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Like a Bloody storm

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MessageSujet: Like a Bloody storm Lun 27 Mai - 20:39

    Et encore une nouvelle journée qui commençait dans la vie de notre badass. Après une escapade sur South Blue ces derniers temps, il venait de se rendre sur East Blue, sans trop de soucis ma foi puisqu'il commençait à se faire un certain nom et que les gigantesques navires de transport, capables de supporter les courants de Reverse Mountain pour permettre le changement de Blue, se battaient presque pour l'accueillir. Lors du trajet, il n'avait pas perdu son temps, puisqu'il avait eu l'occasion de culbuter de charmantes demoiselles. Son Onde avait été mise à contribution pour tenir la cadence, mais chacune des minettes voulant goûter au cru de Wa no kuni avait eu droit à sa part. Et après ce voyage ma foi plutôt agréable, débarquer sur une île plutôt terne ne l'enchanta pas. En effet, la couleur était annoncée dès le port: pas un chat dehors. Même les dockers ne s'attardaient pas, sauf quand ils n'étaient pas des natifs de l'île. Le climat aussi était grisâtre, et dès qu'il posa le pied sur le sol pavé du port, notre beau gosse sentit qu'il n'aimerait pas cet endroit. D'autant qu'il avait la désagréable sensation d'être observé, et tous ses sens étaient en alerte, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps: instinctivement, sa main droite vint se lover sur le manche de Nobunaga. Il commença à marcher d'un pas tranquille, examinant tout de même les environs: après tout, il allait devoir faire son beurre les prochains jours, donc autant qu'il connaisse l'endroit. Il zieuta les affiches Wanted sur un panneau d'affichage: pas de criminels en particulier, que les grands pirates classiques: les Ryuuk Sawayoshi, les Edward Rosenkreuz, bref, de gros poissons pas encore à son niveau... Mais patience mes mignons, bientôt vos jolis petites nuques finiront tranchées par la lame de Takezo.

    Bref, pour bien commencer son séjour, notre héros se décida à aller dans un bar. Mais pas n'importe lequel, non! Un bar de haut standing, un bar de grande classe! Il avait encore des sous de côté vu qu'il avait un peu nettoyé South Blue, alors autant qu'il se fasse plaisir: un alcool de qualité lui réchaufferait le cœur, parce que s'il comptait sur cette île pour ça, il était pas rendu. Et puis, p'têtre que derrière ces façades ternes et cloîtrées se cachaient des donzelles chaudes comme la braise, qui voudraient elle aussi goûter à l'Onde. Oh yeah! Bref, il commença à parcourir la rue, mais en plus de sa maladresse, il possédait un sens de l'orientation plus que déplorable: s'il avait été un hamster, il se serait perdu dans sa cage. Et donc, après une demie-heure, il n'avait toujours pas trouvé de bar de haut standing alors il se contenta d'un bar miteux, dans un quartier retranché de la ville... Et l'ambiance à l'intérieur était à mille lieux de ses fantasmes: il y avait là pas mal de types en cercle autour d'une table, occupé visiblement à deviser entre eux. Ils jetèrent tous un regard mauvais à notre héros, un truc du genre "You came to the wrong neighborhood, motherfucker", et certains d'entre eux posèrent même une main sur des sabres ou des pistolets. L'un des types, un grand chauve au visage couvert de cicatrices, se leva, surplombant notre samouraï de deux bonnes têtes, et il prit la parole d'une voix rauque, lui demandant s'il connaissait le mot de passe. Un mot de passe? Sérieusement? Mais bon, ces gens là étaient beaucoup, et vu comme certains avaient la main qui tremblait, ils avaient sûrement la gâchette facile. Takezo soupira, et expliqua qu'il venait de débarquer sur l'île.

    Alors, le grand chauve s'approcha de lui, saisit son menton avec sa grosse paluche, et approcha son affreuse trogne du front de notre beau gosse, avant de commencer à le scruter. Un putain de fétichiste? Hé, le badass n'avait pas signé pour ça! Mais non, l'autre s'éloigna après un moment, et se tourna vers l'assemblée, affirmant qu'il n'avait pas le germe et qu'il semblait clean. Les personnes attablées levèrent leur verre, et se détendirent un peu. Notre héros, lui, était complètement largué, et voulait juste boire un bon whisky pour oublier toutes ces histoires. Mais le balafré ne semblait pas prêt à le lâcher, puisqu'il semblait s'intéresser aux sabres et au lot de cicatrices de notre guerrier. Après un moment passé à le jauger, tandis que le natif de Wa no kuni restait là à poireauter, le grand type demanda s'il n'avait pas froid aux yeux et souhaitait se faire un peu de thunes, non, beaucoup de thunes. Musashi sourit, et précisa que le gars parlait avec des termes qui l'intéressait. Avec une tape sur l'épaule, le grand chauve le fit s'asseoir à la table, entre un petit bonhomme avec des cheveux hérissés sur la tête et un grand type avec une casquette et un uniforme bleu sombre. Puis, le balafré prit la parole d'un ton docte:


    - J't'explique le truc: t'as dû remarquer que l'île est déserte, et qu'les gens s'enferment tous chez eux. C'est parce qu'on a un problème: il y a quelques mois, un type a débarqué. Plutôt grand, assez costaud, toujours vêtu de jaune ou d'orange, avec des cheveux blonds comme l'or et un regard... Putain qu'il est mauvais ce regard. On a l'impression qu'il vous transperce. Ce type-là, donc, s'est proclamé chef du village. Tu penses bien qu'on lui a rit au nez, et c'est à ce moment que l'un d'entre nous, d'un coup, est mort. Silence dans la foule, tandis que le blond continuait de nous regarder avec son air impérieux. Et puis il y a eu d'autres morts les jours suivants. Ça pouvait arriver à n'importe qui, comme ça, d'un coup, dans la rue ou à la maison. Après une semaine, et une quinzaine de morts, le blond est revenu nous voir, et a expliqué que c'est lui qui tuait ces gens, avec un truc qu'il a appelé un "Stand". Et qu'si on lui refilait pas un impôt particulier, et qu'on le proclamait pas Chef, il continuerait. Alors, tous ces couards ont obtempéré, bien sûr, mais certains rongent leur frein depuis ce jour, et veulent descendre ce bâtard. On a perdu des frères, bien sûr, mais aujourd'hui va avoir lieu la bataille décisive, et honnêtement, on a besoin de gens puissants pour nous aider. T'en es? Comme j'te disais, la paye sera conséquente.
    - Ca pourrait m'intéresser. Dis m'en plus sur ce gars et cette histoire de germe.
    - Tiens mon frère, regarde ça, et là-dessus le balafré avança une photo représentant un blondinet avec des canines effilées, des traits fins mais plutôt séduisants, étrangement (no homo, je vous jure), et des yeux effrayants, rappelant ceux d'une bête sauvage. Musashi adorait les types avec des regards de ce genre: à coup sûr, ils étaient balèzes! , c'est le visage de notre tortionnaire. On ne connait qu'un nom, DIO, et va savoir si c'est le vrai. Il est très orgueilleux, et prétