont encore le coeur pour le faste et le luxe de temps en temps. Avec un port princier comme celui qu'il avait, il avait sûrement une histoire ou deux à raconter autour d'une table bien fournie. Il pourrait sans doute voir à en avoir le coeur net, ça ajouterait pour se faire une meilleure seconde impression.

« Besoin d'une table pour t'asseoir, mon gars? »
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mar 21 Mai - 9:01

Akasha répugnait à poser les pieds dans ce taudis. Vraiment. Mais avait-il vraiment le choix ? À moins de vouloir voir son goût prononcé pour le vin manquer soudain de matière première, pas vraiment. Depuis qu'il avait quitté le domicile familial, sa consommation – somme toute plutôt modeste – lui avait permis de tenir jusque là sans avoir à regarnir ses réserves. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et sa cave – façon de parler, ce n'était qu'une partie du paquetage qu'il véhiculait partout – n'en était plus très loin. Et n'ayant hélas plus les mêmes facilités pour s'en procurer, il devrait lui-même démarcher les commerces susceptibles de lui fournir de quoi satisfaire son royal palais. Il en frissonnait par avance. Ces bouges infâmes, en plus d'être très souvent mal fréquentés, avaient peu de chance de lui offrir des produits à même de répondre à ses attentes. La barre était haute, si bien qu'il doutait fort qu'aucun de ces estaminets s'avère de taille à combler ses espérances.

Pour tout dire, la majeure partie de ceux qu'il avait trouvés sur sa route n'auraient pas eu d'argent en suffisance pour se payer une seule bouteille de ses liqueurs favorites sans vendre leur réserve dans leur ensemble jusqu'au dernier fut – ainsi que tous les meubles, et encore. Ce n'était pas la première fois qu'il tentait de pallier à ses besoins en s'adressant au tenancier de l'un de ces lieux de débauche, surmontant tant bien que mal la réticence qui l'animait dans ces moments, mais rien n'y faisait. Seulement, cela n'avait jamais été aussi pressant : s'il ne parvenait pas à renflouer sa réserve, la coupe qu'il aurait à déguster au repas le soir-même serait la dernière avant un bon moment. Jusqu'à quand ? Si seulement il le savait lui-même...

C'était presque à en regretter de n'avoir pas dévalisé la réserve de ses parents au lieu de n'emporter que la sienne pour « voyager léger » au moment où il avait plus ou moins décidé de voler de ses propres ailes. Non pas qu'il estime que tout y aurait été à sa convenance, mais en cherchant bien, du moins aurait-il pu trouver un ou deux grands crûs qui lui permettraient de tenir le temps de dégoter quelques tonneaux de ses alcools de prédilection. Enfin ! Il n'était d'aucune utilité de se lamenter. Cette époque était révolue. S'il avait du temps à perdre pour le déplorer, alors c'est qu'il n'avait pas encore assez cherché. C'était pourtant si simple, quand il était encore l'un des leurs... C'était bien l'un des seuls aspects sur lesquels il en venait à croire que sa résolution n'était peut-être pas une si bonne idée en fin de compte.

Toujours est-il qu'il finit par pousser la porte de ce tripot, se faisant violence pour réprimer la moue de dégoût qui menaçait de prendre possession de ses traits. S'il ne voyait en général pas le moindre inconvénient à apparaître en public et à frayer avec la plèbe, n'ayant de toute façon guère le choix, celle que l'on pouvait trouver dans ce genre d'endroit était communément dite « de la pire espèce » et ses expériences personnelles en la matière n'iraient pas lui donner tort – loin de là. Et même si ceux qui osaient l'importuner s'en mordaient généralement les doigts, si tant est qu'il ne les leur ait pas coupés dès leur arrivée, ce n'était pas pour autant qu'il avait la moindre envie de retomber sur ce genre de pochard qui, en plus d'être insupportables tant à la vue qu'à l'odorat, ne feraient que le retarder. Sa patience ayant déjà été plus qu'assez mise à rude épreuve par ses échecs successifs, sa prospection pouvait aussi bien se transformer en chasse à l'homme s'ils ne le laissaient pas toucher au but comme il le voulait.

L'atmosphère de l'endroit ne lui inspira comme d'habitude que du mépris, mais cela n'avait pas d'importance : il en avait visité tant et tant au cours de ces derniers jours que passer outre était désormais une sorte de réflexe. L'odeur d'alcool bon marché qui embaumait l'air faillit le faire tourner de l'oeil tant c'était médiocre en comparaison du nec plus ultra auquel on l'avait habitué. Il fallait aussi dire qu'entre ses jeunes années dans un palais royal et les suivantes en tant que Tenryūbito à part entière, il n'avait pas eu le temps de s'ennuyer. Déterminé à ne pas s'arrêter sur la qualité générale du cadre pour ne pas tuer dans l'oeil sa dernière lueur d'espoir, il s'avança en direction du comptoir, le port altier... Pour ne jamais y arriver. Avant qu'il n'ait pu se tenir assez près pour poser sa question cent fois répétées, un bruit humide lui avait signalé qu'une quantité non-négligeable de liquide venait de s'étaler à ses pieds. SUR ses pieds, à vrai dire. Et ce n'était pas pour lui plaire. Oh que non.

Comment as-tu pu ? Es-tu à ce point stupide pour ne pas réaliser que tu es en présence d'un roi ? Je pourrais te faire exécuter pour le simple fait d'avoir respiré le même air que moi...Et tu oses salir mon armure ? Je suis d'humeur magnanime... Je me contenterai de te prendre cette main !

Sa lame était sortie de son fourreau alors qu'il proférait ces paroles acerbes tout en posant sur lui un regard qui ne l'était pas moins. Ce n'était peut-être qu'un accident, mais l'homme qui en était à l'origine devait être puni par la loi – sa loi – pour s'assurer que cela n'ait pas à se reproduire. En un éclair, le bel et bon acier dont son épée était constituée transperça la chope que le gros barbu tenait à la main, laissant son contenu se déverser sur le sol – si ce n'est sur sa tenue. Fichée en travers du récipient, son arme était à présent pointée sur la gorge du seul coupable de ce crime affreux. Quel que soit son gabarit, cela ne le sauverait pas si elle devait lui ouvrir la gorge d'une oreille à l'autre. Les dorures qui en jalonnaient le manche étaient d'un éclat si radieux que c'en était presque honteux que d'en être réduit à menacer sa vie avec une lame si somptueuse.

Mais dans le feu de l'action, le jeune noble n'avait pas réfléchi. Nombreux étaient les hommes qui, dans la salle, portaient une épée à la taille ; c'eut été simple que de la leur emprunter, mais ce n'était en rien un gage de qualité. On est jamais mieux servi que par soi-même, aussi la sienne était-elle la seule sur laquelle il puisse compter. Tandis que son fer de si haute facture dégouttait du liquide selon toute apparence si cher au colosse – Akasha n'y aurait trempé les lèvres pour rien au monde -, leurs regards se croisèrent... Pour mieux y voir étinceler une lueur qui ne lui plaisait guère. Celle d'une remise en question imminente. D'une insoumission. Or, même avant de savoir qu'il était un Tenryūbito, il avait toujours eu horreur que l'on se soulève contre son autorité. L'objet était donc on ne peut plus clair...

Le tuer avant qu'il en ait l'opportunité.


* * *

Le Roi Doré fut projeté en arrière par la violence de l'impact.

Un coup de boule. Y avait-il moyen plus rudimentaire de combattre, je vous le demande ? S'il n'avait été trop occupé à serrer les dents pour faire taire la douleur qui lui consumait le front, il en aurait volontiers été scandalisé. Ce n'étaient pas des manières. Il avait creusé la tombe de bien des hommes de peu sans pitié ni scrupules au cours de ces derniers mois, mais aucun de ceux-ci ne s'était payé le luxe de lui porter une attaque aussi primitive. Peut-être aussi du fait qu'il ne leur en avait pas laissé l'occasion, à bien y réfléchir. Ce curieux personnage, de muscle et de vermeil, était le premier à réussir à l'approcher de si près depuis... Depuis quand, déjà ? La souffrance qui lui vrillait les tempes n'était sans doute pas ce que l'on pourrait se permettre de qualifier de « bonne condition » pour y réfléchir. Au moment du choc, il avait tout à coup eu l'impression de se souvenir. De se rappeler quelque chose qu'il avait su, mais qu'il avait oublié.

La valeur d'une vie humaine. Ce n'était pas à lui d'en juger. Chaque homme voyait le jour pour une raison précise, car il avait un but précis à accomplir. Rien n'était dû au hasard et ils étaient tous autant qu'ils sont une petite partie d'un même tout, destinés à servir un dessein bien plus grand. Des pions sur un jeu d'échec dont nul sinon lui ne pouvait percevoir toute la grandeur ; des pièces d'un puzzle qui semblait ne pas connaître de fin. Même lui ne pouvait s'arroger avec tant de nonchalance le droit de les passer au fil de l'épée... Même si, même à la lumière de ces informations dans un coin de sa mémoire retranchées, il n'en renonça pas pour autant à cette idée. Du moins lui était-il revenu en tête que le massacre était laid, et qu'à en perpétrer sans l'once d'une hésitation ou d'un état âme, il ne vaudrait pas mieux qu'eux. Sans être homme à s'appesantir sur ces derniers, pouvait-il véritablement à ce point les négliger ?

Comment oses-tu me toucher ? Un idiot crasseux tel que toi... Je ne te le pardonnerai pas...

Libre à lui bien sûr d'en disposer, mais de tels excès ne sauraient être autorisés. Fallait-il pour autant en arriver là pour se le remémorer ? Ça... Son vis-à-vis lui avait fendu la poire en deux, littéralement. Le mal qui lui avait été infligé était gravé dans son crâne jusqu'à l'os et plusieurs heures seraient sans doute nécessaires pour qu'il parte complètement. Fort en peine d'évaluer sa propre force, du moins sur ce coup-là, le recul allant de pair avec cet assaut peu orthodoxe l'avait libéré de son emprise. Aussi eut-il tout le loisir de porter la main à son visage afin d'en faire une compresse de fortune contre la douleur, non sans grimacer à son seul contact – bien que la froideur du métal lui fasse le plus grand bien. Lorsqu'il rouvrit enfin les yeux, de sorte à les poser sur lui, sa pupille vibrait d'émotion. Pas les meilleures, c'était à craindre. Ses doigts se crispèrent alors qu'il le dévisageait fixement d'un air pour le moins... Dérangeant.

Ah... J'en conviens, tu es moins méprisable que tu en as l'air. Mais bâtard tu es, et bâtard tu resteras. C'est pourquoi ta vie est mienne comme chaque chose en ce monde. Tu appartiens à mon bon vouloir et je n'ai pas l'intention de te laisser m'échapper. Pas après que tu aies eu le front de me résister. Telle est la volonté d'Akasha Skandha, seul roi de ce monde. Ton seigneur et maître. Bats-toi si tu veux vivre !

Un léger sourire ourla ses lèvres, plutôt inquiétant au demeurant. Lire dans son comportement n'était pas une mince affaire tant il semblait partagé entre une colère farouche et une certaine forme naissante de... Respect ? Non, peut-être pas à ce point-là. Faut pas déconner. Mais au moins pouvait-on dire qu'il commençait à l'apprécier. Envolées, ses menaces de mort. Il n'avait pas souvenir d'avoir jamais eu de compagnon de jeu à sa mesure et n'était donc pas contre un peu plus de ces passes d'armes si divertissantes. Peut-être cette satisfaction de sa part venait-elle tout simplement du fait qu'il s'agisse d'un combat à mort. Un bruit fort désagréable émana alors de lui, comme un imperceptible grincement – preuve du fait qu'il venait d'augmenter son pouvoir à son paroxysme et allait tirer parti de toutes ses capacités, quel qu'en soit le prix.

Un bref instant plus tard, tous les bâtiments environnants se mirent à frémir et s'ébranlèrent sur leurs fondations, mis à mal par cette influence à laquelle ils n'avaient d'autre choix que de se plier. La plupart pour au final ne même pas être exploités. Ils étaient trop loin, et les mener assez près que pour les exploiter représentait une dépense d'énergie qu'il ne pouvait concéder s'il voulait continuer à lutter. Il n'en fallut pas plus pour que le malheureux se trouve cerné par une palanquée de vis, écrous et autres pièces métalliques tout aussi communes en quantité si industrielles que cela aurait suffi à justifier un sifflement admiratif. Ce n'était cependant pas ce qu'Akasha attendait de lui. Ce qu'il voulait voir, c'était la peur. Il voulait voir si cet individu si haut en couleur allait compisser ses chausses quand il réaliserait ce qui l'attendait.

Et ce car autour d'eux, les objets les plus frêles se mettaient déjà à flancher après avoir été dépouillé de leurs morceaux d'acier, tous jusqu'au dernier. Et le craquement sinistre significatif de l'effondrement se répandait comme une trainée de poudre, comme une complainte émise de concert par tous les édifices concernés... Par tous ceux qui étaient sur le point de tomber. En ce cas, le colosse devrait d'emblée se mettre à geindre lui aussi.

Car il n'en avait pas encore fini avec lui.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mar 28 Mai - 0:50

Il est des choses avec lesquelles il faut pas faire le con. Le genre de chose que tout jeune homme digne de ce nom se doit d'apprendre, sous peine de se le faire inculquer à coup de batte dans le crâne s'il s'est révélé trop con dans sa jeunesse innocente pour y voir un intérêt. Après, selon les personnes, ce genre de phrase ira prendre une tournure variant du tout au tout. Pour certains, preux chevaliers de la galanterie de tafiole pour les machistes en puissance, la douleur d'une dame est une insulte au monde. Pour d'autres, l'injustice, quelle qu'elle soit, se doit d'être punie sévèrement à chaque fois. Ou on peut faire plus simple, en parlant du repas du soir, de la partie de bingo de mamie Pauline ou de l'ours en peluche du petit Francis. Les gens ont tous leur petit principe inviolable qui s'installe et qui reste à vie, faisant naître en eux une flamme inconnue à ce jour, octroyant une capacité de bottage de derrières jusqu'alors insoupçonnée. Les convictions profondes, dotées d'un raisonnement dur à comprendre. Ou sinon, on peut faire fi de tout ce charabia, envoyer la philosophie profonde se faire mettre dans un trou puant, et adapter ses principes au fil des humeurs et des évènements. C'était le genre de logique qui collait davantage à Heinkel, la plupart du temps. On a beau être altruiste, bienheureux ou quoi que ce soit d'autre, certaines personnes, ou certains actes, méritent les exceptions à la règle. Et puis de toutes façons, c'est qu'une question de bon sens.

N'importe qui sait qu'on renverse pas la bière d'un autre homme.

Le silence était tombé plus rapidement qu'un éléphant passant par-dessus le balcon du vingtième étage. C'était la réaction à laquelle il fallait s'attendre dans ce genre d'établissement. Le Flocon Écarlate n'était pas vraiment plus malfamé que n'importe quel autre lieu de beuverie, en fait. Il accueillait juste davantage de types qui venaient de débarquer d'un voyage en mer. Du genre flibustiers, pirates semi-subtils, ou tout simplement des ouvriers trainant multitudes de clés à molette ou divers autres outils qui vous ouvrent le crâne. Et quand quelqu'un venait commencer à jouer les hostiles en fin de journée devant ce genre de foule, il fallait espérer que le protagoniste avait l'estomac solide pour encaisser les regards obliques. Or, heureusement - ou pas, selon les avis - pour son cas, le jeunôt qui avait attiré l'attention de l'auditoire semblait tout bonnement ne rien en avoir à foutre. À croire que ses chaussures étaient faites d'or p...ah si, en fait. Ça ressemblait bien à de l'or pur. Un détail d'éclipsé. Y a pas d'erreur à croire qu'un gus qui se promène dans une armure en or massif a sans doute des chances d'être sujet à quelques crises existentielles pour peu de raisons. Après, les raisons pour lesquelles il était venu dans ce coin de l'île en trainant une telle fortune sur le dos, c'était un mystère. Un de ces mystères qui resterait d'ailleurs non-résolu, puisque le colosse ambré avait en ce moment d'autres sujets plus préoccupants à gérer. Du genre, le fait que ce petit cafouilleur d'opérette venait de se foutre de sa tronche en perçant littéralement sa chope, dardant la pointe de la lame sur sa pomme d'Adam dans un geste qui dévoilait bien ses intentions. Le contenant, tenant encore en un morceau, déversait tranquillement son contenu sur le sol, le corps transpercé de part en part par l'épée aussi dorée que son propriétaire. Et à chaque goutte, le temps semblait ralentir, alors que des mains se portaient aux gardes de leurs épées, guettant la réaction du colosse qui s'était réfugié dans un mutisme créant un suspens à couper à la tronçonneuse. Au bout d'un moment, le guerrier flamboyant releva doucement la tête... et éclata de rire.

Sous les regards soudain incrédules de l'assistance, Heinkel riait à gorge déployée, ignorant du même geste la pointe acérée qui menaçait toujours en vain d'ouvrir sa trachée. Nul doute que la moitié des badauds du coin lui associaient déjà quelques problèmes mentaux, ou bien il était en train de faire une crise un peu bizarre. Mais non, le colosse s'esclaffait bel et bien, tenant toujours dans une main la choppe qui achevait d'écouler son contenu. Achevant son éclat tonitruant, il baissa les yeux pour toiser d'un air amusé celui qui prétendait à sa vie.

« Bien brave celui qui se prétend Roi devant l'homme qui va conquérir le monde! Quand à ma vie, il s'agit là d'un bastion qui se trouve hors de ta portée, aussi longue soit ta lame. »

Sur ces paroles, la main d'Heinkel effectua un bref mouvement vers la gauche, renvoyant la choppe qu'elle tenait tout en déviant la position de la lame fusionnée à sa carcasse. Des épées furent tirées à quelques emplacements de l'endroit, leurs possesseurs croyant sans doute que les hostilités venaient d'être renvoyées. Mais il n'en fut rien, comme le démontra le colosse en fouillant tout bonnement sous un pan de son armure, sortant une quantité appréciable de Berrys qu'il déroula tranquillement. Comptant quelques billets qu'il alignait devant le propriétaire dubitatif, l'homme laissa une nouvelle fois sa voix se faire entendre dans le silence de plomb qui régnait sur la place.

« Et pour ce qui est de ma main... »

Posant le dernier billet sur le comptoir, Heinkel offrit un sourire accompagné d'un hochement de tête pour signaler son départ imminent. Rangeant la liasse sous son armure, il se retourna, faisant quelques pas mesurés vers une table où trois hommes jouaient une partie de poker qui semblait aller bon train jusqu'à l'altercation en déroulement. Dommage, un des trois menait largement sur les autres. IL fallait espérer qu'il aurait la main rapide pour conserver ses gains. Que voulez-vous, c'est la vie.

Saisissant soudain le rebord de la table, ses doigts semblant faire ployer le bois sur le moment, le colosse tira sur cette dernière, l'emportant d'un bras à la surprise générale pour la dresser devant lui, dans le champ de vision de son adversaire nouvellement trouvé. La table en suspension l'espace d'une seconde, le titan pivota sur lui même, préparant un direct du droit qui semblait porteur de nombreuses promesses. Ça allait faire mal.

« ...j'en garderai l'usage, merci bien! »

Le coup porte, et la détonation envoie le quart de la salle sur le cul par la simple surprise. En un instant, la table est maintenant devenue une pluie de copeaux et de pièces éparpillées, tous précédés par un boulet de canon luisant qui fait son chemin vers une cible plus qu'évidente. Les dernières épées sortent de leur fourreau, les gens commencent à se taper dessus, la pagaille démarre.

Et Rob, étouffant un juron, compte son argent sous le comptoir.


~¤'°'0’°'¤~

À voir son expression, ce gosse avait rarement eu l'occasion de voir la bouille de quelqu'un d'autre d'aussi près. Bien, ça lui ferait voir les choses en face. Secouant la tête avec énergie, Heinkel fit craquer les vertèbres de son cou dans un craquement sonore, retrouvant rapidement le sourire imposant qui tapissait son visage. Les mains sur les hanches dans une attitude fière, il regardait son adversaire tenter de négocier sans succès avec la douleur qui lui perçait vraisemblablement la caboche. Il ne manquait pas de ressources, il fallait bien l'avouer. Mais dans un combat se basant sur les attributs physiques, Heinkel remportait la palme à tous les coups. Et il n'en était pas peu fier. Après tout, il aurait été bien fou de prétendre à ses projets de conquête s'il s'était laissé aller à voyager sous les traits d'un bedonnant à l'énergie d'une poule asthmatique. Autant se jeter dans l'océan à la première occasion.

Cependant, malgré les espoirs du colosse pour une réalisation dans le comportement de son adversaire qui ne semblerait pas sortie tout droit du parfait manuel pour les dictateurs en apprentissage, les paroles qui fusèrent hors de la bouche de ce dernier ne furent d'abord que calomnies et propos désobligeants. Cette jeunesse, je vous jure. Ça sait rien faire d'autre que de vouloir assurer sa suprématie en écrasant les autres. De vrais enfants gâtés. Ah, en fait, peut-être que...non. Non, fausse alerte. L'espace d'un instant, les paroles de l'énergumène avaient semblé être autre chose que des insultes et des tentatives de rabaissement. Dommage, il y aurait peut-être eu de quoi travailler. Au moins, il y avait une chose qui avait fini par transparaître de tout ce monologue de rageux de première. À savoir, le nom de son adversaire : Akasha Skandha. Eh bah voilà, c'était une chose qu'il fallait faire en premier d'habitude, se présenter à un ennemi. Après tout, c'est pas parce qu'on prévoit de se mettre sur la figure qu'il faut en oublier les bonnes manières. Fort bien. Il scandait son nom et sa puissance depuis l'instant où ils avaient posé le regard l'un sur l'autre. Et même s'il avait fait preuve d'une polyvalence certaine, sa soi-disant puissance restait tout sauf prouvée aux yeux du titan de flammes. Qu'à celà ne tienne, il était temps de cesser d'esquiver, et de constater pour lui même la véracité des dires de ce jeune prétentieux. Bombant le torse et relevant la tête, le Roi des Conquérants laissa tonner sa voix, expulsant dans un ton sans retour sa propre volonté à l'encontre de celle de son adversaire.

« Nombreux sont les avortons qui se prétendent maîtres de leur destin, jeune homme. Nombreux sont également ceux que le destin écrase sous son talon, prouvant ainsi quelles vermines prétentieuses ils étaient en réalité! Alors soit! En cette heure, je serai l'envoyé de ton Destin, descendu sur terre pour éprouver tes convictions! Que ton futur éclate maintenant, ou qu'il s'éteigne à jamais! »

Levant les bras lentement tout en parlant, le colosse écrasa finalement durement ses poings contre son torse, le regard brillant d'une lueur sauvage dont il toisait son opposant avec force. Plantant les pieds au sol, écartant les bras, le mastodonte flamboyant se campa sur sa position, invitant son propre futur à venir à sa rencontre. L'air était lourd, le soleil de plomb. Le vent soufflait sur les quais, alors que nul n'osait interrompre ce combat dont ils ne pouvaient comprendre la teneur. Ils ignoraient tous qu'ils assistaient à la naissance d'une légende. Une histoire qui perdurerait pour les siècles des siècles. Le Destin était bien présent ce jour-là, toisant le royaume angélique de Saint-Urea de son regard implacable. Il était l'heure.

« JE T'ATTENDS, AKASHA SKANDHA! »
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mar 28 Mai - 23:27

Il était écrit que tu te tiendrais sur mon chemin...

L'environnement tout entier semblait frémir au diapason. La force magnétique était en train de dépasser ses propres limites pour mettre en terre une bonne fois pour toute cet adversaire qui sortait de l'ordinaire. Le monde retenait son souffle alors qu'enfin, le choc des titans semblait toucher à sa fin... Quelle en serait issue ? Nul n'aurait pu le prédire. Mais Akasha n'envisageait pas une seule seconde la défaite comme une possibilité. Il était inconcevable qu'il soit tenu en échec par qui que ce soit. Il était le Roi ! C'était lui qui faisait et défaisait les lois qui régissent l'univers. Que quiconque puisse les braver comme si de rien n'était le mettait hors de lui. Oui, que ce malandrin soit encore en état de se dresser devant lui tel un obstacle inaltérable faisait exploser sa colère. Dans ses veines coulait un véritable flot de lave en fusion.

Sa volonté de le détruire jusqu'à la dernière miette n'en était que plus forte. Qu'il puisse encore se dresser avec tant d'effronterie devant lui alors qu'il aurait déjà dû mordre la poussière était une aberration, et Akasha comptait bien la faire disparaître. Une multitude de boulons entrèrent en lévitation – selon toute vraisemblance sortis de nulle part. Mais ils n'étaient pas issus du néant, le Roi des Héros en aurait mis sa main à couper. Il avait même une idée assez précise de l'endroit depuis lequel ils avaient été attirés et avait d'ores et déjà réfléchi au meilleur moyen d'en tirer profit. Ses bras restés le long de son corps se déployèrent afin d'avoir un contrôle plus vaste sur les différents débris d'acier qu'il avait sélectionnés.

Puisque c'est ce que tu désires, je vais exaucer ton voeu... Il ne faudra pas venir te plaindre si tu ne t'en relèves pas ! Contemple, Zasshu ! Tes chimères voleront en éclat lorsque je t'aurai montré comment un Roi écrase ses ennemis !

Qu'ils aient mené un combat si virulent avait eu le bon côté de mettre nombre d'éclats dont il pouvait se servir à l'air libre et les amener jusqu'à lui n'en serait que plus facile. Il ne fallut pas plus de quelques dizaines de secondes pour qu'un anneau de débris se mette à tournoyer autour de lui comme s'il n'était rien de moins qu'une planète en modèle réduit. Ce qui n'était à vrai dire pas pour l'incommoder : certaines peuplades n'y voyaient-elles pas l'équivalent d'une forme de vie supérieure ? Hélas, ce phénomène ne durerait pas. L'illustre n'aurait d'autre choix que d'y mettre fin pour faire s'abattre sur cet impudent le châtiment divin. Entouré par tant de « satellites » n'obéissant qu'à sa puissance et à elle seule, Akasha se sentait mieux que jamais et même la fatigue accumulée depuis le début du combat semblait avoir disparu.

Ses épaules lui semblaient infiniment plus légères et sa volonté de triompher s'en trouvait d'autant renforcée. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Il ne pouvait tolérer qu'il s'en sorte sain et sauf ! Sa fierté le lui interdisait. S'il devait échouer à punir ce scélérat pour ses pêchés, comment pourrait-il encore se regarder en face ? Des blessures qu'il réussirait à lui infliger dépendait son droit à porter la couronne. De sa victoire dépendait sa capacité à régner ! Même si ce devait être la dernière chose qu'il faisait, il n'était pas question de le laisser s'en tirer à si bon compte. Les doigts de sa main levée peinèrent à se refermer pour raffermir leur contrôle absolu qu'ils exerçaient sur ces projectiles en devenir.

Je vais te faire regretter ce geste...

Son coeur parut manquer un battement et il sentit tout son corps frémir. Peut-être qu'il en faisait un peu trop, tout compte fait... Mais il ne se démonta pas et continua de le toiser comme si de rien n'était, la rage de vaincre brûlant de mille feux dans son regard. L'aura qui le caractérisait avait grandi elle aussi et soulignait maintenant toute la grandeur que recelait son être. Une chose à laquelle il n'aurait jamais pu prétendre s'il était resté l'un de ces pathétiques Tenryūbito. S'il s'était comme eux vautré dans sa médiocrité, jamais il n'aurait pu affronter un défi à sa mesure ! Ses bras jusqu'alors tendus devant lui, paumes tournées vers le ciel, furent écartées pour disséminer les fragments métalliques dont il s'était entouré.

Vois comment finissent les rêves démesurés ! Je vais moi-même t'apprendre la réalité de ce monde !

Même s'il se situait encore dans leur champ d'action, c'était au tour du colosse d'être cerné par eux, ainsi que par ses épées revenues à la charge. Une pluie discontinue de fer et d'acier se mit à tomber, jouant de tout son poids et de tout son tranchant pour percer la peau de ce simili-géant. Qu'ils soient coupants, perçants, tranchants, contondants... Qu'importe. Chacun d ces objets était une arme et chacun d'eux avait un rôle à jouer. C'était grâce à eux qu'il finirait par l'emporter. Quels que soient les moyens que son antagoniste utiliserait pour se défendre, il n'y avait qu'en les détruisant qu'il pourrait prétendre à un peu de tranquillité. Sans cela, ils se feraient une joie de continuer à le pourchasser jusqu'à l'usure ait raison d'eux ou qu'Akasha ne soit plus en mesure de les alimenter.

Ce qui, à vrai dire, ne saurait tarder : l'énergie demandée pour utiliser simultanément un aussi grand nombre de matériaux était d'une gourmandise que même lui ne pouvait prétendre satisfaire pour le moment. La tête lui tournait déjà au moment de lancer l'assaut mais il n'y avait pas renoncé pour autant, préférant encore mettre sa santé en jeu que de l'acquitter pour ses pêchés. Bientôt, les métaux se rassemblèrent en un seul et même point pour fondre tous ensemble sur leur cible désignée, pesant de tout leur poids pour le soulever comme un fétu de paille – ce dont il ne devait pas avoir l'habitude, il fallait bien l'avouer. Il n'y avait bien qu'ainsi que le Roi des Héros pouvait se targuer de le mouvoir à son gré, car ses pouvoirs ne s'étaient pour l'heure pas encore assez développés... Mais un jour, il verrait...

Si tant était qu'il survive à ces mauvais traitements. Ceux-ci n'étaient cependant encore qu'un avant-goût, et le titan dut s'en rendre compte par lui-même quand sa masse monumentale fut repoussée en direction de l'entrepôt le plus proche. Instantanément, celui-ci s'agita bien plus que n'aurait dû pouvoir le faire un bâtiment solidement campé sur ses fondations. Pour cause : celles-ci ne tenaient plus qu'à un fil. Grâce à son attraction, la structure entière s'était affaiblie considérablement, dépouillée de tout ce qui en fixait les différentes parties. S'il s'était abstenu de s'emparer des poutres métalliques car celles-ci lui demanderaient une trop forte dose d'énergie, c'était aussi à dessein : le choc avait été rude, assez pour causer l'effondrement de tout l'édifice. Celui-ci fut bientôt suivi par ses plus proches voisins, les secousses résultant de sa chute leur portant le coup de grâce. Une partie de domino à hauteur d'une ville entière.

Que demander de mieux ? C'étaient de plus belles funérailles que n'en pouvait espérer un brigand tel que lui. Sentant ses réserves approcher dangereusement du point critique, le Roi Doré n'eut d'autre choix que de suspendre ses assauts et laissa tomber l'ensemble de son « escadron » à même le sol. Il n'en avait plus besoin. Il pourrait toujours venir récupérer ses épées plus tard, ne s'en sentant pas la force dans l'immédiat. S'il avait pris la peine d'approcher afin de mieux apprécier le spectacle, il maintint toutefois une distance raisonnable pour n'être pas victime de son propre sens de la démesure – ainsi que pour parer à une éventuelle contre-attaque. Aucun être humain ne pouvait sortir indemne d'une pareille catastrophe, mais prudence est mère de sûreté et il avait déjà pris suffisamment de risques en ce jour pour laisser quoi que ce soit au hasard. Quand enfin le calme retomba, il ne restait que la Destruction. Akasha acheva de reprendre son souffle, trônant fièrement sur les gravats.

T'es-tu réveillé de ton rêve, Roi des Conquérants ?
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mer 29 Mai - 3:51

Heh. Il avait le sens du spectacle, le gosse. Déjà au départ, Heinkel aurait été atteint d'une déception difficile à égaler si son opposant n'avait pas réagi aussi promptement à sa provocation. Il ne doutait absolument pas de sa propre résistance physique, il lui suffisait de veiller à éviter les blessures sérieuses de la part des objets coupants parmi l'attirail ennemi, et il pourrait s'en sortir dans un état qu'il n'aurait aucun mal à qualifier de bel et bien fonctionnel. Et c'était là que résidait la clé de sa propre victoire dans ce combat : il se relèverait. Pompeux et sûr de lui malgré son instinct qui lui hurlerait de faire gaffe malgré tout, ce jeune blanc bec allait sans doute épuiser ses réserves pour lui porter un coup qui ferait honneur à ce que son orgueil exigeait désormais. Il donnerait tout ce qu'il avait, car faire quoi que ce soit d'inférieur, à en juger par ses discours vaniteux et son attitude digne d'un balai en or massif incrusté dans le fondement, n'aurait été qu'une insulte à lui-même. Il était aisé à comprendre. Il suffisait de ne pas le sous-estimer pour autant. Le colosse ambré s'en sortirait par sa vitalité hors du commun, bien précisément. Coup de chance ou destin? Peu importe. Le résultat resterait le même.

En face de lui, l'homme à l'armure dorée agitait les bras pour manipuler avec concentration la quantité non-négligeable de débris, pièces détachées et autres babioles qui constituaient son arsenal dans cet affrontement. Il fallait bien l'avouer, avec du travail, ce gosse irait déplacer des montagnes rien qu'en tendant les bras. Mais pour l'heure, le typhon métallique qu'il balançait sur lui serait amplement suffisant pour l'occuper. Compressant autant de muscles qu'il le pouvait, le Roi des Conquérants se dressa, fier et immuable, protégeant son visage de ses avant-bras alors qu'une pluie de boulons et d'écrous se déversait sur lui. Pas mal! Ce genre d'attaque irait décontenancer un ennemi plus traditionnel, et même avec sa corpulence lui octroyant une capacité à encaisser supérieure à bien d'autres, Heinkel finirait par se faire avoir à la longue par ce déluge. Mais visiblement, ce n'était pas là que son adversaire comptait s'arrêter. Sentant l'espace autour de lui diminuer progressivement, le mastodonte se rendit compte au dernier instant que peu à peu, l'ouragan métallique miniature dans lequel il se trouvait se refermait. Avant qu'il n'ait eu le temps de réagir proprement, il se retrouva soudainement coincé dans un amas de métaux restreignant sa mobilité. Souhaitait-il tenter de l'écraser avec de genre de tactique? Il aurait fort à faire avant de venir à bout de sa carcasse. Mais non, ce fut en sentant la masse métallique commencer à le soulever lentement qu'il comprit la teneur des choses. Il devait s'extirper de ce cercueil de fer au plus vite. Perçant au travers de la couche métallique, un bras puissant s'extirpa avec violence, se levant aussitôt pour commencer à frapper le reste de la prison à laquelle il avait échappé.

Mais c'était déjà trop tard. Sentant soudainement le sol cesser d'être sous ses pieds, Heinkel sentit le début d'une impulsion, qui augmenta bien trop rapidement à son goût. Dans le temps de le dire, il volait maintenant à toute vitesse sur un bâtiment adjacent, perçant le mur percuté au moment de l'impact. Il n'en fallut d'ailleurs pas plus pour que la structure se mette à craquer. Pourtant, ce bâtiment était de facture solide! Comment était-il possible que... ah. Avachi dans une position inconfortable au milieu de quelques premiers débris, le colosse ne put que constater avec simplicité le nombre d'écrous et de clous autour de lui. Autant pour lui. Levant la tête, il ne put que voir le plafond au dessus de lui se fissurer pour lui tomber dessus.

...

La poussière avait commencé à retomber. Une poutre encore fragile sembla tenir à la verticale l'espace d'un moment, pour finalement retomber avec fracas, mettant un terme au vacarme assourdissant qui venait de prendre place. Autour du premier entrepôt qui avait trouvé sa fin prématurée, trois autres bâtiments avaient subi le même sort à quelques secondes d'intervalle. Les spectateurs du coin, d'abord tétanisés par l'effondrement en chaîne, jetaient maintenant des regards curieux sur la scène. Au milieu des débris, un jeune homme aux cheveux redressés, arborant une armure d'or massif, s'avançait à pas mesurés vers un point précis. Il semblait épuisé, mais affichait malgré tout un air de satisfaction sur son visage. Non-content d'avoir foutu le bordel dans les environs comme un pro, il fixait un amas particulier parmi tant d'autres. Il s'adressa même à lui, en fait. Sa voix claire et fière s'éleva, parlant au tas de débris à quelques mètres de lui.

Et le tas de débris se fendit en deux, soulevant un nouveau nuage de poussière alors qu'une moitié de poutre volait sur deux mètres pour aller rouler un peu plus loin. Dans un patatras de morceaux de bois et de pièces démantelées, Heinkel s'extirpa finalement de ce qui lui était tombé dessus, se redressant d'un mouvement brusque pour repousser ce qui se trouvait encore accroché à lui. Appuyé l'espace d'un instant sur la deuxième moitié de poutre qu'il prenait en guise de canne provisoire, le colosse débarrassa rapidement ses épaules du brin de scie qui les recouvrait, laissant retomber par la suite le morceau de poutre sur le sol. Les vertèbres de son cou eurent droit à une nouvelle séance de craquements, et son dos put avoir le luxe de s'offrir la même chose à grand renfort d'étirements. Le corps du Roi des Conquérants portait plusieurs éraflures et il se sentait comme... bah comme quelqu'un qui vient de se prendre un bâtiment sur la gueule, quoi. Heureusement que les pièces métalliques sur lui étaient toutes soudainement retombées, ça lui avait permis d'effectuer une roulade bien pratique pour éviter le pire quand tout s'était écroulé.

« Ma foi, ce doit être ce genre de chose qui ruine une économie. »

Relevant finalement les yeux vers son adversaire doré, le colosse entreprit de descendre de l'amoncellement de débris sur lequel il se trouvait. Époussetant ses avant-bras avec négligence, réprimant la douleur dans son dos et ses épaules derrière une expression...neutre, teintée d'un brin de satisfaction, Heinkel s'exécuta, avançant à pas lents vers le dénommé Akasha. Il ne fallut guère de temps pour qu'il arrive finalement à la hauteur - façon de parler - de son opposant, toisant ce dernier en silence en étudiant son espression. Il l'avait dit, tout simplement : il s'était relevé.

« J'ai bien peur que le destin n'ait pas jugé de t'accorder la suprématie à laquelle tu prétends, Akasha Skandha. Néanmoins, tu es libre d'essayer une nouvelle fois. »

Croisant lentement les bras sur ces mots, le colosse observa le jeune homme un moment, un air pensif prenant peu à peu forme sur ses traits. Ce gars avait quelque chose de spécial, quand même. Une vraie bonne grosse tête de mule. Mais après-tout, qui était^-il pour accuser les traits de caractère des autres? Il admirait une telle détermination chez un combattant de cet âge. C'était le signe d'une destinée qui ne pouvait que surpasser les attentes de plusieurs. Il suffisait de lui donner le coup de pouce nécessaire.

« Alors, tenteras-tu ta chances encore une f- »
« EH BAH ON VOUS Y PREND, BANDE DE TACHES! »


Tournant vivement la tête, le sourcil soudain arqué par cette déclaration impromptue à proximité, Heinkel se rendit finalement compte de la présence de soldats armés qui venaient d'arriver sur les lieux. Ah bah ouais, Saint-Urea avait des forces armées, c'était bien vrai. À force de se taper sur la gueule à deux, on finissait par en oublier que les îles de plus de cent mètres carrés ont tendance à avoir une milice, parfois. En l'occurence, la voix criarde qui venait de les adresser semblait appartenir à une petite blonde bien excitée, en tenue...qu'on aurait jamais associé à des forces de l'ordre. Le commandement laxiste, c'est c'que ça donne, hein. Et derrière elle, une autre jeune fille en robe tout aussi peu commode en apparence, suivie d'une douzaine de soldats réguliers.

« Bonny! Mais qu'est-ce que tu fous, fallait les prendre à revers, que le boss a dit! »
« Mais Sally, t'as vu c'qu'y z'ont foutu, ces deux tarés!? »
« C'est pas la question! T'as encore fait une connerie, il va te botter le train sévère! »
« RIen à battre! Et pis tu comprends pas, ils- »
« J'veux pas l'savoir, tu t'tais! »
« Mais t'as pas vu, ils- »
« La ferme! »
« Mais ils- »
« Chut! »
« ILS ONT PÉTÉ LA BARAQUE DU CONFISEUR! »
« ...OH LES ENFLURES! ALLEZ VIENS, ON S'LES FAIT! »
« OUAIS! »

Sous le regard dubitatif d'Heinkel, les deux donzelles se lancèrent soudain à l'assaut, la blonde sortant deux pistolets des étuis sur ses hanches, la brunette dégainant un sabre hors du fourreau dans son dos. Suivies des soldats quelques secondes derrière elles, elles dévalèrent la pente de la plaza où elles étaient arrivées, un air de meurtre sur le visage alors qu'elles hurlaient comme des furies. Et plus bas, dans leur trajectoire, Akasha et Heinkel, immobiles, regardant l'assaut foncer vers eux. Pour sa part, le regard fixe, l'expression perplexe et les bras croisés, le colosse observait la troupe foncer vers eux à bonne vitesse.

...Ils se faisaient attaquer pour des sucreries, là?
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Jeu 30 Mai - 20:43

Comme de bien entendu, le gorille vermillon émergea des décombres sous lesquels il avait été enseveli. Et comme prévu, il n'en garderait que peu de séquelles. De là à dire qu'il était encore en pleine forme, il y avait une marge, mais ce n'était point pour autant qu'il se trouvait démuni face à l'insurgé. Celui-ci avait toujours les idées claires mais l'énergie pour les alimenter venait à manquer, et les rassembler prendrait un peu plus de temps qu'il ne l'avait prévu. Pendant ce temps, même s'il lui en coûtait de l'avouer, il était vulnérable. Il n'avait que son armure dorée pour toute protection. Oh, il n'était pas sans défense, loin de là. Il lui était toujours possible de compter sur ses propres capacités, y compris en tant qu'escrimeur.

Si l'un de ses talents devait lui apporter la victoire, c'était bien celui-là. Le problème étant que dans son état, la puissance risquait de lui faire défaut, ce qui ne pouvait aucunement être de bon augure face à un rouleau compresseur tel que ce primate écervelé. À défaut de savoir faire fonctionner ses méninges, au moins était-il doté d'un corps robuste – trop au goût d'Akasha, à dire vrai, mais que pouvait-il y faire ? Le fruit du magnétisme était sans doute très bien classé parmi les plus puissants Paramecias, mais il n'en avait qu'une maîtrise imparfaite et ne pouvait donc en tirer qu'une fraction de sa force véritable. Pas assez pour passer ce barrage de chair et de muscles qui se dressait invinciblement devant lui. S'il s'était employé ne serait-ce qu'un peu plus à parfaire son art, il aurait été capable de lui faire ravaler ce sourire arrogant.

Si même un bâtiment n'avait pas réussi à l'arrêter dans sa course, il n'aurait eu qu'à employer des moyens toujours plus démesurés jusqu'à ce qu'il ne soit plus en état de se relever. Il avait beau savoir que sa force n'était pas encore à son apogée – loin s'en faut – ce n'en était pas moins frustrant de n'avoir pas même celle de se faire respecter. Jamais auparavant on ne lui avait fait l'affront de rester en vie après qu'il ait déchaîné sa pleine puissance, et il en venait presque à regretter de n'avoir pas ingéré ce fruit plus tôt : le contrôle qu'il en avait n'aurait été que plus poussé. Il n'aurait alors eu aucun mal à le terrasser. C'était son premier affrontement contre un autre « élu », et jamais il n'aurait pu penser que mener un tel combat s'avérerait si difficile, même pour lui.

Là où d'autres se seraient réjouis d'avoir au moins pu en faire autant contre un antagoniste de force équivalente, lui ne pouvait s'en satisfaire. À la fois parce que ce n'était pas digne d'un roi mais aussi et surtout parce que ce serait admettre qu'ils étaient sur un pied d'égalité. Et même à présent que les forces venaient à manquer, Akasha ne pouvait s'y résoudre. Savoir encaisser ne faisait pas de lui quelqu'un de puissant, même si, le coup de boule excepté, il serait fort en peine d'évaluer la pleine mesure de ses capacités. Lui concéder cela serait déjà une défaite en soi. Et même à présent que la fin semblait si proche et sur le point de se solder par un match nul, c'était au-dessus de ses moyens que de se faire à cette idée. La pilule était bien trop dure à avaler. Il devait lui rester un moyen de le battre. Quelque chose à quoi il n'aurait pas pensé jusque là.

J'avais oublié à quel point les cafards peuvent se montrer résistants. Cela m'ennuie, mais si je te laisse en vie, tu risques de devenir un problème à l'avenir. Je n'ai donc d'autre choix que de t'éliminer.

À ces paroles, ses épées sortirent à leur tour des décombres pour venir graviter autour de leur propriétaire. Plusieurs d'entre elles étaient dans un sale état, que ce soit parce que leurs lames s'étaient émoussées ou parce qu'elles avaient souffert de la pluie de gravats, la plupart avaient mauvaise mine quand elles ne menaçaient pas de s'effondrer à tout moment. Les fissures qui couraient le long de l'acier laissaient présager qu'elles ne survivraient pas à deux ou trois duels supplémentaires, mais il n'en avait cure. Au pire des cas rien ne l'empêcherait de les maintenir en un seul morceau à l'aide de la force magnétique. Un léger frisson dévala son échine tandis qu'il les pointait une fois de plus vers son opposant, une poignée d'éclats d'acier se déversant sur le sol sans qu'il n'essaie de les retenir.

Oui. Tant que leur fil serait acéré, tant que leurs pointes sauraient frapper d'estoc, elles se battraient pour lui. Elles le serviraient loyalement jusqu'au bout, comme les sujets dévoués qu'elles étaient. On ne leur laissa toutefois pas la possibilité d'accomplir leur ultime devoir. Si elles se sacrifiaient pour sa cause, du moins ne serait-ce pas en tentant d'entamer une fois de plus les défenses de l'armoire à glace écarlate contre laquelle il se battait. Le Dragon Céleste suspendit son geste et porta sur les intruses un regard qui en disait long. Comment est-ce que de simples femmes osaient interrompre leur seigneur et maître alors qu'il se tenait sur le point d'administrer une leçon de modestie ? Sans qu'il n'ait eu à faire le moindre geste pour cela, les lames rassemblées sous son commandement convergèrent vers ces deux petites pestes. Il ne serait pas dit qu'il les avait laissées lui gâcher son plaisir. Et lui qui pensait que les spectateurs auraient eu le bon sens de quitter les yeux avant que ça ne commence à sentir le roussi... Tous n'étaient manifestement pas aussi dégourdis.

Qui vous a permis de nous déranger ? Pensez-vous vraiment que ce soit le moment ? Allez jouer ailleurs avant que je ne m'énerve. Apprenez quelle est votre place, femmes. Sans quoi je me verrai forcé de vous l'inculquer.

S'il y avait bien quelque chose dont il avait horreur, c'était que l'on se mêle de ses affaires sans y avoir été invité, ce qui n'arrivait pour ainsi dire jamais. Or, n'était-ce pas très précisément ce qu'elles venaient de faire avec la délicatesse d'un mammouth laineux dans un commerce de vénérable porcelaine orientale plusieurs fois millénaire. En cela, même Heinkel pouvait sembler plus délicat – c'est dire. Et s'il n'appréciait déjà que très peu que quiconque manque à ce point de raffinement en temps normal, son état de nerfs ne faisait que mettre l'accent sur l'irritation en découlant, sans parler du fait qu'il soit directement concerné. Voyant qu'elles n'avaient pas l'air de vouloir tenir compte de son avertissement, il prit le contrôle de l'un de ses sabres pour l'envoyer se planter entre elles, parfaitement à la verticale.

Trop occupées à se chamailler, les deux pimbêches ne l'avaient pas vue venir mais eurent toutefois le bon réflexe de s'en éloigner d'un bond en arrière. Si leur détermination à leur faire payer – au propre comme au figuré – le prix des dégâts collatéraux était encore hésitante, la question était maintenant réglée. Car dès l'instant d'après, elles foncèrent droit sur eux en dégainant leurs armes respectives : une épée pour l'une, une paire de pistolets pour d'autres. Rien de très extravagant, en particulier si l'on faisait la comparaison avec le duel mémorable qui s'était déroulé en ces lieux. Mais même si leur équipement ne payait pas de mine, qu'elles prennent d'assaut les responsables de cet incident sans marquer le moindre doute quant aux risques encourus n'était pas anodin. Elles devaient soit avoir une confiance en elle d'une taille rivalisant avec celle de l'ego du Roi des Héros, soit en tenir une sacrée couche.

Ou peut-être un peu des deux.

Je vois... Puisque vous ne me laissez pas le choix, je vais commencer par vous.

Sa main se leva à hauteur de ses lames tourbillonnantes, et l'une d'entre elles vint docilement s'y déposer. Après avoir assuré sa prise sur sa poignée, l'ex-Tenryūbito porta un coup de taille dans le vide pour s'assurer qu'elle ne se briserait pas dès le premier choc. Qu'il ait consenti à prendre lui-même les armes pouvait passer pour un honneur, mais c'était dans le cas présent plutôt le signe de sa volonté d'en finir rapidement pour en revenir à leurs moutons. Quelle que soit ses effectifs, cette troupe ne représentait rien à ses yeux. Tout au plus une gêne au même titre qu'un agaçant moustique qui n'aurait de cesse de vous tourner autour tout en attendant désespérément le moment de relâchement qui lui permettrait de s'abreuver de votre sang. À ceci près qu'il était cette fois-ci venu avec toute sa famille et qu'elle était salement nombreuse.

Tant mieux, cela dit. Ce n'en serait que plus facile de faire un prix de groupe quand le fatidique journal roulé anéantirait leurs espoirs en même temps que leurs misérables existences. Son choix se porta naturellement sur la demoiselle aux airs lugubres. Puisque partageant ses goûts en matière d'arme de prédilection, le jeune noble se ferait un plaisir de l'écraser sur son propre terrain. L'autre n'ayant à lui proposer que ses balles de pistolet, en venir à bout serait si facile qu'il n'en tirerait aucune once d'assouvissement. De plus, et ce n'était qu'un avis personnel, le côté vulgaire de son apparence seyait bien mieux au colosse qu'à lui-même – même si l'on ne pouvait pas dire que les frusques de sa proie étaient du meilleur goût. Au moins devait-on lui reconnaître le mérite d'être à peu près couverte, chance que ne partageait pas son amie. Mais qu'à cela ne tienne.

Ainsi, le sabre fend l'air.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Jeu 30 Mai - 23:19

Eh ouais, ils se faisaient bien attaquer pour des confiseries gâchées, à priori. Remarquez, il y avait peut-être un peu du fait de tout le foutoir des environs dans la liste de raisons légales un peu plus aptes à servir de cause pour vouloir dégommer quelqu'un, mais inutile de s'attarder sur les détails administratifs. Les officiers du coin se feraient un plaisir - ou pas, rien à battre en fait - de remplir un rapport sur ce qui arrivait. Bien visiblement, la petite force de frappe qui se dirigeait vers eux ne faisaient pas partie de la Marine. L'île appartenait aux Seigneurs Célestes. Pas les Dragons Célestes, mais bien les Seigneurs Célestes : des anges qui dominaient le territoire. Comme quoi il semblerait que le seul fait de mettre des ailes blanches dans le dos de quelqu'un en fait une incarnation de la sainteté. Dommage que la sainteté ne les ait pas vraiment protégés quand le vieux Kaguya était venu faire un tour, et s'était évertué à en buter quelques uns juste pour prouver un point. Comme quoi on dira bien ce qu'on veut, mais la loi du plus fort prévaut à chaque fois, quand on a la force pour la faire prévaloir. Ce genre de logique plaisait bien à Heinkel, inutile de le nier. Pour atteindre les plus grands sommets, il fallait grimper la pente depuis le début. Autant l'ascension était sans aucun doute une vraie saleté à endurer, le résultat n'en vaudrait pas moins la peine. Et pour grimper la pente, il faut de la persévérance, et de la pratique.

Or, justement, la pratique se ramenait toute seule jusqu'à lui. Juste à côté, le jeune blond semblait - après avoir satisfait son quota minimum de paroles acerbes et désobligeantes - avoir jeté son dévolu sur l'épéiste parmi les deux donzelles. Tant mieux, le choix serait aisé pour la suite. Tournant son attention sur la petite blonde qui sprintait vers lui équipée d'un pistolet chargé dans chaque main, le colosse porta la main à sa ceinture...pour se rappeler que son glaive était à quelques mètres de lui, à côté des débris de bâtiments témoignant de son dernier passage. Tant pis, il ferait sans. Après tout, se mettre à courir devant quelqu'un qui agite des pistolets, c'est un plan pour récupérer la vie d'une passoire. Il se campa donc sur sa position, les bras sur les côtés, les poings fermés, prêt à en découdre.

« Alors mon gros, prêt à t'prendre la dérouillée!? »
« Ha! Ce sera une victoire facile, gamine! »

Deux premiers tirs décollent, traçant dans le vide là où se trouvait le colosse une seconde plus tôt. Bah ouais, il avait dit qu'il fallait pas courir devant des pistolets chargés, mais après le tir, y a plus de respect qui tienne, hein! Effectuant une roulade suivi de deux enjambées étonnamment lestes, Heinkel se retrouva rapidement avec son glaive en main. Quelques moulinets en se retournant pour s'assurer de pas perdre le truc, et retrouver du coin de l'oeil la petite blonde juste à temps pour la voir viser à nouveau, les pistolets chargés. Plongeon vers l'avant cette fois, esquivant le tir unique de son opposante. La petite vipère avait bien prévu son coup cette fois, au lieu de juste tirer comme une débile. Un genoux à terre en se réceptionnant, le titan ambré lève les yeux pour voir le sourire satisfait de la demoiselle en tenue flottante, pointant son arme vers lui.

« Prend ça dans les dents, sale fils de - »
« TROP LENTE! »

Et il décoche un coup de poing. Oui bon, dit comme ça, forcément, ça peut paraître un peu con. On a beau avoir de grands bras, c'est pas encore ça qui couvre une vingtaine de mètres. Remarquez, y en a sans doute qui le font, ou qui envoient des ondes de choc de la mort avec un simple coup de poing dans le vide. Heinkel, pour sa part, se contentait en fait de quelque chose de bien plus simple. Et de bien plus tangible, comme en témoignait le boulet de canon qui venait de jaillir de son poing dans le temps de le dire. L'expression soudainement changée de la blondasse en disait long sur ses impressions. Bah ouais, tout de suite, le pistolet il rend moins fier quand on a dix kilos de fonte qui nous fonce sur la poire, hein?

À défaut de réussir à dévier le boulet de canon qui lui était destiné grâce au coup de feu qu'elle avait malgré tout tiré sous l'effet de la surprise, la jeune femme eut néanmoins le bon réflexe de se jeter sur le côté pour éviter le projectile. Vu sa corpulence, un choc de ce genre lui aurait sans doute creusé un trou d'un côté à l'autre des hanches, la gamine. D'ailleurs, elle semblait prendre un peu mal de perdre le jeu de « qui a le plus gros projectile ». Lui qui croyait que ce genre de jeu restait typiquement masculin, Heinkel n'en vit malgré tout pas le côté dérangeant, si tant est qu'il y en avait un. Quoique pour une demoiselle, elle sortait un language un peu fleuri à l'occasion, la blondinette. À croire qu'elle avait dompté son éducatrice durant son enfance, et non le contraire.

« Non mais j'vais t'apprendre à m'balancer des boulets d'canons, connard! »
« Apprendre les bonnes manières serait un bien meilleur début, jeune fille! »
« ...PARDON!? »
« PARFAITEMENT! ON PREND PAS CE TON AVEC SES AÎNÉS! »
« MAIS VA TE FAIRE VOIR, J'T'EN FOUTRAI DES AÎNÉS, MOI! »
« J'SUIS DÉJÀ BIEN VISIBLE, QUE JE SACHE! »
« MAIS TA GUEULE! »
« FORCE-MOI! »

Cette fois, aucun coup de feu. Déjà, de la part d'une fille armée seulement de pistolets, c'est particulier. Mais non, elle venait de prendre apparemment à la lettre la provocation de son colossal opposant. Bouillante de rage, cette petite furie venait de sprinter en vitesse vers la montagne rouge qui lui faisait face, sautant dans les airs avec grâce malgré tout pour envoyer un coup de pied en plein front du colosse. Lequel, ayant eu une seconde ou deux pour réagir, utilisa tout bonnement le moyen déjà éprouvé le plus proche : le coup de boule. Le talon de la blonde heurta son crâne, porteur d'une violence que le Roi des Conquérants ne manqua pas de remarquer. Malgré sa taille menue, elle frappait comme un ours, la germaine! Voilà une chose bien intéressante.

Or, il avait d'autres choses à régler. Notamment, ce qu'il pouvait faire d'une jeune fille agressive et combattive encore en suspension devant lui. Réponse simple : le coup de poing partir tout seul. Or, elle restait agile, la gamine. S'appuyant à la dernière seconde sur le bras de son attaquant, cette dernière se propulsa au dessus du coup, laissant un boulet de canon s'écraser au loin alors qu'elle passait par dessus le colosse ambré en lui administrant un revers de talon derrière la tête au passage. La chute lui permit même de recharger en un éclair ses deux pistolets. Une fois de retour sur le sol, la course ne tarda pas à se lancer, pour néanmoins être interrompue, la vision d'un glaive brusquement planté devant elle la faisant freiner avec une ardeur notable. Interdite, elle ne put que se retourner, faisant face au détenteur de l'arme qui l'avait stoppée dans sa retraite. Le mastodonte qui lui faisait face la regardait d'un air...ravi? Croisant les bras d'un mouvement lent et posé, il la toisa quelques instants, silencieux et aussi imposant qu'il pouvait l'être, la cape au vent et le soleil dans le dos. On en regretterait presque de ne pas pouvoir garder un souvenir.

Puis, le voilà qui se penche vers la jeune fille, un sourire fier et béat aux lèvres.

« Allez, c'est décidé, je t'engages! »
« ...Huh? »
« J'aime ton attitude, alors je t'engages pour fendre les mers avec moi! »
« ...Mais tu t'fous d'ma gueule!? »
« Absolument pas! Heinkel Cain Leonhart, Roi des Conquérants, n'a qu'une parole! »
« J'en ai rien à secouer, y en est pas question! »
« Nous mangerons aux tables des dieux eux-mêmes! »
« Rien à foutre! »
« Nous fendrons les cieux et iront conquérir le monde entier! »
« Non! »
« Et les richesses et la gloire seront nôtres! »
« JE T'EMMERDE! »

« PAN »


Dernière édition par Heinkel C. Leonhart le Sam 1 Juin - 0:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Ven 31 Mai - 12:25

J'arrive !
Trop faible !
Prends ça !
Inutile !
YAH !
Trop lente !

Depuis son arrivée au corps à corps, la gothic lolita qui tenait lieu d'adversaire au jeune noble distribuait des coups dans le vide sans jamais réussir à le toucher. Que ce soit parce qu'il était trop rapide pour elle ou parce qu'il déviait sa lame d'un pouce alors qu'elle s'efforçait de suivre sa trajectoire, aucune de ses attaques n'avait porté. Et puis, ce n'était pas comme si le Roi des Héros avait grand chose à craindre tant qu'il porterait son armure : même si, par malheur, elle avait la chance de le toucher, ce ne serait que pour mieux rebondir sur cette cuirasse faite d'or massif jusque dans ses moindres recoins. Le Tenryūbito avait délibérément opté pour elle à la place de sa copine de sorte à rencontrer un minimum de résistance, mais il n'avait guère fallu longtemps pour qu'il en soit désappointé.

Que ce soit parce qu'il était excessivement bon – une perspective qui n'était pas pour lui déplaire, même si peu probable compte tenu du temps écoulé depuis ses derniers exercices – ou parce qu'elle était trop mauvaise – nettement plus probable -, le fait était qu'elle n'était pas prête de l'inquiéter. Aussi ponctuait-il chacune de leurs passes d'armes d'un commentaire de son crû afin de la provoquer pour qu'elle y aille plus fort. Car si elle n'était pas déjà au mieux de ses capacités – ce qu'il n'espérait pas – force était de constater qu'il serait grand temps qu'elle s'y mette sérieusement. S'habiller tout en noir pour se donner des airs de belle gosse ténébreuse, ça, elle savait faire, mais dès qu'on arrive sur le champ de bataille, là, il n'y a plus personne. Akasha décrivit une brève rotation du poignet pour le garder échauffé, déjà lassé de ce combat.

C'est tout ce que tu as ?
Bah c'est que... Voui.
Et tu penses vraiment pouvoir me vaincre ?
Euh bah... J'y ai pas réfléchi, en fait.

En plus d'être essoufflée par ses – trop – nombreuses tentatives échouées, la malheureuse ne trouvait plus ses mots. À moins que ce ne soit parce qu'elle était trop embarrassée d'admettre que c'était là tout ce qu'elle pouvait faire ? Patientant dans l'optique d'entendre ses aveux, il se mit à observer l'affrontement que menait Heinkel de son côté. Sans être vraiment en difficulté, l'obélisque vermeille avait somme toute l'air de s'amuser beaucoup plus que lui. Mais d'ailleurs, comment s'étaient-ils retrouvés à faire cause commune ? Le noble mondial ne gardait aucun souvenir d'une concertation à ce sujet. L'idée que cela ait pu se faire naturellement ne fut pas sans lui déplaire quelque peu tant ce n'était pas dans sa nature de se battre autrement qu'en solitaire. Esquivant une fois de plus le passage de l'épée d'un simple pas de côté, il s'esclaffa néanmoins en entendant le prétendu « Roi des Conquérants » débiter ses salades à la pauvre petite qui n'avait rien demandé.

Je te remercie, cela faisait fort longtemps que je n'avais pas ri aux éclats à cause d'un autre que mon bouffon ! Penses-tu vraiment avoir la moindre chance de la convaincre en t'adressant à elle de la sorte ? Un roi doit savoir subjuguer son auditoire et galvaniser une foule ! Ce n'est pas avec de telles manières que tu charmeras qui que ce soit ! Même s'il est vrai que tu n'as déjà pas la tête de l'emploi...

L'emphase de son discours tourna court quand la lame de la petite brune faillit l'atteindre à la tête. Par bonheur, son pouvoir opérait à la vitesse de la pensée. Il n'eut donc qu'à la voir venir du coin de l'oeil pour l'arrêter au vol sans même avoir eu à lever la main. Comme pris au piège dans un étau invisible, le katana refusait obstinément de bouger, luttant contre le prototype de champ magnétique sur lequel il était en train de travailler. Avec un peu de recherches il devrait pouvoir le transformer en champ de force et ainsi accroître considérablement l'ensemble de ses aptitudes défensives. Bien qu'incomplet pour l'heure, il était bien suffisant pour ne rien avoir à craindre d'une attaque de ce calibre. Le blondinet n'en demandait pas plus. Au grand désarroi de la fillette, mais ceci est une autre histoire.

Courroucé d'avoir été coupé pendant qu'il était justement en train de parler, le Roi Doré en profita pour lui saisir le poignet au vol de sorte à l'empêcher de continuer – tout en veillant à le tenir assez haut pour qu'elle ne puisse à aucun moment se débrouiller pour faire passer son arme d'une main à l'autre. Et tandis qu'elle se débattait, ruait et tentait par tous les moyens de se dérober à son emprise, le Tenryūbito reprit son monologue sans tenir compte de sa présence, continuant de la tenir à bout de pas plus d'une vingtaine de centimètres au-dessus du sol. On n'était jamais trop prudent. Prenant une longue inspiration supposée lui dicter les paroles romanesques qu'il avait coutume de prononcer, Akasha se fendit d'un sourire presque béat alors qu'il ressassait son enseignement avec une grandiloquence que peu d'hommes pourraient se vanter d'avoir un jour égalée. Celle d'un homme au-dessus du lot.

Regarde et apprends. Je vais te montrer ce à quoi jamais tu ne pourras prétendre. À ces mots, il relâcha la sabreuse qui – bien qu'elle ait essayé un instant plus tôt de lui envoyer son pied au visage – était étrangement docile, depuis peu. Se serait-elle enfin résignée ? Dis-moi, petite... Tu as compris que quoi que tu puisses faire, tu n'étais pas de taille à me vaincre, n'est-ce pas ? Plutôt que de perdre ton temps sur cette île, ne voudrais-tu pas venir avec moi ? N'as-tu pas d'autre ambition que de rester ici où personne ne te reconnaîtra jamais à ta juste valeur ? Il ne tient qu'à toi de prendre ton envol. Tu as déjà les ailes...

Sur ces belles paroles, il gratifia son menton d'une tendre caresse tout en lui décernant l'un de ses plus beaux sourires, la regardant droit dans les yeux. Qu'elle lui résiste n'était pas même envisageable. S'il n'avait que peu d'intérêt pour les choses de l'amour – comment est-ce qu'un individu aussi exceptionnel que lui pouvait espérer trouver une âme soeur à sa mesure ? - cela ne l'empêchait pas d'être conscient de ses charmes et de savoir en jouer. En sa qualité de Roi des Conquérants, Heinkel aurait dû savoir que la seule méthode viable consistait justement à conquérir le coeur de ses suivants pour s'assurer leur fidélité. Voilà ce que le Roi Doré était en train de lui enseign -

Trop classe !

La réaction logique ne s'était pas faite attendre. Le problème, c'était qu'elle ne l'était pas. Car si encore elle s'était exprimée en ces terme en le dévorant du regard, il aurait pu comprendre ; en revanche, qu'elle n'ait pas lâché le titan des yeux depuis tout à l'heure était autrement plus sujet à controverse. Le monarque déchu arqua un sourcil tandis qu'elle se mettait littéralement à sautiller sur place, des étoiles plein les pupilles à tel point qu'un simple coup d'oeil aurait pu donner envie de vomir des arc-en-ciels à n'importe qui. Dieu l'en préserve, Akasha n'était pas n'importe qui, mais n'en fut pas moins perplexe devant un tel phénomène. Un tel manque de goût ne pouvait être de cause naturelle, aussi en vint-il naturellement à penser qu'elle devait être droguée. Médusé de s'être lancé dans cette tirade pour une ingrate qui n'avait pas daigné en écouter un traître-mot, il se contenta toutefois de croiser les bras et de hausser les épaules.

Quand on disait que tous les goûts étaient dans la nature je n'imaginais pas que cela incluait aussi les plus mauvais d'entre eux. J'imagine que ce doit être l'exception qui confirme la règle, à moins qu'elle n'ait de manière innée une affinité avec les primates de toute sortes. Il ne peut y avoir d'autre raison pour qu'elle soit sensible à ton charme. C'est malheureux, mais nous n'y pouvons rien... Je ne peux que me réjouir qu'elle ne m'ait pas entendu. Je me passe volontiers de la compagnie de personnes pour qui la notion de charisme semble si abstraite. Je ne vois pas d'autre explication...
TU DIS PAS DE MAL DE HEINKEL-SAMA !

Dans la demi-seconde qui suivit, l'épée qu'il avait capturée un instant plus tôt – et la main qui allait avec – fondit sur lui comme une ombre en direction de son visage, manquant de peu de l'éborgner au passage. Une fine mèche dorée s'envola pour ensuite se disperser au gré du vent et une mine renfrognée prit place sur ses traits une fois qu'il l'eut repoussée sans ménagement au moyen de sa propre lame. La furie venait de sortir de son état second mais paraissait déjà être en pleine forme, et avec une hargne renouvelée en supplément. Plusieurs coups de sabre furent échangés au cours desquels Akasha eut bien du mal à garder l'avantage, pour même se faire dominer lors des derniers échanges. À l'évidence, elle n'était pas friande que de sucreries, puisque c'était du lion qu'elle venait de manger, là. S'ils avaient su qu'elles bénéficieraient d'un tel substitut, sans doute auraient-ils veillé à ne pas réduire en cendres fumantes leur précieux magasin de bonbons.

C'est qu'à choisir, il aurait été préférable qu'elles se ruinent les dents plutôt que de s'échiner à bousiller les leurs. À plus forte raison que le Roi Doré n'avait pas eu le temps de récupérer de son combat précédent et que la force commençait à lui manquer. Bien qu'il n'ait que peu sollicité son corps, celui-ci voyait son énergie s'amenuiser à vue d'oeil au fil des coups délivrés. Si cela devait durer un peu trop longtemps, nul doute qu'Akasha finirait par manquer de moyens au point de ne plus pouvoir lever le bras... Ce qui, dans une compétition de bretteurs, pouvait s'avérer particulièrement handicapant. Finalement, elle réussit à démontrer une force brute qui n'avait rien à envier à celle de l'homme en rouge qui – selon toute apparence – était devenu sa nouvelle idole. Comme quoi y a des gens qui sont prêts à aimer n'importe quoi. Et on s'étonne encore de la popularité de certains chanteurs à succès, après ça ?

Libre à toi de lui vouer un culte, mais ne compte pas sur moi pour te pardonner ton manque de manières. Tant qu'à mourir pour quelqu'un d'autre, tu aurais mieux fait de choisir quelqu'un qui en vaille la peine. Même ta mort sera inutile si tu continues comme cela.
Je m'en fiche ! Je mourrai pour défendre votre honneur, Heinkel-samaaaaa !

S'il n'avait été contraint de minimiser les gestes superflus pour ne pas s'épuiser trop vite le Roi des Héros se serait volontiers plaqué la paume sur le visage. Cela ne servait à rien : la transe dans laquelle elle était entrée en le voyant ne s'arrêterait pas si facilement. Ne lui restait plus qu'à la mettre hors de combat avant qu'elle ne commence à faire l'apologie du pseudo-géant – quoique c'aurait pu être distrayant, compte tenu du fait qu'elle ne le connaissait même pas. Un choc un peu trop brutal élargit la fissure qui serpentait sur le plat de son épée et plusieurs des fragments encore en place se détachèrent, réduisant un peu plus une durabilité déjà mise dans le rouge par sa confrontation avec l'Usurpateur. L'avantage de juger ses sujets avec une totale équité, c'était qu'au moins il n'avait aucun scrupule à avoir à frapper une femme.

Ainsi donc, il cessa soudain d'esquiver et prit un solide coup à l'épaule qui le fit plier sous le choc. L'armure avait absorbé la majeure partie des dégâts mais il ne put réprimer une grimace de douleur. En revanche, il lui fut alors d'une facilité déconcertante de coincer la lame entre deux des plaques de sa cuirasse pour l'immobiliser le temps de projeter son poing ganté de maille dans le ventre de son assaillante. Un geste qui ne lui seyait guère et qu'il regretta presque aussitôt d'avoir eu à commettre – pas par égard pour elle, mais parce qu'il trouvait déshonorant d'avoir été forcé d'utiliser ses mains. Ce n'était pas digne d'une personne de son rang. Son gantelet étant d'ailleurs d'une épaisseur considérable et sa force non-négligeable, il en tira une douleur ténue dont il n'eut toutefois aucun mal à faire abstraction tant il était bon de l'avoir fait taire. Son attention se porta sur l'autre jeune femme. Qu'elle soit occupée à tirer sur Heinkel ne l'empêcha pas de lui adresser la parole.

Dis-moi, ton amie se comporte-t-elle souvent comme ça ?
Tout le temps.
Ah.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Sam 1 Juin - 0:44

Elle avait refusé son offre pour marcher vers la gloire? Fallait vraiment le faire, après tout, c'est pas vraiment comme s'il avait le moyen de passer pour le dernier des péquenots un peu fêlés, quoi. Il était un homme de charme, et d'une franchise à toute épreuve, c'était pas le genre de chose qui faisait gagner des points? Mais où va le monde, je vous le demande, si un peu d'honnêteté n'attire rien de plus que des balles de pistolet? À moins qu'il ne soit tout simplement tombé sur un cas bien particulier d'une jeune pimbêche à l'esprit trop rebelle pour son propre bien. Pourtant, elle avait semblé évoquer un supérieur quelconque au moment de leur arrivée, à elle et sa copine épéiste. Serait-il possible que leur dénommé supérieur soit à ce point homme de conviction et source de charisme animal, qu'il supplante le Roi des Conquérants sur une telle distance? Si le fait de se faire doubler de telle manière aurait pu mettre certains hommes dans un état de jalousie rageuse digne de mention, Heinkel n'était pour sa part qu'intrigué par un tel phénomène. Un homme capable d'éclipser l'influence animale qu'exerçait ce colosse bourré d'adrénaline ne pouvait qu'être un être d'unr rareté proportionnelle à son excentricité. Il mourrait d'envie de le rencontrer, maintenant.

Cependant, la rencontre pourrait sans doute attendre la fin de son duel avec la blondasse, qui continuait de lui tirer dessus à répétition en hurlant des insanités. Quelques paroles blessantes sur sa masculinité ; autant attaquer un bastion en pierre brute avec un lance-pierres. Des allusions peu ragoutantes sur sa mère ; elle aurait sans doute veillé à lui frotter la langue avec la brosse de fer si elle avait été présente. Et quelques autres insinuations bien rageuses qui continuèrent à rebondir sur le titan ambré comme les gouttes de pluie sur une statue millénaire. Les insultes étaient contre lui les armes les plus obsolètes qui soient. Tenter de percer le moral et la détermination de cet énergumène relevait du calibre des épreuves dignes des dieux, c'est peu de le dire. C'était d'ailleurs bien la raison pour laquelle les propos acerbes et agressifs du jeune blond qu'il avait affronté jusqu'à il y a quelques instants n'avaient eu d'effet sur lui que de lui donner des raisons de lui mettre un pain. Pas par vengeance ou dépit ; simplement pour lui apprendre les manières élémentaires, au gosse de riche. Oui bon, lui-même ne nierait pas avoir vu le jour dans la facilité. Mais ça faisait pas pour autant de lui un casse-couilles de première qui vantait ses propres attributs comme un gars qui essaie de trop compenser pour ses complexes mal gérés. Il avait de tout temps visé la simplicité la plus totale, peu importe l'aspect de sa vie. Certains y verraient la bêtise, mais les vrais sages y verraient la volonté de nier les perversions de l'âme qui affligent les faibles et les conformistes peureux.

Sur un autre sujet, cependant, il semblait que le blond faisait encore aller ses charmes de cour pré-scolaire sur la jeune brunette qu'il avait immobilisée, non sans avoir encore une fois tenté - en vain - de se faire bien valoir en critiquant les méthodes du titan. Hah. Qu'il s'amuse à jouer les tombeurs d'opérette, ça lui retomberait à la figure aussi sûrement qu'un crachât lancé à la verticale. Et force fut de constater qu'il eut raison à ce sujet encore bien plus rapidement qu'il n'aurait pu le supposer lui-même. La donzelle, bien loin d'être affectée par les manières de Casanova des ruelles de son opposant, semblait en pincer à mort pour...lui. Fixant le colosse ambré avec un regard où se mêlaient admiration et excitation, elle se mettait peu à peu à sautiller sur place, on aurait dit une écolière devant son groupe préféré. Eh bah voilà! Qu'il en prenne de la graine, cet avorton au charisme à deux balles! Vient un temps où les manipulateurs convaincus ne peuvent que constater leur échec. Cependant, Akasha Skandha n'était - bien évidemment - pas un un simple manipulateur convaincu. Comme en témoigna le monologue de rageux refoulé qu'il balança en guise d'explication à ses yeux pour la réaction de la jeune épéiste. Réaction à laquelle... elle se retourna vivement, hurlant son adoration du Roi des Conquérants en bondissant telle une panthère enragée. Aaaah, les convictions et l'impulsivité, un mélange qui crée les feux d'artifices dignes de légendes. Devant ce retournement impromptu, mais bienvenu, le colosse ne put qu'éclater d'un rire sonore, allant jusqu'à ignorer sa propre opposante qui rechargeait encore une fois ses propres armes.

« Bien dit, petite! Que voilà un coeur noble et fort, pour ainsi répondre à l'appel de la Conquête! »
« Non mais t'arrêtes avec tes conneries, un peu!? T'es le troisième mec cette semaine qui la rend gaga simplement en faisant semblant d'se jouer la classe! Faut pas rêver, tu t'es vu la gueule un peu? »
« Que les faibles gardent pour eux la prétention et les faux-semblants, le Roi des Conquérants n'a que faire des artifices de bas étages! Le monde sera mien, non pas à force de mensonges et de calomnies, mais à force de courage et de passions sans limites! »
« EH, J'T'AI PAS DEMANDÉ LE RÉCIT D'TA VIE, PÉQUENOT! »
« Qu'à celà ne tienne, tu le connaîtras bien assez tôt, comme le reste du monde! »
« Mais tu fais chier à la fin! Attend d'voir, quand l'patron va arriver, y va vous écraser la gueule sur le parquet, t'y croiras même pas! »
« Hah! J'en frémis d'impatience! Qu'il y vienne, dans ce cas, le destin décidera de notre affrontement! »
« Ouais bah en attendant, commence par me passer sur le corps, p'tit joueur! »
« VOLONTIERS! »

Le coup de canon partit en un instant. Sautant sur le côté, la blondinette tira deux coups de pistolet, ratant avec l'un et voyant le deuxième être bloqué d'un habile moulinet de glaive de la part de sa cible. Putain, mais il était bien trop rapide pour sa taille, ce gros mammouth! Si le boss arrivait pas bientôt, elles allaient réellement se faire foutre une mornifle historique! Ces deux gars, en fait, c'était pas étonnant qu'ils aient causé tout ce grabuge. Un des deux avec ce pouvoir de bizarre qui faisait flotter des armes et bloquait les coups. Contre ce type, elle aurait eu aucune chance à moins de passer ses munitions spéciales, et encore! Elles étaient assez limitées qu'elle oserait même pas les passer en ce moment, c'est dire. Ces trucs coûtaient une fortune, après tout. Et y avait ce gros gorille, sinon, qui tirait des boulets de canon avec les mains et bloquait le reste de ses tirs comme un sale fils de garce. Roulant sur deux mètres, la jeune fille profita du fait qu'elle ait terminé sa course derrière une caisse pour s'y appuyer un instant, rechargeant ses armes à la vitesse de l'éclair. Reprenant son souffle, elle se faufila jusqu'au rebord de sa couverture, et émergea, pistolers devant...pour ne rien avoir à viser.

Mais...mais il était passé où!?Sérieux, fallait arrêter les conneries, un truc gros à c'point, ça peut pas se camoufler, allons! Il devait forcément être quelque part! Prudemment, elle avança en fouillant les environs du regard, donnant une réponse rapide à l'autre blond qui lui avait posé une question après avoir renfoncé le bide de Sally d'un poing ganté d'or à la manière rurale. Sérieux, il était où, ce gros salopard!? Il devait forcément...la jeune fille s'arrêta. Baissant lentement les yeux pour regarder l'emplacement d'où elle avait entendu le bois craquer, elle ne put que constater le regard qui l'observait entre les planches, sous le quai, avec le coin d'un sourire bien visible. Le bois éclata soudain, le bras musclé et vif du colosse jaillissant de sous le quai pour l'empoigner par la taille ; eh ouais, carrément. Non seulement elle faisait vachement mince pour sa part, mais en plus, ce gars se trainait des baluches d'une taille impressionnante, si bien qu'il pouvait carrément lui entourer une bonne partie de la taille d'une seule main. C'en était carrément ridicule. S'extirpant des planches d'une impulsion puissante, le Roi des Conquérants retoucha le bon côté du quai deux mètres plus loin, la donzelle en main. Sans un mot, fixant la jeune fille se débattre, il laissa son sourire s'élargir quand elle le pointa à bout portant de ses deux armes, la laissant tomber depuis le mètre quatre-vingt depuis lequel elle était retenue jusque là. Dans quel but? Eh bah...qu'est-ce que ça vous évoque, le torse qui recule un peu, le genoux qui se lève? Bah ouais. Un coup de pied de pointure cinquante-six en plein bide, envoyant voler la cible sur une vingtaine de mètres dans les débris d'un bâtiment échoué parmi tant d'autres, soulevant un nuage de poussière et de sciure de bois à l'atterrissage. Les bras croisés, le sourire toujours aux lèvres, Heinkel observait la scène avec une satisfaction à peine contenue. Il avait beau ne pas être homme à frapper une femme sans raison, cette dernière lui avait fourni tout l'éventail de motivations auquel il aurait pu aspirer. Elle en redemanderait sans doute avant longtemps.

« Si tu ne te ranges pas du côté de la Conquête, ne t'étonnes pas qu'elle te piétine au passage, gamine! Tu auras été prévenue! »
« *kofkofkof* Mais tu...*kofkof*tu...*kof* MAIS TA GUEULE! »
*CLIC*
« ...Huh? »
*CLIC CLIC*
« Mais qu'est-ce que... »
*CLIC CLIC CLIC*
« Un problème? »
« RAAAH, PUTAIN D'CAMELOTE! »

Et un pistolet qui jaillit de la fumée, pivotant avec vitesse pour achever sa trajectoire en plein dans la figure du colosse, lequel porta une main rapide à son nez en laissant échapper un grognement sourd à l'impact. Putain, mais elle abandonnait jamais, cette tête de mule!

...
Excellent.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Sam 1 Juin - 10:42

J'en ai connu des raisons absurdes de se battre mais aucune ne valait celle-ci. Comment oses-tu paraître devant moi avec des motifs aussi méprisables ? Et moi qui croyais avoir atteint mon quota de pitié envers vous autres, bâtards, pour la journée... Cela ne fait que me prouver qu'il est temps que je mette de l'ordre en ce monde. N'est-ce pas le devoir d'un Roi que de prendre soin de son royaume ?
Youhou ! Heinkel-sama ! Regardez-moi ! HEINKEL-SAMA ! couina-t-elle pour toute réponse.
Enfin... Qu'importe. J'imagine qu'une roturière telle que toi ne peut pas comprendre la portée de mes préoccupations. Au moins cet homme, si indélicat soit-il, pouvait-il faire semblant d'en saisir le sens.
Comme il est beau ! ♥ Dites, si je gagne, je pourrais coiffer votre barbe, Heinkel-sama ? Vous voulez bien ?
...Tu n'as rien écouté de ce que j'ai dit, n'est-ce pas ?

L'air résigné, Akasha se contenta une fois de plus de hausser les épaules. Mais contrairement aux apparences, il n'avait pas baissé sa garde et se tenait prêt à la recevoir à bras ouverts. Ce qu'il fit quand, une fois de plus, elle se jeta sur lui telle une tigresse, dans le but évident de lui faire voir ses griffes de plus près. Invitation que le nitescent monarque ne cessait de décliner – et il n'était pas près de changer d'avis, même si la promesse sous-jacente était autrement plus attirante qu'il y a encore un instant. Apparemment, avoir une cause à défendre lui procurait un gain de puissance considérable. Ses coups étaient non seulement plus rapide mais aussi plus précis ; si elle ne pouvait augmenter sa force physique avec la même aisance, ils étaient aussi plus vicieux.

S'il n'avait été aussi prompt à déployer ce filet de sécurité qu'était le magnétisme, il était fort probable qu'il serait borgne à l'heure qu'il est. En outre, en dépit de l'épaisseur peu commune de son armure et du nombre de fioritures qu'elle comportait sur toute sa surface, la bretteuse savait très exactement où viser pour atteindre les articulations – seules parties laissées à découvert pour des raisons de mobilité. Autant dire qu'un instant d'inattention pourrait bien lui coûter cher. Et ce prix-là n'était très certainement pas de ceux que ses richesses, si fabuleuses soient-elles, pouvaient métamorphoser en préoccupation secondaire. Il avait néanmoins fallu attendre qu'elle réussisse à taillader une mèche de cheveux en dépit du bouclier invisible censé le couvrir pour qu'il se décide à la prendre au sérieux. Et depuis, le choc de l'acier contre l'acier n'avait cessé de retentir.

...Et, contre toute attente, même ses piaillements d'adolescente aux hormones en ébullition ne l'empêchait pas de maintenir un niveau plus que correct. Pire encore, Akasha avait dans l'idée que cela la galvanisait. L'on disait de certaines personnes – exécrables au demeurant, il était le premier à le penser – qu'elles aimaient s'écouter parler... Mais de là à penser que cela pouvait être à ce point... Tout à cette pensée, le Roi Doré piqua des deux pour esquiver de justesse un coup de taille qui manqua de décrocher sa tête du reste de son corps. En réponse, il n'attendit pas plus longtemps pour lui porter un coup ascendant qui lui érafla le menton, bien que cela ne paraisse pas l'incommoder plus que cela. À croire que sa frénésie pré-pubère avait profité de l'occasion pour la rendre insensible à la douleur, ou peu s'en faut.

Qu'à cela ne tienne, il n'avait alors qu'à la mettre hors d'état de nuire en la rendant incapable de continuer le combat. En lui tranchant les tendons dans le pire des cas, mais s'il pouvait éviter de recourir à une méthode aussi barbare, ce ne serait pas pour lui déplaire. Non qu'il en éprouve une répulsion si ce n'est celle de la souillure en elle-même, mais le Dragon Céleste n'avait jamais aimé les effusions de sang. Se battre en répandant tripes et boyaux dans son sillage manquait cruellement de classe et il était de ceux qui aiment donner à leur combat une dimension artistique plutôt que d'entrer dans une transe guerrière qui lui ferait disséminer son adversaire en tous sens.

Tu voudrais pas mourir, dis ?
Étrange coïncidence, j'allais te proposer la même chose.
Comme ça je pourrais aller aider Heinkel-sama !
..Je t'interdis de recommencer...
Oh, j'espère que Bonny m'en voudra pas trop si je la frappe... Je suis sûre qu'elle se montrera compréhensive si c'est pour avoir le droit de m'occuper de lui ! Je rougis rien qu'à y penser... Ça se voit pas trop, pas vrai ?
Vas-tu te taire, à la fin ?!

La lame de la jeune femme rebondit sur la sienne et faillit lui entailler la joue, mais en contrepartie il eut la chance de lui causer une sévère blessure à l'épaule. Par malheur, ce n'était pas de sa main d'épée dont il était question, mais il fallait bien commencer quelque part. La plaie était profonde. Aussi, même si son emplacement n'était certes pas aussi stratégique qu'il l'aurait voulu, la perte de sang serait si abondante qu'elle n'aurait pas d'autre choix que d'abandonner le combat. La méticulosité dont il aimait se vanter ne serait point au rendez-vous sur ce coup-là, mais il ne pouvait se permettre d'être aussi net et sans bavure à chaque fois. Et puis, ce n'était pas comme s'il se souciait de l'opinion du public auquel il avait droit.

La subtilité était une notion qu'Heinkel avait parfois... Non, avait tout le temps du mal à cerner. Quant à l'autre, qu'elle aille au diable et le problème serait réglé. Au moins sur ce point-là, il pouvait le laisser s'en occuper. Transportée de joie à l'idée d'accrocher des petits noeuds roses dans la barbe du colosse du peu qu'il pouvait comprendre de ses baragouinements alors qu'elle tournoyait littéralement sur elle-même entre deux coups d'épée, on aurait facilement pu croire que le vermeil qui détrempait le haut de sa tenue passait inaperçu. Était-elle d'une résilience à toute épreuve ou simplement trop stupide pour se rendre compte qu'elle avait commencé à se vider de son sang louche après louche ? Désireux de rappeler l'estafilade à son bon souvenir, il fut sur elle en une fraction de seconde...

Mais reçut un coup de pommeau en pleine tête avant d'avoir pu aller au bout de son geste. Soit c'était un véritable génie et elle avait pu anticiper sa charge sous couvert d'exécuter une danse de la joie sans queue ni tête, soit elle s'agitait tant qu'il en devenait impensable de prévoir ses déplacements. Quelle que soit l'explication, c'était la deuxième fois de la journée que le déshérité était touché au visage. Et si cela ne l'avait déjà pas enchanté la première fois, celle-ci l'horripilait d'autant plus qu'il était déjà sur les nerfs – et d'avoir été frappé par une fille, aussi. Portant la main à son front pour s'assurer qu'elle n'avait pas versé une seule goutte de son sang royal – et pour chasser la douleur tant qu'à faire –, le Tenryūbito se retrouva dans l'obligation de se faire violence pour ne pas céder à ses pulsions meurtrières.

Comment as-tu osé blesser mon visage ? dit-il avec une froideur à vous geler sur place.
Bah, pour faire plaisir à mon roudoudou d'amour, évidemment ! T'es bête, toi ! Comme ça, je pourrai le câliner toute la journée ! C'est comme un gros nounours tout rouge avec une armure sur le dos, ça va être génial !
Bien... Tu l'auras voulu...

Sa main droite se tendit à l'horizontale, paumée tournée vers la terre ferme. Un frémissement courut le long des objets qui s'y étaient amoncelés et qu'il avait dû relâcher si précipitamment un peu plus tôt. Ce n'était pas parce que le pachyderme carmin s'en était tiré presque indemne que ce serait le cas de tout le monde. En l'occurrence, il doutait fort que le corps si frêle de son ennemie résiste au secret de l'acier qu'il était seul à détenir. Un tel effort n'était pas réellement recommandé après avoir déjà frôlé les limites de son pouvoir, mais n'était-ce pas ainsi qu'il lui fallait s'y prendre pour les dépasser ? Par ailleurs, les objets avaient le mérite d'avoir d'ores et déjà été rassemblés par ses soins. Une économie de temps et d'énergie susceptible de faire la différence. Ainsi, chacun des éléments entrant dans sa juridiction dans un rayon d'une dizaine de mètres se plia une fois de plus à sa volonté en s'élevant à une large poignée de centimètres au-dessus du niveau du sol.

Pendant ce temps, la gothique hystérique qu'il avait en face de lui, laquelle était sur le point de lui rentrer dedans, fut bien forcée de suspendre son geste quand elle se rendit compte que son sabre avait subitement cessé d'avancer. Comme pris au piège d'une toile invisible, son fidèle katana la trahissait en refusant de la suivre dans ses oeuvres. Tirer dessus fut-ce de toutes ses forces ne pourrait y changer quoi que ce soit. Au vu du nombre de fois où elle et lui avaient dû croiser le fer au cours des dernières minutes, il avait eu tout le loisir de magnétiser sa lame et ce au-delà de ses espérances. Celle-ci serait le point de mire de l'arcane qu'il s'était donné du mal à concevoir dans l'urgence pour en finir d'un coup, d'un seul. Son index se tendit quelque peu vers le haut, provoquant l'ascension de son arme de fonction vers des cieux plus cléments. Les débris métalliques ici rassemblés sous sa tutelle se précipitèrent à sa suite dès qu'il leur en donna l'ordre et vinrent se plaquer tout d'abord contre l'épée en elle-même, puis sur la totalité de son corps jusqu'à ce qu'elle en soit entièrement recouverte.

Des trousseaux de clés – tiens, c'était celui de la blonde, ça, à entendre comme elle vociférait – à la plaque de tôle en passant par les éclats d'obus résultant des multiples coups de canon d'Heinkel, ce n'étaient nullement les matériaux qui manquaient pour concrétiser ce qu'il avait en tête. La plupart des objets dont il avait pris le contrôle étaient trop petits pour causer des dégâts indépendamment et il y avait fort à parier qu'il n'y aurait pas même prêté attention dans une situation plus favorable, et les aurait exclu de son influence... Mais pas cette fois. Empaquetée dans ces très – trop ? - nombreux morceaux de ferraille, elle eut beau tout faire pour se débattre, rien n'y fit. Ainsi fut-elle projetée dans les airs, arme et vénération à l'égard d'Heinkel incluses, non sans qu'Akasha prenne le temps de remarquer qu'il l'avait bâillonnée sans s'en rendre compte dans la foulée. Un plaisir pour les oreilles.

...Ce qui lui mit d'autant plus de baume au coeur quand il fut question de la faire entrer en rotation à toute vitesse en créant des forces d'attraction opposées en tous sens entre plusieurs des débris restés suspendus dans les airs à proximité. Le but avoué de la manoeuvre était de lui faire perdre tout repère et de lui faire tourner la tête – au propre comme au figuré, n'ayant toujours pas digéré qu'on puisse lui préférer ce... Ce babouin primitif – de sorte à ce qu'elle ne puisse aucunement se dérober au destin qui l'attendait. Une fois qu'il estima l'avoir maltraitée en suffisance, le jeune noble tendit la paume dans sa direction, faisant mine de lui proposer un coup de main pour se tirer de ce mauvais pas. Grossière erreur cependant si elle y avait cru ne serait-ce qu'une seule seconde.

Que le malheur s'abatte sur ceux qui crachent vers les cieux.

Un claquement sec fit écho alentours alors que ses paumes se rejoignaient, ordonnant la phase finale de son plan. Laquelle était fort simple : projeter le tout, pimbêche comme bribes d'acier, vers un sol bien trop dur et surtout bien trop loin pour qu'elle s'en tire à bon compte. Et rien ne pourrait l'arrêter, pas même ses piaillements de dinde quand elle réalisa ce qui allait lui arriver. Cela prouvait au moins que la stratégie avait des chances de s'avérer payante. Au moment de percuter le sol, l'enrobage métallique dont il l'avait munie se disloqua, projeté en tous sens par la violence du choc. Une trace d'impact se créa sur les lieux de l'incident où elle gisait désormais, une jante chromée roulant autour d'elle comme de sorte à s'assurer de son état de santé avant de choir au sol pour s'immobiliser. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres en la voyant dans un si triste état. Vaincue ou pas, au moins ne parlait-elle plus, et c'était déjà ça. Un soulagement de courte durée : une tension s'empara de lui lorsqu'il la vit bouger le petit doigt.

...TROP CLASSE, AKASHA-SAMA !

...Et merde.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Sam 1 Juin - 22:51

Même armée d'un seul pistolet, Bonny semblait avoir compensé en démontrant une habileté à recharger absolument fulgurante. À peine un tir décollait, la seconde d'après était suivie du déclic caractéristique signalant qu'un nouveau projectile avait été introduit et était prêt à l'usage. Les spécialistes et leur art à eux, il fallait supposer. Toujours est-il que, rageuse de son état - encore plus qu'auparavant -, elle semblait mettre le coeur à l'ouvrage comme pas deux pour tenter de cribler Heinkel de trous dans le crâne à tout moment. C'est qu'elle semblait même avoir amélioré sa visée, avec sa dernière crise de nerfs. Sans compter que curieusement, de voir ses clés quitter ses poches dans une intention de suivre les débris métalliques qu'Akasha semblait rassembler dans sa propre altercation sur le côté, sa réaction suite au départ du trousseau avait été de courir derrière sur quelques mètres avant de tomber à genoux en tendant le bras, au désespoir. Et...le hurlement qui avait suivi avait été ponctué d'un tir qui aurait sans doute remodelé le visage du colosse écarlate s'il avait fait mouche. Il semblait qu'elle avait besoin de se passer les nerfs sur quelque chose, et ce quelque chose, c'était lui en ce moment. Encore heureux pour lui, les environs recelaient d'une myriade de barils, caisses et autres projectiles sommaires qu'il s'évertuait à balancer dans la trajectoire des balles depuis quelques instants.

« MAIS... »
« Allons, allons! »
*PAN*
« TU... »
« Faut s'calmer un peu! »
*PAN*
« VAS... »
« Gagner? »
*PAN*
« CREVER... »
« Ah, ça non! »
*PAN*
« À LA FIN!? »
« J'AI DIT NON! »
*PAN*

Esquives, roulades et manoeuvres défensives. C'était un barrage de tirs soutenu qu'il se prenait dans la poire, alors il valait mieux sortir le jeu qui en valait la peine. Il était bien capable, à force d'efforts, d'encaisser de simples tirs de pistolet, mais ça ne faisait pas pour autant son envie, hein. C'est pas parce qu'on peut supporter les flammes qu'on se met la main au four pour le plaisir, non? De toutes façons, il surveillait un détail bien précis depuis quelques instants. Le désavantage avec les combattants utilisant les armes à feu de cette façon, c'était qu'ils finissaient toujours pas...devinez? Bah ouais, ils manquent de munitions à un point ou un autre. Et les sol...ah tiens oui, y avait des soldats avec ces deux filles quand elles étaient arrivées! Il les avait carrément oubliés ceux là, fallait pas qu'il se prenne non plus un coup de sabre dans le dos pour avoir ignoré un gus qui l'aurait contourné! ...Ah non, c'est bon en fait. Ils étaient bien là, mais étendus la gueule à terre, sans doute emportés dans la multitude de techniques de combat et de dégâts collatéraux engendrés par les deux duels en cours sur la place. Ils en auraient presque été à plaindre, ces pauvres lascars. Ils faisaient que leur boulot, en fait, le problème résidait juste dans le fait que leur boulot aujourd'hui impliquait de se prendre une raclée pendant que leurs supérieures tentaient de distribuer des torgnoles.

*CLIC*
¸

Ah, c'était son signal. La blondasse, fouillant frénétiquement la sacoche en cuir qui pendait à ses hanches, se rendait compte de seconde en seconde qu'elle avait visiblement oublié de compter les balles qu'il lui restait pour combattre le titan rouge. Et à voir son visage, c'était pas de la de la rage qui primait cette fois, mais bien une expression qui disait...

« Ooooh, non non non non non! »
« Je te tiens, maintenant! »
« OH MERDE! »

Tentative de lancer de pistolet pour répéter le coup qui avait été précédemment réussi, mais cette fois, le Roi des Conquérants la voyait bien venir. S'élançant avec force, il pencha tout bonnement la tête en chemin pour esquiver le projectile de fortune qui serait la dernière opportunité - gâchée, c'était bien bête - de son opposante de lui infliger une quelconque douleur. Car elle avait beau avoir également démontré une agilité digne de mention, ce n'est pas ce ce genre chose qui la sauverait désormais. Elle avait épuisé ses options, et à peine égratigné la face de la Conquête éternelle qu'était Heinkel. Et maintenant, la Conquête la piétinerait comme tant d'autres fous qui avaient cru pouvoir la stopper avec des mots durs et des attaques de bas niveau. Ils apprendraient tous à leurs dépends qu'on n'arrête pas le Destin quand il se met en marche ainsi! On s'écarte, ou on le subit à nos risques et périls! Une pensée bien poétique qui flotta telle un nuage floconneux dans les pensées du seigneur rouge alors qu'il allait atteindre sa cible.

Puis, une tentative à peine réussie de sauter d'un mètre dans les airs pour éviter l'origine du son qu'il avait entendu se rapprocher à la dernière seconde. Là où auraient du se trouver ses jambes, le colosse put voir...une croix? Solidement plantée dans les planches, une croix décorée d'un noir profond reluisait à la lumière du soleil. Cette chose aurait pu lui trancher une jambe aussi net que du beurre! Passant par dessus la blondinette de par son élan de dernière seconde, Heinkel effectua de justesse une roulade au sol pour éviter que son équilibre précaire ne lui brise le cou par malchance. Un genoux à terre, le glaive à la main, il pivota prestement, prêt à recevoir une autre attaque...mais ne vit que le sourire de son opposante. Croisant lentement les bras, elle fixait le ciel d'un air narquois et satisfait, sifflant par la même occasion sa compagne qui freina un instant sa nouvelle campagne d'admiration redirigée vers le dénommé Akasha pour lever les yeux elle aussi. D'abord l'air hagard, ce fut un sourire de joie indescriptible qui peintura finalement ses traits, la faisant sauter dans les airs, les bras levés, poussant un cri aigu débordant de décibels indésirables.

« MARVIN-SAMAAAAAAAA!!! ♥♥♥ »




Descendant du ciel, ses vêtements flottants et gonflés à bloc ralentissant sa descente à la manière du plus compact des parachutes, un homme à l'air bien particulier se dirigeait lentement vers eux, figé dans une pose grandiose en fixant l'horizon. L'affro plus rutilante que la coque d'un navire neuf et l'expression d'un homme qui en a vu d'autre, l'énergumène, toujours impassible, sembla néanmoins être rapidement reconnu par une bonne partie de la populace trainant encore craintivement dans les environs depuis le début des combats, saluant le nouvel arrivant à grands renforts d'applaudissements et d'acclamations. Fallait croire que les renforts étaient arrivés, ça allait secouer. Quand les héros du peuple font leur apparition, c'est toujours mauvais signe pour les protagonistes du mauvais côté de l'échiquier. Bah, qu'à cela ne tienne, aucun homme n'était imbattable. Certains étaient juste plus ardus à mettre au sol.

Le colosse fut cependant arraché à ses constatations quand il remarqua que les deux jeunes filles s'étaient tout à coup rejointes après une course rapide, pour se disposer juste en dessous de l'emplacement où leur supérieur et sauveur se poserait vraisemblablement. Prenant la pose comme si elles venaient de répéter une chorégraphie pour l'occasion, elles ouvrirent toutes deux les bras, présentant dans un geste ample l'homme qui se trouvait maintenant à une quarantaine de mètres du sol, descendant lentement dans la même position figée. La blonde s'éclaira la voix, avant de se laisser aller à une série de déclarations pour le moins...préparées.

« À vous, pécheurs et êtres mauvais, nés dans les profondeurs des Terres Impies! »

Rapidement reprise par sa compère.

« Que le pouvoir divin s'abatte sur vous, fendant les cieux avec vengeance et furie! »
« Que sois détruite votre impureté dé...heu...in... », la blonde s'interrompit, trouvant rapidement un bout de papier dans sa sacoche de ceinture, « ...votre impureté ignominible, vous renvoyant à jamais dans l'abysse dont vous êtes sortis! »

Et la vedette de l'heure pose finalement les pieds au sol.

« AMEN ! »

Baissant les bras à l'arrivée, le mec à l'affro baissa lentement la tête, laissant le soin à ses deux subordonnées le soin de démarrer un tonnerre d'applaudissements qui n'eut aucun mal à démarrer de la part du public du coin. Comme quoi, fallait pas grand chose pour impressionner les masses, en fait. Heinkel aurait du le savoir, ça. Le mec descend des cieux... d'ailleurs, d'où il venait comme ça, le zigoto? Y avait des moyens de transport aériens dont il avait pas entendu parler? Levant la tête avec un air interrogatif, le colosse haussa finalement les épaules en remettant cette question à plus tard.
Devant lui, comme pour continuer la chorégraphie à l'arrache de ses deux suivantes, l'homme à l'affro s'était maintenant lancé dans une série de mouvements circulaires un peu...bizarres. Un peu trop feng shui pour les goûts du Roi des Conquérants, faut dire. On aurait cru une projection d'un moine boudhiste en pleine séance d'étirements, c'en était dérangeant. Sans compter l'expression quasi rageuse, redéfinissant l'air de chien de garde en manque de viande rouge que le mec se trainait tout au long de son exécution. À croire qu'on la lui avait scotchée au visage avec un seau de colle industrielle. Néanmoins, il fallait bien avouer que même si cette performance avait un petit quelque chose de déplaisant de son point de vue, Heinkel ne pouvait certes pas nier que le gus était en train de faire montre d'un équilibre et d'une souplesse qui défiait les lois du corps humain! Minute, comment est-ce qu'il...eh ho, faut pas déconner, un humain c'est pas supposé pouvoir se replier comme ça, quand même. Faut pas déconner. Toujours est-il qu'il y arrivait, ce bougre. Et le voici maintenant, d'une démarche flottante et mesurée, qui s'approchait de quelques pas vers son adversaire manifeste en mesurant sa respiration, glissant souplement les pieds sur les planches du quai. IL en avait presque l'air de danser à la mode un peu bourrée, pour l'oeil non averti. Cependant, et malgré l'air ridicule des mouvements, le titan rouge n'était pas aussi dupe que certains pouvaient vouloir le croire. Il savait reconnaître les différents arts martiaux quand il les avait en pleine figure. Et il avait beau ne pas connaître le moins du monde ce qui se déroulait précisément devant lui, il ne doutait pas une seule seconde qu'il se prendrait la mandale du siècle s'il commençait à sous-estimer l'homme qui lui faisait face. Après tout, les deux gamines avaient été un défi qui aurait pu être potable sur un combat de longue haleine, alors inutile de se rappeler qu'un type qu'elles tenaient en haute estime devait faire secouer la baraque, et pas qu'un peu. Ha! Qu'à cela ne tienne, il n'en serait que plus glorifiant pour la Conquête lorsqu'il heurterait le sol, touché par l'inconscience et les poings du Roi enflammé. Et une pour la prospérité!
Pour leur part, patientes et mignonnes en arrière plan, les deux donzelles admiratives et fières de leur ''boss'' le désignaient tous bras tendus, souriant à pleine dents avec les yeux remplis d'étoiles pendant qu'il achevait de prendre une position à l'apparence précaire, mais certes badass. Fallait avouer qu'ils avaient réussi l'effet, ça donnait bien comme ambiance.

« Vous qui vous foutez de nos gueules, tremblez maintenant! Vous êtes en présence du révérend Marvin White, premier des huit Gardiens des Seigneurs Célestes de Saint-Urea! Créateur du Funk Fist, saint-homme de son état, et l'homme qui va vous défoncer le c- »
« Bonny! Arrête, tu sais bien qu'le boss déteste que tu dises des gros mots! »
« Ouais bon, ça va! J'voulais juste que ça sonne classe, moi. »

Les présentations étaient ainsi faites. Ouvrant les yeux qu'il avait gardés hermétiquement fermés depuis qu'il s'était immobilisé dans sa présente posture, l'homme de foi darda son regard sur le Roi des Conquérants, lequel put rapidement voir à qui il avait affaire. Les gens ont tendance à oublier, à travers tous les mensonges, tous les faux-semblants, le regard d'un homme ne pourra jamais être autre chose que le plus pur reflet de son âme. Et ce que le colosse ambré voyait dans les yeux de cet homme à l'affro étincelante, c'était une conviction et la ferveur des fanatiques purs et durs. Et ça, c'était une mauvaise chose. Parce que quand les vrais croyants vous rangent du mauvais côté de leur religion, c'est à ce moment que les choses commencent à réellement mal tourner. Quoiqu'il aurait du s'y attendre en fait. La connaissance générale de Saint-Urea faisait mention des maîtres angéliques de l'île tous les dix mètres. Forcément, y allait y avoir des inquisiteurs hargneux à un moment où un autre. Passant finalement son regard du colosse ambré jusqu'au jeune blond en armure d'or, le révérend laissa s'élever sa voix, profonde et paisible, mais indéniablement sans appel.


''Fierté... et Avarice. Les démons sortent des Enfers, nantis des pouvoirs de destruction pour corrompre la Terre des Hommes. Soit! Que soient purifiés les infidèles...''
« Ha! Dieux, anges et démons. Que ce combat soit celui des hommes de caractère, et non des faux héros tirés des mauvais co- »


Dommage, il tenait une bonne réplique. Le problème, c'est qu'entre deux clignements de l'oeil, le moine fanatique avait tout bonnement...disparu. Où ça? Il pouvait pas être bien loin en fait. Ah tiens. Ah si, le voilà. Mais qu'est-ce qu'y fait, si près en une seconde? Il envoie un coup de poing en pleine figure? Ah bah...quand c'est c'qu'y faut. D'autant plus que...houla, mais oui, ça sonne bien comme le nez qui casse, ça. La vache, c'est qu'il y a de la force dans ce bras, pour défoncer la gueule du Roi des Conquérants en un coup. Après, il était pas au top de sa forme depuis son duel d'il y a quelques minutes, mais quand même, quoi. Ah, pardon? Ah, l'impulsion projète la tête en arrière, et le corps doit suivre parce que c'était un putain de coup de poing bien trop badass? Bon bah, si c'est c'qu'y faut. En avant la musique.

« POUR LA GLOIRE DES CIEUX!!! »

Coupé dans ses paroles en l'espace d'un battement de cil, le Roi des Conquérants n'eut le temps que de voir l'ombre d'une série de jointures avant que ces dernières ne s'écrasent avec violence sur son visage, l'envoyant soudain voler au loin avec une puissance dure à croire. Disparus les repères, tourbillonnant dans les airs sur une cinquantaine de mètres, le colosse alla tout bonnement s'écraser avec fracas dans un bâtiment encore debout dans le coin, défonçant sans pitié le mur jusque là épargné par les évènements récents. Un nuage de fumée, quelques cris de surprise à l'intérieur du bâtiment, et le protagoniste se retourne aussi sec, adoptant une position de combat agressive en fixant sa prochaine cible. Le jeune guerrier à l'armure d'or n'avait qu'à bien se tenir, le créateur du Funk Fist faisait des démonstrations gratuites aujourd'hui. Et la foule qui acclame, et acclame encore.

Quel show business pourri, j'vous jure.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Dim 2 Juin - 22:32

Ne souhaitant aucunement devenir un objet de culte au même titre qu'avait pu l'être le grand chaperon rouge-wannabe un instant plus tôt, Akasha s'employa à mettre de la distance entre lui et son admiratrice pas si secrète. Ce qui dans le cas présent se résumait à une main gantée de fer plaquée sur le visage de cette jeune pucelle en mal de virilité. Rut majeur ou pas, le Roi des Héros n'oublierait pas qu'elle avait jeté son dévolu sur Heinkel avant lui. Et il était hors de question de se contenter des restes. Non pas qu'il en aurait voulu davantage s'il s'était trouvé être son premier choix, mais cela ne justifiait son refus catégorique que d'autant mieux. Mettre le fait qu'elle ne soit qu'une bâtarde et que cette différence creusait entre eux un gouffre sans fond que jamais elle ne pourrait franchir n'avait pas paru l'incommoder plus que ça.

À vrai dire, il doutait même qu'elle ait entendu – et commençait à songer le plus sérieusement du monde qu'elle était peut-être munie d'une sorte de filtre ayant pour effet de l'hermétiser à absolument tout ce qu'elle ne voulait pas entendre. Ce qui devait faire un sacré paquet de trucs, pot de glu comme elle l'était. S'il en était déjà à bout de nerfs au bout d'une poignée de minutes, Akasha n'osait imaginer ce qu'en pensaient ceux qui étaient amenés à la côtoyer tous les jours. Encore que cela expliquerait pourquoi sa blondasse de copine avait une propension si développée à l'hystérie, mais passons. Les bras tendus dans sa direction, elle tentait par tous les moyens de se cramponner à lui mais il refusait de lui céder ne serait-ce que le bras dont la longueur les séparait.

Les yeux voilés par sa paume couverte de métal, elle n'avait aucune idée de la manière dont il se tenait devant elle et ne pouvait donc se fier qu'à son instinct afin de lui mettre le grappin dessus. Une tentative désespérée, car il n'était nullement question de laisser cette dépravée en culotte courte poser ses sales pattes sur lui. Il y avait certaines choses qu'il fallait à tout prix respecter, et s'il n'apprécierait déjà que modérément qu'elle s'agrippe à lui en personne, il tolérerait encore moins qu'elle touche à son armure. Si tel était le cas, que le mal était déjà fait, ce serait la mort qui l'attendrait au bout du chemin. Une seule pièce de cette armure avait plus de valeur que toutes les vies réunies, celle des gamines y compris, il n'allait pas non plus question de laisser qui que ce soit y toucher.

Tu aurais mieux fait de rester à terre. Je ne voudrais pas avoir à recommencer et te déconseille de m'y obliger. Tu as fait le bon choix en renonçant à tes vaines idoles pour te dédier à l'unique culte qui en vaille la peine mais ne pense pas que cela fait de toi quelqu'un d'important. Je n'ai pas encore pardonné ta trahison, agace-moi et tu le regretteras.
Akasha-sama ! ♥ Serrez-moi dans vos bras !
Tu n'apprendras donc jamais, hein ?

Et si cette consigne n'était pas respectée, et bien il n'aurait plus qu'à couper les doigts de tous ceux qui auraient eu l'incorrection d'y laisser une trace. Le simple fait que ses gantelets aient à souffrir sa respiration ne l'enchantait guère mais si cela pouvait lui épargner un mot de plus de sa part, il acceptait de grand coeur ce sacrifice. Même s'il devait avouer que la possibilité de le faire brûler pour mieux s'en procurer un nouveau lui avait effleuré l'esprit. Mais avant qu'on lui ait laissé le temps de songer à l'endroit où il pourrait dénicher un forgeron assez qualifié pour accéder à sa demande, un fléau venu du ciel s'abattit droit sur eux. S'il n'avait pas plus que ça prêté attention à la croix, si ce n'est en la trouvant de mauvais goût, l'arrivée de son détenteur l'interpella sensiblement plus. Notamment parce que son débarquement avait eu pour effet de le débarrasser de l'autre sangsue.

Il lui en était redevable et saurait se montrer généreux pour l'en remercier. Du moins était-ce ce qu'il avait en tête avant que leur petite représentation d'il ne savait quelle comédie musicale lui fasse hausser un sourcil. Qu'était-ce donc encore que ce cirque ? S'il était pleinement conscient que le gorille pourpre qu'il avait affronté en personne un instant plus tôt tenait de la bête de foire, il ne se serait pas douté que cela pouvait être contagieux et ensuite susciter chez les malheureuses victimes une sorte d'esprit de meute. Il n'en resta pas debout à regarder ce triste spectacle, ne sachant s'il devait en rire ou en pleurer. Un éclair de lucidité lui fit toutefois réaliser que pour que les deux harpies aient renoncé à se battre si abruptement, ce devait être qu'elles lui faisaient pleinement confiance pour prendre la relève.

Ce qui, pour quelqu'un dans son état, était plutôt mauvais présage, à bien y penser. Le plus étonnant étant sans doute que le prêtre – à en croire son accoutrement – soit arrivé par la voie des airs, ce que le Tenryūbito pensait être un privilège lui étant réservé. En dehors du fait que cela lui donne la dérangeante impression que ce nouveau venu empiète sur ses plate-bandes, cela l'amena à se demander si cette entrée fracassante n'avait pas été rendue possible par un pouvoir, ne voyant guère par quel autre biais il aurait pu parodier son entrée en scène. Quant à savoir lequel... La profonde incompréhension que causèrent chez lui les étirements du principal intéressé mirent un terme prématuré à ses réflexions. Croisant à nouveau les bras en signe de défiance, l'éclatant monarque suivit jusqu'au bout cette comédie sans broncher.

Être spectateur de cette « pièce » bien préparée sans l'interrompre était le moins qu'il puisse faire après que cet homme l'ait sauvé de l'étouffante proximité de sa subordonnée. Ce n'était pas ce qui l'empêcherait de trouver ce rituel ridicule, mais c'était une autre histoire. S'il lui arrivait de pouvoir apprécier une culture plus exotique, celle dont relevait cette danse l'était un peu trop à son goût. Le léger sourire qui flottait sur ses lèvres en disait long à ce sujet, sans qu'il n'ait pour autant à desserrer les dents. Il profita de ce moment de répit pour rassembler ses épées, s'appliquant tout particulièrement à réhabiliter celles qui n'étaient plus en état de le servir comme il se doit. Heinkel ne les avait pas ménagées, et n'avoir fait aucun effort pour les épargner en affrontant cette gamine effrontée n'avait rien arrangé.

Et peut-on savoir quel est ton nom, Zasshu ? demanda-t-il avec une pointe de raillerie.

Son regard s'attarda sur les lames gisant à ses côtés, non sans une pointe de regrets. Il lui faudrait s'en procurer de nouvelles à la prochaine escale – il aurait aussi bien pu le faire ici mais doutait étrangement que les braves gens de Saint-Urea répondent à ses exigences pour lui donner les moyens d'une fois de plus défigurer leur paysage. Et s'il lui était également possible de les forger lui-même, il doutait fort que le grand bronzé le laisserait disposer des lieux à sa guise assez longtemps que pour y parvenir. Qu'à cela ne tienne, celles qu'il avait encore sous son commandement étaient plus qu'il n'en faut pour empocher cette hypothétique troisième victoire successive. Alors qu'il procédait à cette inspection sommaire, la réponse à sa question lui vint de la mijaurée à laquelle Heinkel s'était frotté, non sans s'étonner au passage que ce dernier lui ait laissé assez de dents pour s'exprimer correctement.

Quand l'on se prétend Roi, il est essentiel de s'assurer que tout soit fait au mieux, sans quoi on perd rapidement tout crédit. Tu as encore beaucoup à apprendre avant de pouvoir te permettre d'usurper mon trône... En excluant le fait que je ne te le céderai jamais, évidemment. conclut-il en un haussement d'épaules.

Si on pouvait même pas compter sur lui pour faire convenablement son boulot de démolition, à quoi pouvait bien servir ce grand dadais ? On n'est certes jamais mieux servi que par soi-même, mais c'était une honte qu'Akasha ait à se salir les mains parce que son allié de fortune était trop incompétent pour remplir ses obligations. Et ce n'allait pas aller en s'arrangeant dans la mesure où ledit camarade venait de traverser la place d'un bout à l'autre après avoir reçu un bourre-pif de compétition. Le Roi Doré éprouva d'ailleurs une certaine satisfaction à suivre son parcours du coin de l'oeil. Faute de n'être pas aussi porté sur la force brute que l'était le géant, il ne serait de toute façon guère apte à reproduire ce genre de ravages même s'il le voulait.

Ce fut alors qu'il réalisa que pour avoir soulevé la masse prodigieuse d'Heinkel de cette manière là où il avait eu tant de mal à le mouvoir, cet individu ne devait pas avoir que du yaourt dans les bras. Au moins aurait-il été utile pour une fois, cela compensait quelque peu l'inefficacité dont il avait fait preuve face à l'autre cruche. Le regard du Dragon Céleste se fit plus acéré tandis que le mastodonte allait s'écraser de tout son poids dans la façade de l'un des rares bâtiments encore en état, façon boulet de démolition rouge vif. Funk Fist, hein ? Ce n'était manifestement pas que du baratin, pour une fois. Même si ce n'était qu'un nom à la con sur des coups de bourrin, ça avait du contenu, au moins. Quel dommage qu'il ne compte pas le prendre en pleine face, hein ?

Nous sommes chacun notre propre démon et nous faisons de ce monde notre enfer. Viens, élu des dieux. Je te montrerai ce que vaut un homme qui les a défiés au lieu de les déifier.
AL-RIGHT, MAN ! ♪

Ayant été aux premières loges lorsque la montagne écarlate avait été transformée en colline, il savait à quoi s'attendre concernant sa vitesse de réaction. Si véloce soit-il, le poing du curé ne rencontra que le vide, le Roi Doré n'ayant pas attendu de le voir lui foncer dessus pour opérer un repli stratégique. Être forcé de reculer était quelque peu dégradant, mais mieux valait cela que de finir dans le même état que celui qui l'avait précédé. Placé plus d'une dizaine de mètres en arrière quand les phalanges de l'homme de couleur auraient dû faire connaissance avec son visage charmeur, il eut tout le loisir de faire pleuvoir sur lui des câbles d'acier qu'il s'était payé le luxe d'emprunter à l'immeuble qu'Heinkel venait d'éventrer.

L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles.

Oui, c'était une chance qu'il s'en soit pris au Roi des Conquérants le premier, car cela laissait les mains libres au Dragon Céleste d'élaborer une tactique à laquelle il ne pourrait résister. Bien que pris dans les fils et malgré le poids de ceux-ci, l'homme d'église ne fut nullement gêné dans ses mouvements et fut capable de le rejoindre une fois de plus pour tenter de le mettre lui aussi hors d'état de nuire. Pris au dépourvu, le déshérité ne trouva rien de mieux à faire que d'y opposer ses épées pour dévier le coup. Si cela avait marché contre l'autre et ses boulets de canon, pourquoi pas contre lui ? Même s'il devait en sacrifier une ou deux au cours de la manoeuvre, ce serait toujours mieux que d'y laisser la vie.

Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent.
Inutile ! s'exclamait-il déjà, sûr de lui. Sans doute un peu trop.
Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires ; tu oins d'huile ma tête, et ma coupe déborde !

Malheureusement, sa défense ne fonctionna pas aussi bien que prévu. Si effectivement les deux fers qu'il s'était empressé de croiser en guise de barrage furent détruits par la puissance de l'impact, cela n'arrêta en aucun cas la main du moine guerrier qui, bien que déviée, réussit à le saisir à l'épaule. Il eut aussitôt le réflexe de se séparer de cette partie de son armure pour tenter de lui échapper mais n'eut pas le temps de reculer. Son genou le cueillit sans plus tarder en travers de l'estomac, avec à la clé une douleur aussi nette que s'il ne portait pas la moindre protection. Plié en deux, le souffle coupé, Akasha ne put rien faire pour accueillir la deuxième – qui, aussi large qu'un tronc d'arbre, lui arriva dans le dos moins d'une demi-seconde plus tard.

Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront tous les jours de ma vie, et j'habiterai dans la maison de l'Éternel jusqu'à la fin de mes jours... AMEN, OUH YEAH !

Cloué au sol, il n'eut même pas la force de s'indigner de la manière dont il venait d'être traité. Et à peine eut-il levé la main pour tenter de se saisir de l'une de ses épées – toutes retombées au sol suite à la violence du choc – afin de contre-attaquer, un coup de pied dans les côtes qui l'envoya voler du même côté que son homologue fauteur de troubles eut tôt fait de lui signifier poliment qu'il n'en était pas question. Qu'il ne soit pas dans les habitudes du jeune noble d'en voir trente-six chandelles n'était pas peu dire, c'était la première fois qu'on lui occasionnait une si sévère correction. Et ce n'était pas pour lui plaire. Pas du tout. À tel point que cela le motiva à mettre sa fierté de côté rien qu'un instant et à s'ouvrir à de nouvelles perspectives qui, bien qu'elles ne soient pas pour le réjouir, avaient le mérite de lui sembler un peu plus viables que de le vaincre en combat singulier.

Relevant péniblement la tête en constatant douloureusement que sa nuque avait aussi souffert de son vol plané, il chercha le Roi des Conquérants à tâtons parmi les décombres, puis le voyant étalé de tout son long à un bon mètre de là, tenta en vain de l'atteindre en tendant le bras... Pour finalement saisir une brique à pleine main et l'envoyer en pleine gueule. Comme s'il allait lui faire l'honneur de le réveiller en personne en se portant jusqu'à lui ! S'il était encore capable de raisonner comme ça, ce devait être qu'il allait « bien » - le mot était un peu fort, compte tenu du mal qu'il avait à respirer, mais on s'en contenterait.

Oh, Zasshu. Je ne te tuerai pas aujourd'hui. J'ai changé d'avis, je veux t'écraser à l'apogée de ta puissance. Aussi, moi, Akasha Skandha, te fais l'immense honneur de t'inviter à te battre à mes côtés pour terrasser cet ennemi.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mer 5 Juin - 0:39

Ouais bah fallait croire que la fête et les échanges amicaux étaient terminés. Encore sonné par le coup de poing digne d'un obus en pleine figure qui avait donné un départ fulgurant à sa carrière d'homme-canon, Heinkel avait préféré ne pas bouger dans l'immédiat, alors que des pièces de mur tombaient encore un peu partout. C'était un signe qui ne prévoyait rien de bon pour leur cas, à lui et à l'autre blond en armure. Car sans déconner, une force de ce genre dans les biceps ne se ferait certainement pas ridiculiser par une bête armure. Fort de sa carrure olympique et de sa force brute le plaçant bien au dessus des hommes normaux depuis longtemps, le colosse ardent n'avait que très rarement eu l'occasion de se frotter à des adversaires en mesure de lui mettre une girolle de ce calibre en pleine figure. Ce type, tout saint-homme qu'il puisse être, n'en demeurait pas moins visiblement capable de tuer aisément la plèbe, et sans doute même de preux combattants. Et à coups de poing, qui plus est. Lui-même utilisait les atouts mis à sa disposition avec le temps, doublant sa force de frappe avec l'artillerie bien placée dans ses poings. Cependant, il pourrait rajouter tout le patatras qu'il voudrait, il était évident qu'il n'était pas de taille à affronter un adversaire de cette trempe. S'il l'affrontait de face, il allait payer cher, et risquer de ne pas se relever la prochaine fois.

...C'est ce qu'il se serait probablement dit s'il avait eu l'habitude de penser d'une façon que d'autres qualifieraient de ''rationnelle''. Malheureusement, au grand désespoir des philosophes, il n'en ferait rien. Le défaitisme était le pire ennemi du combattant, un sournois traitre que les gens de tous les coins du monde laissaient pourtant si facilement s'immiscer dans leurs pensées à la moindre complication. À croire qu'ils se complaisaient dans la médiocrité et le pessimisme. Un ennemi trop fort pour être vaincu, ça n'existe pas. À défaut de le vaincre du premier coup, un adversaire plus valeureux méritera tout bonnement plus d'implication, et un retour dans le futur. C'était un fait que le colosse avait compris depuis longtemps ; la Conquête ne signifie pas vaincre à chaque bataille, pas plus qu'elle ne nécessite de broyer tous ses adversaires du premier coup. Elle se complait dans la route sans fin et les aventures qui ne cessent de se suivre les unes après les autres, pas dans la finalité de la quête. À vrai dire, il était stupide de croire que la Conquête puisse être un but en soit. Quiconque laissera son esprit vagabonder dans cette mentalité ne sera jamais davantage qu'un larbin prétentieux esclave de ses petits désirs. Conquérir le monde ne nécessite en fait pas grand chose. Simplement de la volonté, et de la motivation. Le Roi des Conquérants n'avait besoin de rien de plus.

Or, il se trouvait maintenant au coeur d'une bataille qui allait clairement jouer en sa défaveur. Déjà fort de sa propre expérience contre le style de combat rapide et brutal de l'homme de foi auquel il faisait maintenant face, le titan ambré put voir du coin de l'oeil que son compère d'infortune du moment n'avait pas réellement pu faire bien mieux aux finales. Une belle tentative, mais épuisé comme il devait l'être, la partie n'avait pas commencé de façon à l'avantager. Quelques coups durs, et le blondinet fut prestement envoyé d'un coup de pied bien placé pour décorer avec lui les décombres de l'endroit. Décidément, les choses se présentaient sous un bien mauvais oeil. Il faudrait trouver quelque chose pour y remédier. Fermant les yeux, le colosse tenta de réfléchir à une stratégie. Le pouvoir d'Akasha pourrait certes servir, s'il était bien utilisé. Pas que les armes aient semblé être en mesure de résister à la puissance du type à l'affro, mais à défaut d'un potentiel défensif, le potentiel offensif restait d'actualité. Après, quand à savoir s'il était encore cons-

Et une brique par la tête.

Oh, Zasshu. Je ne te tuerai pas aujourd'hui. J'ai changé d'avis, je veux t'écraser à l'apogée de ta puissance. Aussi, moi, Akasha Skandha, te fais l'immense honneur de t'inviter à te battre à mes côtés pour terrasser cet ennemi.

Ouais bah il semblait en état d'être toujours aussi pompeux, en tout cas. C'était probablement une bonne chose. Peut-être. Éventuellement. Se redressant lentement en position assise, le colosse frotta distraitement sa tempe en laissant échapper un soupir, tournant finalement la tête vers son interlocuteur.

« Demander poliment, c'était sans doute trop espérer, hein? »

Posant ses genoux au sol, le titan se remit finalement debout sur ses jambes, époussetant pour une énième fois en cette même journée les débris et le brin de scie qui couvraient ses épaules. Les vertèbres de son cou craquèrent bruyamment alors qu'il pivotait la tête pour s'assurer que rien n'était déplacé, essuyant le début d'un filet vermeille au coin de ses lèvres avant de finalement croiser les bras. Tournoyant sur lui-même, le dénommé Marvin White s'évertuait à prononcer une série de paroles inintelligibles qui semblaient pourtant ragaillardir la populace tout autour. Forcément, quand les mauvais gars se font défoncer la ratte, les petits joueurs sortent de l'ombre pour acclamer les sauveurs, hein? C'était bien le problème avec les gens trop ancrés dans la normalité : au bout d'un temps, ils finissent toujours par dépendre de leurs sauveurs. Malheur à eux le jour où le sauvetage n'arriverait pas.

L'air concentré, fixant son adversaire aux poings d'acier, le gaillard tourna finalement son attention sur son homologue victime du moment, toujours allongé dans les débris.

« Nous reparlerons des honneurs quand tu auras le choix de les offrir ou non, Akasha Skandha. D'ici là, un ennemi valeureux a choisi de se mettre en travers du chemin du Roi des Conquérants. Il va falloir remédier à ce problème! »

N'attendant même pas la réponse, Heinkel avança de quelques pas, décroisant les bras pour soudainement saisir un morceau de poutre défoncé, le brandissant au dessus de sa tête. Si ce blanc bec en armure souhaitait pouvoir vivre assez longtemps pour répéter à d'autres ses prétentions à la domination du monde, qu'il commence par se mettre d'accord avec son égo pour y mettre un peu du sien dans l'immédiat. Car les mots deviennent impuissants face aux hommes de foi. Ces énergumènes auraient le plus grand philosophe du monde devant eux, tentant de les dissuader de leurs croyances mal fondées, ils n'en démordraient jamais. Le stade où les hommes arrêtaient de chercher des raisons logiques à leurs croyances était une chose dangereuse. Elle créait les tueurs qui croyaient agir avec une cause. Heinkel avait simplifié son propre cas : sa cause était la sienne. Rien de plus, rien de moins. Que les dieux le veuillent ou non, il n'en avait cure. Il irait à la conquête du monde connu, et prendrait part aux joies de cette vie, jusqu'à ses derniers instants.

Et l'instant présent, quand à lui, le voyait projeter une poutre de cent-vingt kilos à pleine force sur son adversaire. Lequel, bien au courant des évènements à venir, interrompit tout bonnement sa fresque de mouvements circulaires pour se tourner vers la menace immédiate. Joignant les mains en un geste de prière, il ferma les yeux, le visage empreint d'une expression indescriptible.

« Si impurs soient les dessins des infidèles, que leurs âmes soient purifiées dans le feu du châtiment divin, et que la béatitude des anges les guide vers le firmament! »

Une détonation s'ensuivit, alors que les mains du prêtre venaient littéralement de prendre feu, des flammes d'un éclat blanchâtre et animé d'une vie propre. Inspirant profondément, ce fut finalement avec un cri puissant qu'il pulvérisa instantanément le projectile à son intention, répandant une fois de plus un nombre impressionnant de copeaux de bois un peu partout. Non-content de ce mouvement impressionnant, son acte fut ponctué par un tourniquet grâcieux, laissant flotter ses amples vêtements dans le vent. Un tour. Deux tours. Trois to...un colosse à deux mètres, sautant dans les airs pour donner un coup de poing. Le révérend s'immobilise, fronçant ses épais sourcils devant l'initiative du démon rougeoyant qui lui fait face, et bombe le torse d'un air de défi.

« Si on parle de châtiment! »
« Mon corps est ta forteresse ; mon esprit est ton bouclier! »

Le coup décolle, et le boulet de canon part en trombe, crachant les flammes au moment de jaillir du poing de son expéditeur. Il parcourt rapidement le chemin... et s'écrase avec fracas sur le torse de sa cible, sans pourtant la faire bouger d'un pouce. Les poings serrés, le regard fier, l'homme de foi laisse le lourd projectile achever sa rotation contre sa tunique malmenée, laissant malgré tout voir sa peau intacte lorsque ce dernier finit par tomber au sol. Le révérend lève les bras au ciel, recueillant les acclamations renouvelées de la foule.

« AMEN!!! »

Heh. Décidément, il en faudrait une sacrée dose pour venir à bout de ce type. Les coups traditionnels n'auraient jamais le résultat espéré, il allait falloir changer rapidement de stratégie. Au moins, c'était un point éclairci. Repoussé à quelques mètres par la force du coup de canon qu'il avait envoyé, le Roi des Conquérants observait son ennemi se tenir avec fierté, portant le trou au centre de sa tunique avec une satisfaction bien évidente. Forcément, se la jouer à rendre ses ennemis impuissants, c'était de quoi se faire des mauvais trips à ne plus faire passer la tête dans la porte. Quoiqu'avec l'affro...

Cependant, il y avait un autre détail qui manquait, en ce moment. Un détail avachi dans les débris, attendant comme un connard que le moment soit opportun pour daigner se relever. Décidément, ce gamin allai devoir apprendre un peu à calculer ses réactions. Parce que dans le cas contraire, il allait bien devoir constater qu'il devient ardu de se faire des entrées classieuses quand on est mort.

« Pour un homme qui se prétend posséder le monde, on dirait presque que tu apprécies de te le faire usurper, Akasha. D'humeur à un dégourdissement, peut-être? »
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Sam 8 Juin - 15:20

La politesse ? Il était sérieux, là ? Cet ingrat devrait déjà s'estimer heureux que le Roi Doré lui accorde quelques jours de répit après ses blasphèmes à répétition. Aussi Akasha préféré-t-il ne pas répondre, sans quoi leur alliance nouvellement formée risquait de voler en éclats. Se lever ne fut pas chose facile car outre les grincements de l'armure indiquant très clairement qu'elle avait souffert de cet assaut frontal, son propre corps souffrait le martyr. Tout semblait indiquer qu'il devait avoir deux ou trois côtes cassées, si ce n'est plus. Une blessure telle qu'il n'en avait jamais connue, puisque nul ne parvenait jamais à le toucher. Et là, deux fois en une journée, le voilà dans un si piteux état. À croire que le colosse lui avait porté malheur en brisant la chaîne de victoires qu'il entretenait depuis qu'il était en âge de tenir une épée.

De là à dire qu'il allait connaître la défaite, lui que l'on prétendait invincible, il n'y avait qu'un pas. Mais le Tenryūbito n'avait pas encore renoncé à se battre. L'éclat mauvais qui dardait de son regard purpurin en témoignait. Son rêve ne s'arrêterait pas ici. Sa vie brillerait de mille feux féeriques : elle serait pour beaucoup la lumière dans les ténèbres. Il avait reçu des cieux le don de galvaniser les foules et n'avait pas encore eu assez l'occasion de s'en servir que pour mourir sans regrets. Comme s'il en était question. Un adversaire de ce calibre ne valait rien en comparaison de ce qu'il aurait à affronter une fois assis sur son trône. Même si son aptitude était quelque peu émoussée, il devait aussi se tenir prêt à se battre à l'épée, et non pas en les jetant au visage de son adversaire.

Lui qui était autrefois si respectueux des armes de qualité n'en avait désormais plus cure et les sacrifiait sans l'ombre d'un remords. En tout cas, ce serait un bon entraînement en vue du moment où son règne serait connu de tous et où ils n'auraient plus d'autre choix que de se plier à ses lois. Heinkel y compris, d'ailleurs ; ce dernier s'en était-il seulement rendu compte au moment d'accepter son offre ? Et si tel n'était point le cas aurait-il agi de même s'il en avait été avisé ? Peut-être n'avait-il tout simplement pas le choix. S'il aurait certes été plus facile de laisser Akasha mourir aux mains de ce prêtre déjanté, il n'en avait pas moins besoin de lui afin de le mettre à terre – ou tout du moins pour opposer plus de résistance que ne l'auraient fait de simples sacs de frappe.

Car pour l'heure, malgré tout leur prestige et tous leurs apparats, c'était ce qu'ils étaient, sans l'ombre d'un doute. Oui, même si le caractère du doux géant était moins fier que le sien, ce n'était pas pour autant qu'il devait apprécier que l'on se mêle de ses combats. Sans doute aurait-il préféré le vaincre seul pour n'avoir pas de compte à rendre, s'il l'avait pu. Seulement voilà. Ils n'avaient pas le choix. Ni l'un ni l'autre. Et c'était cette absence de choix qui ferait que leur nom retentirait jusqu'aux oreilles de la prochaine génération. S'ils avaient tout deux des qualités indéniables quoique radicalement opposées, qu'en serait-il s'ils venaient à s'allier ? C'était précisément ce que le détraqué à l'afro allait expérimenter. Après avoir obtenu ce qu'il pensait être une réponse affirmative, Akasha s'échina à se relever.

Ne prends pas cela pour une offre de paix, « Roi des Conquérants ». Il ne peut y avoir qu'un roi et un seul, et nous devrons tôt ou tard déterminer qui de nous deux est le plus digne de ce titre. Tu en connais l'issue aussi bien que moi, mais l'heure n'est pas encore venue pour ta tête de rouler au sol. Si ce titre creux te donne du coeur à l'ouvrage, soit, je te le concède ; mais je me ferai aussi un plaisir de te l'arracher.

Tirade qu'il conclut d'un charmant sourire, lequel ne fit qu'accentuer le côté malsain qu'avaient ses traits dans de pareils moments. Oui, qu'il se pare d'honneur et s'encense de gloire, ce n'en serait que plus doux lorsqu'il lui ferait savoir qu'il était seul à pouvoir s'élever au-dessus de la masse pour la commander. Qu'il était seul à disposer du titre de roi et à pouvoir l'attribuer. S'il voulait l'être lui aussi, il lui faudrait le mériter. Et pour cela, rester en vie serait nettement plus commode ; autant dire que c'était mal barré, quoi. Mais ils y reviendraient plus tard. Car si peu enclin qu'il soit à l'avouer, il avait besoin de lui pour l'heure s'il voulait pouvoir mettre en péril ce roc infranchissable à la coupe de cheveux resplendissante, bien qu'issue d'un autre âge. Ne demandant qu'à ébranler cette conviction religieuse qui commençait à sérieusement l'agacer, le Tenryūbito sortit de sa léthargie.

Il ne prit pas même le temps de voir si l'assaut d'Heinkel avait porté ses fruits ; il était déjà en mouvement. Aussi ce dernier ne s'adressa-t-il qu'à une armure vide au moment de l'enjoindre à faire front commun comme ils en avaient convenu. S'il l'avait proposé, ce n'était pas pour lui faire faux bond au dernier moment. Même si la perspective de l'utiliser comme chair à canon et de n'intervenir qu'après pour récolter les lauriers aurait pu en tenter plus d'un, il était bien trop fier pour se contenter de ruses d'un tel acabit. Seules étaient restées en place les protections de ses bras et jambes, de telle sorte qu'il puisse encore user de la force magnétique afin de se déplacer. Ainsi devrait-il s'en trouver allégé considérablement. Si en temps normal il était tout à fait capable de faire en sorte que cela ne fasse aucune différence, c'était plus délicat dès lors que ses réserves d'énergie entraient dans le rouge. S'en départir revenait donc à de sérieuses économies en vue d'un assaut final.

L'épée qu'il tenait serrée dans le creux de sa main alla percuter la nuque du prêtre mais ne put la transpercer, y étant même repoussée dans un bruit distinct de choc métallique... Étrange. Il avait minutieusement calculé son cou, et il ne devait y avoir à cet endroit aucun blindage grâce auquel il aurait dû pouvoir s'en sortir. D'ailleurs, il ne portait vraisemblablement rien qui puisse augmenter ses capacités défensives. Ni armure, ni cote de mailles, ni quoi que ce soit d'autre. S'il avait – à tort – supposé qu'il pourrait réussir là où le tir de barrage d'Heinkel avait échoué – que ce soit par manque de puissance de feu ou tout simplement parce qu'il était mauvais – il ne s'attendait aucunement à échouer à son tour. Du moins avait-il désormais la certitude qu'il y avait là quelque chose d'anormal. Un mystère qu'il entendait percer désormais au même titre que la peau du messager de la foi.

À qui crois-tu parler, Zasshu ? J'ai déjà tout prévu. Ne sois pas si familier envers ton roi. Si tu faisais correctement ton travail, je n'aurais pas à me salir les mains. Mais puisque tu sembles vouloir suivre mes pas, observe ce spectacle jusqu'au bout et n'en perds pas une miette. Car si tu aimes les récits épiques, je m'en vais t'en apprendre un que tu n'oublieras pas de sitôt...

Loin de désespérer après avoir constaté son échec, il porta un second coup, cette fois en visant directement le visage. Pourquoi pas de l'éborgner s'il le pouvait. Attaquer en traître n'était pas son registre habituellement mais dans ce cas précis il était prêt à tout mettre en oeuvre si cela pouvait lui permettre de transpercer cet invisible bouclier. Son magnétisme vint s'ajouter à une puissance musculaire déjà non-négligeable, bien que loin de pouvoir rivaliser avec celle de son compagnon d'infortune. Ce fut ensuite au tour de sa seconde main de se poser du côté opposé au tranchant afin de renforcer la force de pénétration de celui-ci, toute sa concentration étant mise à profit pour donner à son pouvoir sa pleine puissance.

Autant qu'il le pouvait avec cette maîtrise encore insuffisante, et plus encore. Voyant qu'il n'arrivait toujours à rien, Akasha céda à la colère et oublia tous ses principes pendant un court instant. Juste assez pour décerner un coup de pied à son épée que sa frustration ne faisait que renforcer. Enfin, enfin, le sang se mit à parler et un mince filet carmin s'écoula sur la joue d'ébène. Tout au plus avait-il réussi à lui infliger une estafilade digne de celles qu'on se fait en se rasant, mais c'était déjà une victoire en soi. Cela apportait la preuve que si on s'en donnait la peine, on pouvait le blesser. Et si on pouvait le blesser, on pouvait aussi le tuer. Avant qu'il n'ait pu exprimer la moindre émotion, qu'elle soit colère surprise ou frustration, le Dragon Céleste lui vola la réplique.

La marche des vertueux est semée d'obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l'œuvre du Malin. Béni soit-il l'homme de bonne volonté qui, au nom de la charité, se fait le berger des faibles qu'il guide dans la vallée d'ombre, de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés.

Un léger sourire flottait sur ses lèvres au moment de réciter ces paroles que le brave homme devait fort bien connaître, puisque provenant du même ouvrage que celles qu'il se fatiguait à psalmodier depuis le début des hostilités. Sur son visage ne subsistait plus la moindre trace de doute ou d'hésitation. Rien d'autre qu'un aplomb exceptionnel que rien n'aurait pu ébranler, les pulsations magnétiques qui émanaient de son corps meurtri dissipant tout doute – si tant est qu'il y en ait encore – sur le fait qu'il lui préparait une surprise de taille. Et celle-ci n'allait pas lui plaire. Les billes d'acier, intactes pour la plupart, fondirent sur lui en escadron serré afin de le marteler sans lui laisser une seule seconde de répit. Ce n'était certes pas grand chose à son échelle, mais il ne fallait pas oublier que son bras gauche était immobilisé et que cela réduisait d'autant ses chances d'établir une défense correcte pour y résister.

Le temps qu'il l'élabore tout portait à croire qu'il serait déjà trop tard. Cette fois, ses intentions étaient claires : il visait ses points vitaux, sans ne serait-ce qu'une once de pitié. S'il pouvait au moins lui crever les yeux, ce serait déjà un grand pas en avant. Et il ne pouvait espérer mieux pour un affrontement où ils n'avançaient qu'à petite foulée, se sachant en terrain miné. Or, pendant que l'homme d'église était aux prises avec ses projectiles, Akasha en profita pour rassembler une tout autre armada. C'était une logique primaire qu'il venait d'appliquer là, mais avait-il vraiment le choix ? Si les armes ne marche pas, il n'y a qu'à en prendre de plus grosses – voilà tout ce qu'il y avait à savoir.

Ainsi, il avait profité de ce que Heinkel faisait appel à l'un de ses coups de poing « explosifs » pour lui soutirer ses réserves, lesquelles gravitaient donc en apesanteur en attendant le moment où on leur dirait de faire ce pourquoi elles avaient été créées. Semer la mort. Heinkel avait du coffre, dans tous les sens du terme : il fallait au moins en être proche cousin pour en partager la vocation à ce point. Et s'il ignorait toujours quel était exactement le pouvoir du fruit qu'il avait avalé, Akasha n'en était pas moins sûr qu'il tombait à point. Ce qu'il avait créé à son aide était un vrai champ de mines. Téméraire serait celui qui oserait s'y aventurer, mais mieux valait pour lui avoir au préalable formulé sa dernière volonté...

Son regard soutint celui de l'homme d'église, aussi noir que pouvait l'être son épiderme. C'est qu'il ne devait pas avoir l'habitude de se faire damer le pion, ce pauvre petit cureton. Au moins saurait-il à présent que mieux valait ne pas importuner Akasha Skandha s'il voulait prêcher encore longtemps. Et d'un simple claquement de doigts, il ordonna que s'abatte sur le peu qu'il restait de cet endroit une pluie de mort et de destruction dont ne les sauverait nul parapluie telle qu'aurait pu l'être cette vaine justice dont ils n'avaient cessé de se vanter. Faire régner l'ordre, hein ? On verrait donc s'il était de taille à assumer cette fonction quand toucherait à sa fin ce duel qui aurait dès lors valeur de preuve incontestable de sa supériorité. Dans un même mouvement, ils commencèrent à prendre de l'élan...

J'abattrai alors le bras d'une terrible colère, d'une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l'Éternel quand sur toi s'abattra la vengeance du Tout-Puissant.

Amen, qu'il disait.
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Mar 9 Juil - 23:00


Heh. La religion.

Le genre de truc, qu'Heinkel n'avait jamais été à même de comprendre. Ce besoin profond des masses de croire en une force divine, omnipotente et immuable qui gère l'univers à la manière d'un échiquier éternel à la taille du monde. Sérieusement, où se trouvait le plaisir et l'intérêt dans le fait de tout le temps se tourner vers une entité invisible qui n'accorde jamais rien de toutes façons? La vieille logique du ''pas besoin de preuves tangibles, la foi se suffit à elle-même'', encore? Conneries. Rien de moins qu'un tas de stupidités pour justifier le besoin de trouillards que les gens ont de déléguer à n'importe qui d'autre qu'eux-mêmes. À croire que le monde était trop con pour assumer ses propres décisions. Quand ça fonctionne, c'est grâce au Divin qui a veillé sur eux. Et quand ça fonctionne pas, c'est le divin qui a prix une pelle et la leur a violemment enfoncée dans le...ouais, bon. Peu importe. Et pis après, pourquoi il perdait du temps à penser à tout ça, hein? Le Roi des Conquérants en a rien à battre des signes divins et des dieux immortels. S'ils existent, il leur casserait les dents comme n'importe qui d'autre. S'ils existent pas, il casserait les dents aux menteurs qui les ont inventés pour se pardonner leurs erreurs. Simple et efficace. Qu'il soit foudroyé sur le champ si ça plaisait pas à quelqu'un!

Baissant les yeux du ciel avec un air satisfait, le colosse rouge reporta finalement son attention sur ce qui se déroulait devant lui. Pas gêné, le gringalet en armure, il venait de lui chourer une quinzaine de boulets dans le temps d'le dire! Il avait bien intérêt à en faire un usage utile, ça coûtait pas des cacahuètes, ces trucs. Il les produisait pas dans un coin de son estomac, les boulets, faut encore faire affaire. Les frais de la Conquête, que voulez-vous. Toujours est-il qu'en ce moment, le jeunot commençait à s'la jouer sur un tout autre niveau, à citer des paroles bibliques dans la gueule d'un homme de foi. C'était même pas avoir du style, ça, c'était juste être un petit enfoiré et s'amuser en l'étant.

« Et les gens me traitent d'égocentrique. Heh. »

Mais ça en fait pas pour autant une raison de rester derrière, pas vrai? Faisant tournoyer son épée, le colosse s'élança alors qu'une pluie de métal et d'explosifs s'abattait durement sur les environs du prêtre. Les explosions commencèrent à retentir...mais pas au moment où le Roi des Conquérants l'aurait cru. Si si, les explosions étaient décalées, ça pouvait sembler bénin à d'autres, mais la seconde de retard de la première explosion voulait forcément vouloir dire quelque chooOOOAAAAH! Le colosse se laissa retomber par derrière en pleine course, se rattrapant de justesse sur les coudes alors qu'un boulet de canon passait en sifflant dans la trajectoire de ce qui aurait du être son visage une seconde plus tôt. Aussitôt de retour sur ses pieds, Heinkel vit les évènements se déroulant devant lui, et laissa échapper un grognement de mécontentement devant le dernier tour déployé par leur adversaire. Impressionné par les boulets? Nullement. Le bougre, fort de sa concentration et sa fluidité digne d'une couleuvre, déviait les projectiles en accompagnant leur trajectoire, la déviant juste assez pour les diriger les uns contre les autres. Pirouettes, pivots et tourniquets, cet homme ne tenait pas en place, tournoyant en renvoyant les sphères métalliques contre celles qui les suivaient. De même, alors qu'il s'élançait comme le voulait la tradition qui faisait de lui un con dangereux, le colosse aperçut au passage l'un des projectiles voler vers le jeunot doré, lequel ne put que déployer assez d'efforts pour se prendre une partie de la détonation à l'abdomen plutôt en pleine trogne. Ça lui apprendrait peut-être à plus faire le con avec les explosifs. Il verrait s'il pouvait être sauvé s'il survivait encore quelques minutes lui-même. Car il y avait une chose dont il ne doutait pas : une telle chorégraphie de la part du révérend devait forcément demander une concentration sans faille. Autant en profiter. Fonçant à travers la fumée et les débris qui retombent, un pas, deux pas, trois pas, et le voilà. Tourbillonnant dans la fumée, la cible apparait, encore en retard sur le fait de ce qui risque de lui tomber dessus. Le colosse bondit, la cible s'immobilise brusquement dans son élan, tournant la tête en apercevant la menace dans le coin de son oeil.

« MAUDIT SOIS-TU, DÉMON FOURBE!!! »
« J'T'EN FOUTRAI DU DÉMON, OUAIS!!! »

Le coup s'abat, le prêtre lève le bras. Merde, il va encore encaisser comme une râclure, ce sale...non? Autant être sincère, Heinkel fut sans aucun doute plus surpris que quoi que ce soit d'autre en sentant la lame s'enfoncer dans la chair de son adversaire, et le sang faire son apparition dans une giclée bourgogne. Minute. Il pouvait être touché! Il pouvait être touché, ce salopiaud, suffisait de le prendre à défaut, comme n'importe qui! Comme quoi une seconde de différence, ça peut faire un boulot fou! En voilà un truc génial! Le truc moins génial, cependant, c'était le tibia que l'homme de foi venait de coller dans son plexus avant même qu'il ait touché le sol lui-même. Fallait croire que ce type aimait les reprises, pour les faire ressortir à ce point. Une fois de plus projeté vers l'arrière, retirant son arme du bras de son adversaire en laissant un filet de sang s'en échapper, le colosse serra les dents pour faire taire la douleur dans son torse. Un instant de lucidité, et l'épée de bronze se planta avec force dans les planches du quai, laissant finalement un sillage de quelques mètres avant que son possesseur ne s'immobilise grâce à cette ancre de fortune. Un genou au sol, haletant, Heinkel serra les dents de plus belle, pour finalement laisser une vilaine toux gagner son chemin jusqu'à ses lèvres. Il y avait du sang. Ce dernier coup avait visé juste. Il respirait avec une légère difficulté. Le combat tournait en leur défaveur d'une façon évidente. Et la blessure au bras que l'homme de foi serrait en lui jetant un regard abyssal ne suffirait sans doute pas à le faire battre en retraite. Il était temps de sonner le repli.

Tournant la tête, le colosse aperçut Akasha, à quelques mètres de lui, encore à moitié assommé par le dernier impact qu'il s'était pris. Le bougre s'en tirait à bon compte. Son regard de feu passant successivement du révérend à son compère de dernière minute, Heinkel afficha progressivement ce sourire de défi qui accompagnait chacun des jours de sa vie. L'esprit de compétition, ça se satisfait de peu. À défaut de pouvoir lui mettre une raclée, ils lui feraient la honte de lui échapper. Et il savait exactement comment il y parviendrait.

Soudainement sur ses jambes, provoquant une position défensive chez son ennemi prêt à encaisser une prochaine attaque, le colosse souleva les cris de surprise en fonçant tout bonnement sur le jeune homme à moitié conscient, l'envoyant sur son épaule gauche à la manière du plus basique des sacs de farine, pour ensuite commencer à s'éloigner. De toutes les choses qui auraient pu arriver, ce fut - bien évidemment - celle qui aurait eu le plus de chances de provoquer la furie de Marvin White. Un ennemi osait lui tourner le dos!? LUI tourner le dos!? On ne tourne pas le dos aux fidèles du Tout-Puissant. ÇA NE SE FAIT PAS!

« Et ainsi coururent les démons de la fin du monde, craignant la lame du Juste et du Divin. Mais le Divin vous voit, écartant les Ténèbres par sa lumière infaillible! »

Faut dire, pour un homme en robe, il court vachement vite, le gus.

La poursuite ne dura pas bien longtemps. Autant à cause des foulées de taré que le prêtre trouvait le moyen de faire, que parce que Heinkel n'avait pas mis longtemps à retrouver une embarcation à la hauteur de ses attentes du moment. Un esquif rapide, mobile, et dur à descendre. Une voile ou deux rames, au choix. Une cabine pour abriter trois personnes en temps normal. Ça ferait l'affaire. Il avait lâché le blondinet dans l'embarcation, n'ayant fait que peu de cas de toutes les conneries indignées qu'il avait débitées pendant qu'il courait. C'pas comme s'il avait eu le temps d'en avoir eu quelque chose à foutre, quoi. Mais peu importe. Finalement, le prêtre les retrouva, Heinkel un pied sur la figure de proue, Akasha appuyé contre la porte de la cabine en reprenant ses esprits de façon plus permanente. Une petite scène de film classique, les deux types qui se toisent durement, comme s'ils essayaient de déterminer qui a la plus grosse simplement en se regardant avec de gros yeux. N'empêche, ça avait quelque chose de poétique. La volonté d'un seul homme convaincu face à la croyance du Divin. Que pouvait faire un seul homme face à un culte si profond, une ferveur si bien ancrée?

Simple. Il suffit de prouver qu'on a raison.

« Le dos au mur, les serviteurs du mal font fa- »
« La ferme, à la fin. Si le Divin me déteste tant, il n'a qu'à me casser en deux. »
« Vanité et Prétention! »
« Ouais, je l'ai entendu auparavant, celle-là. »
« L'Épée du Châtiment Divin s'abattra sur vos âmes! »
« Ça aussi, à peu d'choses près. »
« Noyés dans la lumière Céleste... »
« Bon, on peut causer autrement que comme des fendus de la poire? »
« Vous serez purifiés au nom du Seigneur! »
« Et pis merde, quoi! »

Brandissant le bras, la détonation classique jaillit des phalanges du colosse, laissant s'échapper une sphère métallique luisante hors du nuage de flammes et de fumée constituant son origine. D'un mouvement gracieux, le prêtre esquive le projectile, tournoyant un tour complet avant de s'immobiliser en position de combat...juste pour être projeté la gueule au sol. Sérieusement. Comme s'il avait voulu chopper ce débile de fanatique depuis le temps que ça fonctionnait pas. Non, le baril de poudre noire, quelques mètres derrière, il avait été bien plus intéressant. Et plus productif aussi. Parce que le révérend qui se relève prestement avec un air de furie grandissant au visage, ça aide à justifier la suite. Poussant du pied sur le pont entretemps pour lentement lancer l'embarcation sur les flots, le colosse appuie les avants bras sur la figure de proue, l'air paisible. De son côté, l'homme à l'affro venait de... faire prendre ses poings en feu? La vache, il avait encore un truc ou deux dans son sac, celui-là.

« Périront par les flammes les démons impies, les serviteurs du Chaos, LES DESTRUCTEURS DU- »
« EH! »
« SILENCE, CRÉATURE INF- »
« Si tu veux trouver des noms à c'point... » le colosse leva le bras droit, pointant du doigt un point derrière l'homme de foi. « trouve un nom pour ça! »

Un craquement sonore retentit, alors que Marvin White tournait lentement la tête. Un baril de poudre qui explose, ça fait quoi? Ça détruit. Bâtiments, murs, bois et pierre... navires. Craquant de plus belle, le navire blanc et bleu aux couleurs de la Marine commença à pencher vers l'avant, sa coque ayant été emportée à l'avant en créant un trou béant de deux mètres qui engloutissait l'eau à grande vitesse. Et sur quoi il tombait? Bah oui, sur le quai! Même que le prêtre, il aurait droit à la figure de proue en bois massif rien que pour lui! Laissant jaillir sa rage en un hurlement retentissant, le révérend Marvin White disparut finalement parmi les débris du quai, alors qu'un navire entier s'affalait sur une son port d'attache en emportant les planches avec lui jusqu'au fond de l'eau. Prenant quelques secondes pour se redresser, le Roi des Conquérants se tapa dans les mains, reniflant un coup en appuyant finalement les paumes sur ses hanches en observant le fracas sur le quai.

« Décidément, je m'habituerai jamais à la religion. »
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Dim 14 Juil - 17:20

Il fallait l'avouer, il s'était fait avoir. Il aurait difficilement pu prévoir que son adversaire saurait survivre à une pluie de boulets de canon. Mais c'était omettre que l'on peut trouver par-delà les mers des mystères qui dépassent la compréhension humaine. La force de certains était de cet ordre, et le révérend en faisait assurément partie. Akasha ne se doutait pas encore que ce n'était qu'un amuse-gueule en comparaison des monstres que l'on pouvait rencontrer une fois sur Grand Line ou, pire encore, dans le nouveau monde. Il n'avait guère eu le temps pour s'en faire la réflexion, à vrai dire, puisque cette pensée lui avait traversé l'esprit en même temps que la stupéfaction s'emparait de lui – et avec elles, la détonation du boulet que l'on venait de lui renvoyer. Tout juste avait-il eu la possibilité de s'écarter de sa trajectoire, mais cela n'avait suffi qu'à le faire exploser en travers de son torse et non en pleine tête – ce qui lui aurait valu une mort presque certaine. Le sang n'avait pas coulé, mais son corps – bien que lesté par son armure d'or – voltigea dans les airs comme une vulgaire poupée de chiffon tandis qu'un feu de tous les diables lui ravageait le torse.

Du moins lui en donnait l'impression, puisque hormis une vaste trace de suie et une odeur persistante de poudre à canon, il n'avait rien. En revanche, la chaleur dégagée par l'explosion était des plus accablantes et la puissance du choc n'en restait pas moins remarquable. On pouvait trouver bien des défauts à Heinkel, c'était certain, mais s'il y avait bien une chose qu'il ne se serait pas permis de lui reprocher, c'était la sélection de ses marchandises. Parce que pour le mettre dans un tel état sans même avoir réussi à percer son blindage, c'est que ses obus, c'était pas de la camelote. Le Roi Doré n'était cependant plus en état de faire lui-même ce constat, projeté en arrière à plusieurs mètres de là par la violence de cette déflagration. Ce serait mentir que de dire qu'il s'en était sorti indemne car nul doute que la douleur perdurerait un certain temps, mais la surprise lui avait causé plus de tort que cette explosion en elle-même.

Effondré dans les décombres pour la deuxième fois de la journée, le Roi des Héros peina à se redresser. Sa vision était troublée, floue, et faire la mise au point se révéla plus difficile qu'il ne l'aurait cru. Chaque son résonnait si fort dans sa tête qu'il aurait pu croire avoir abusé des divins nectars qui composaient sa cave à vin la veille. Mais non, ceci ne correspondait en rien à une bouffée délirante qu'il aurait pu avoir sous l'emprise de l'alcool – et puis, comme si ça pouvait lui arriver à LUI d'être ivre, hein ? Un grondement de mécontentement lui échappa au moment où il s'efforça de rassembler ses forces pour retrouver une position un peu plus digne, une fois de plus. S'il n'avait pas perdu son temps à batailler avec l'autre bas de plafond, il lui serait resté plus d'énergie pour triompher de l'homme de foi. Peut-être même n'en aurait-il fait qu'une bouchée.

Partant de ce principe, tout était de sa faute, et il prit donc tout le loisir de le laisser subir la même déconvenue que lui, n'étant de toute façon pas encore tout à fait en état d'intervenir pour lui sauver la mise d'une quelconque manière. La cohue du champ de bataille lui parvenait comme à travers un filtre, abstrait et lointain à la fois. C'était comme si ces chocs, ces cris appartenaient à une autre réalité qu'il aurait voilà longtemps délaissée pour s'élever plus haut, là où était sa place. Cette vision des choses ne fut pas sans lui procurer une certaine allégresse... Hélas vite gâchée quand le pachyderme qui lui servait de compagnon d'infortune le saisit par la taille pour le soulever de terre, faisant voler en éclats les illusions dont il était en train de se bercer avec un brio certain. À peine avait-il fait mine de se relever qu'on l'arrachait une fois de plus à la terre ferme ? Il ne saurait le permettre !

Toi... Comment oses-tu ? Je n'ai pas souvenir de t'avoir autorisé à poser ne serait-ce qu'un doigt sur ma personne ! Relâche-moi immédiatement, ou je te jure que je -

Une tuile se détachant d'un toit avoisinant des suites d'une balle perdue pour mieux lui tomber en pleine gueule coupa court à cette vindicative réplique. Les bras qui essayaient d'ores et déjà de le libérer de la poigne d'ours de son ravisseur retombèrent mollement alors qu'il poursuivait sa course vers une liberté compromise. Maudissant la terre entière en son for pour s'acharner sur lui ce jour – LUI ! Un ROI ! - il retomba dans l'inconscience l'espace de quelques instants, laissant bien malgré lui à son acolyte de misère le soin de mener à bien cette évasion – ce que sa fierté lui aurait bien sûr interdit de faire si on lui avait laissé le choix. Malheureusement, ce ne serait pas pour cette fois. Ballotté comme un vulgaire poids mort, réduit à l'état de vulgaire sac à farine ou autres tubercules pour l'occasion, il ne recouvra un semblant de lucidité qu'une fois jeté à bord d'une embarcation. Ce n'est qu'une fois qu'il entreprit de se passer la main sur le front pour en chasser les derniers débris d'ardoises – ce qui le força à au moins se camper sur ses genoux – qu'il put le sentir tanguer sous lui. La grimace de douleur et de colère qui lui avait déformé les traits l'espace d'un instant se volatilisa pour céder sa place à une incrédulité comme il n'en avait connu que rarement. Qu'est-ce que ce gougnafier était en train de faire ? Il n'allait tout de même pas l'obliger à prendre la fuite ?

Accoté à la porte de la cabine – ou de ce qui semblait l'être, en tout cas – Akasha se redressa de toute sa hauteur sans trop se hâter pour contrecarrer le vertige naissant qui l'envahissait. Ce ne fut toutefois que pour mieux être témoin d'une nouvelle effusion de ravages et de destructions dont le vacarme lui vrilla tant les tempes que les tympans et le contraignit à serrer les dents et à porter une main à son front – ce qui eut le bon goût de dispenser son camarade de fortune de ses plaintes – voire, pourquoi pas, du couteau dans le dos qu'il lui aurait volontiers planté pour s'être permis de l'emmener à l'insu de son plein gré. Lorsqu'il se sentit assez en confiance pour rouvrir un oeil malgré le haut le coeur que lui avait inspiré cette profusion lumineuse n'ayant pour lui fait que souligner une fatigue déjà proéminente, il put donc assister à la destruction de la majeure partie de ce qui avait été une embarcadère en un temps pas si lointain.

Tu manques cruellement de classe, Zasshu, mais j'imagine que je ne pouvais pas m'attendre à mieux de ta part. C'est une chance que notre combat ait été interrompu, je crois bien que je me serais écroulé de rire si tu avais eu recours à de tels expédients contre moi.

S'il ne put réprimer une moue hautaine à voir avec quelle disgrâce son compagnon avait mis un point final à ce combat contre ce soi-disant émissaire du divin, il n'en fut pas moins heureux de voir celui-ci disparaître dans ce tumulte d'eau écumante et de bois rompu. Une bonne chose de faite, même si le style n'était pas vraiment au rendez-vous. Il se rapprocha du bastingage pour mieux discerner les flots bouillonnants au fond desquels venait de disparaître – pourquoi pas définitivement, on a bien le droit de rêver, non ? – le prêtre le plus funky que l'église ait connu. Ne se rendant pas même compte de l'aspect absurde de cette scène où les deux hommes mesuraient l'étendue des dégâts qu'ils avaient causé à ce bon vieux royaume de Saint Urea, il croisa les bras pour contempler leur oeuvre avec un rien de fierté. Il n'aimait pas que l'on endommage son royaume – ce qui arrive très rapidement quand l'on considère que le monde dans sa totalité en fait partie – mais n'était pour une fois pas mécontent du résultat.

Mais ne crois pas que j'aie oublié ce que tu viens de me faire et ce que tu me dois... Puisque par ta faute je ne peux demeurer plus longtemps dans cet endroit, je condescends à réduire ta punition au simple fait de me mener à ma prochaine destination. Considère-toi comme chanceux, cela me force à t'épargner pour le moment et t'offre le luxe d'être à mon service. C'est une occasion qui n'arrive qu'une fois dans une vie, tu sais ? Sers-moi loyalement et je consentirai peut-être à alléger ta peine. Au fait, je me réveille à huit heures et prends mon thé avec trois sucres et une rondelle de citron.

Le port altier, Akasha fit demi-tour sans attendre de réponse. C'était bien parce qu'il n'avait personne d'autre sous la main qu'il accordait à ce malpropre le droit de lui servir de chauffeur. Si l'on considérait le peu qu'il restait de ce qui était censé être leur lieu de villégiature commun il y avait en effet de quoi émettre quelques doutes sur ses capacités à se rendre utile sans que cela n'engendre des conséquences désastreuses du même acabit. Car bien sûr le mastodonte tout de rouge vêtu était seul en faute, comment pourrait-il en être autrement ? Et s'il semblait s'être parfaitement remis, le Tenryūbito se contentait en fait de ne pas ménager sa peine pour garder fière allure même si la vigueur lui faisait sérieusement défaut. C'était la première fois qu'il repoussait à ce point les limites de son pouvoir et le moins qu'on puisse dire était que cela s'avérait plus éprouvant qu'il n'aurait pu le penser. C'est donc sans surprise qu'à peine la port refermée derrière lui sans que rien ne laisse présager d'une défaillance de sa part, on entendit le bruit caractéristique d'un corps qui s'étale sur le sol de tout son long.

Bah, il avait bien mérité une petite sieste, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha] Lun 15 Juil - 1:46



Ça a beau être les mots d'un psychopathe pour certains, mais...la vache, c'est sacrément beau parfois, quand tout s'écroule. Le genre de truc à la poésie sur la destruction, l'inévitable et la mort, blablabla. Comme quoi tout se construit, les empires s'élèvent, mais uniquement pour retomber un jour où l'autre. L'air paisible imprimé sur le visage, Heinkel regardait les dernières parties du quai qu'ils avaient quitté tomber en morceaux avec le reste du navire dont on ne voyait plus que la cabine arrière au dessus du niveau de l'eau. La Conquête. Heh. Un but bien futile pour certains. Pourquoi vouloir contrôler le monde? Question stupide à laquelle il se contentait de répondre : et pourquoi pas? Le monde entier a de tout temps été en attente de ceux qui pourraient s'approprier ses richesses, gouverner ses étendues, conquérir ses rivages. Les quatre Blues, Grand Line, le Nouveau Monde. Tant de choses à explorer, à prendre et à apprécier. C'était la logique inchangée du Roi des Conquérants, et c'était bien ce que peu de gens comprenaient. La Conquête. Pas l'achèvement. Faire quelque chose en espérant atteindre la ligne d'arrivée, ça n'amène jamais que de faux espoirs. Lui-même n'avait cure de savoir s'il réussirait à conquérir le monde. Peut-être mourrait-il la semaine suivante face à un autre adversaire trop puissant pour lui. Peut-être réussirait-il à inscrire son nom dans l'histoire à tout jamais, peut-être pas. Peu importe. Il garderait le cap, peu importe le doute, peu importe ce que le Destin mettrait sur son chemin. Car après tout, bien plus que la destination, c'est le chemin qui apporte les plus belles mémoires.

Et Heinkel s'en ferait, des mémoires. Oh oui, il s'en ferait des tonnes.

Interrompu dans le fil de ses pensées par la voix peu assurée d'Akasha malgré le ton hautain qu'il se voulait posséder, le colosse se retourna à moitié pour écouter les paroles de l'orgueilleux jeune homme. Ses épaules se secouèrent à quelques reprises alors qu'il laissa échapper un rire sincère. Laissant de nouveau son regard se perdre sur le décor achevant de retomber, il laissa le jeune paon faire son chemin vers la cabine.

« Tant de fierté, et tant d'ambition. Décidément, j'aime ton style, Akasha Skandha. »

La porte se referma derrière le concerné, laissant flotter les paroles du colosse dans un silence à peine interrompu par le bruit des vagues et le crépitement du port devant eux, l'espace d'une seconde. Puis, sans crier gare, un bruit de chute. Le titan rouge eut un nouveau rire bref, secouant la tête alors qu'il se redressait en abandonnant le bastingage. Cet écervelé choisirait probablement de se couper les deux jambes plutôt que d'admettre qu'il n'avait plus la force de marcher. En voilà, une force de volonté digne de ce nom. Quand on arrive à maintenir le corps debout à la seule force de l'orgueil, ça en dit long sur la chose. Mais l'orgueil, malheureusement, ne fait pas toujours tout.

Ouvrant la porte avec lenteur, Heinkel jeta un coup d'oeil dans la cabine, avisant tout de suite le Tenryuubito étendu sur le sol, visiblement enfoncé dans les profondeurs sombres de sa conscience. Sans un mot, il se pencha et empoigna le col du jeune homme, le soulevant juste assez pour le prendre entre ses bras. Quelques pas, et il déposa le fier gringalet sur l'un des deux lits de la cabine, l'abandonnant à son coma temporaire en retraçant ses pas jusqu'à la porte. La main sur le cadre, il s'arrêta, un sourire au coin des lèvres. Ses yeux se portèrent une nouvelle fois sur Akasha.

« Voilà, c'est décidé : je te prends dans mon équipage. »

~¤'°'0’°'¤~

Sur les lieux des quais effondrés, le vacarme subsistait malgré tout. Pourtant, plus rien ne pouvait s'effondrer davantage ; ce serait sans aucun doute une série de coûteuses réparations qui allaient pointer le bout de leur nez. Non, au milieu des planches, poutres et autres débris, les morceaux volaient dans tous les sens, projetés de ci de là, manquant d'éborgner quelqu'un à tout instant. Couverte de suie, de brin de scie et trempée jusqu'aux genoux, Bonny semblait ne connaitre aucune fin à l'énergie qu'elle mettait pour dégager le point où elle se trouvait. Haletante, le front trempé, elle écartait malgré tout morceau sur morceau, l'air déterminée. Assise un peu plus haut, au sec, Sally serrait ses genoux contre sa poitrine, observant le travail de son amie avec un mélange d'appréhension et d'espoir. Fallait dire que c'était parier sur un gros coup de chance.

« Bordel, bordel, bordel! Y doit bien être là-dessous, quelque part! »
« Bonny, tu sais qu'il y a peu de chances qu'il- »
« Tais-toi, j'veux pas le savoir! »
« Va bien falloir que tu l'envisages à un moment ou un autre, pourtant! »
« PLUTÔT CREVER! »
« Roh, mais quelle tête de mûle! C'était un galion, Bonny! Un PUTAIN de galion! »
« Rien à battre! Marvin-sama, c'est l'plus fort quand même! »
« GALION! »
« M'EN FOUS! »

Déblayant de plus belle sur ces entrefaites, Bonny démontra rapidement une efficacité dangereuse, au point où Sally dut éviter deux ou trois planches qui lui auraient bien refait le portrait. Sans doute le hasard. Ouais. Le hasard.

« ...Eh, j'crois que...ouais! Putain, j'crois que j'ai entendu quelque chose! »

Sitôt dit, sitôt elle creusait de plus belle, Sally ne pouvant cette fois pas s'empêcher de se relever en dansant frénétiquement sur ses deux pieds en l'observant faire. Puis, un coup sourd. Les deux jeunes filles se figèrent, aux aguets. Sursautent en entendant un deuxième coup. Troisième...et un amas de planches décolle en orbite des suites de l'explosion provoquée par un poing déterminé, jaillissant des débris. Extirpant difficilement sa carcasse malmenée des copeaux avec l'aide de ses deux subordonnées, le révérend White se laisse finalement tomber sur le dos, respirant de grandes goulées d'air avec avidité. Il avait du s'y mettre pour se sortir de ce pétrin. Une épaule disloquée, un genou foulé. Pas utile pour s'extirper des ruines d'un navire qui vous a échoué sur la tête.

« Marvin-sama! Merde, on a eu une de ces putains de trouilles! »
« Marvin-sama! Vous allez bien!? Vous saignez! Faut vous emmener à l'infirmerie! Faut des calmants et des anti-douleurs! Ça va aller! Respirez, ça va aller! Ça va- »
« Sally. »

Le silence. Plaquant même ses propres mains sur sa bouche pour éviter de laisser passer le moindre son de plus, la concernée fixa son mentor avec soulagement malgré tout. Blessé, mais toujours là. C'était l'important. Pour sa part, étouffant sa douleur en serrant les dents, l'homme de foi se redressa en position assise, fixant l'horizon. Inutile de chercher ce qu'il regardait. On pouvait encore apercevoir l'embarcation des deux salauds qui avaient pris la fuite, si on plissait assez les yeux.

« Les infidèles se sont échappé. Ma mission ici aujourd'hui est un échec. »
« À votre défense, vous avez quand même pris un galion sur la gueule, aussi. »
« Celà n'excuse en rien mon échec. J'ai failli aux Seigneurs Célestes. »
« Mais non, faut pas dire ça, Marvin-sama! Vous avez défendu la cause vaillamment contre des tricheurs et des mauvais joueurs.  »
« Et pis dans les faits, les infidèles, ils ont foutu l'camp tellement ils avaient la trouille de vous, Marvin-sama! C'est grâce à vous qu'ils sont partis! Imaginez la casse qu'ils auraient fait si vous aviez pas intervenu! »
« ... »
« Allez, venez. On vous ramène au temple. »
« Ouais, on va vous remettre dans un état présentable. »

Prenant chacune un flanc de leur mentor, les deux jeunes filles l'aidèrent à se relever lentement, pour ensuite lui permettre de clopiner à peu près convenablement pour effectuer le chemin du retour. Ou jusqu'à ce qu'ils croisent une brigade médicale. Dans tous les cas, ça vous fait une sacré journée en peu de temps, quand même. Dur à croire que certaines personnes peuvent réellement causer tant de destruction aussi rapidement. Si c'est pas dangereux, ça.

Et pour ce qui est de la fin préméditée du combat opposant le révérend et les deux impies, ce n'était que partie remise. De ça, il était certain. Un jour ou l'autre, leurs chemins se croiseraient à nouveau, et cette fois, la Justice trouverait son chemin jusqu'à leurs âmes. Que les Seigneurs Célestes lui en soient témoins, il finirait le travail pour la gloire de leur nom.

Amen.
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Clash of Kings - The Legend Begins. [PV Akasha]

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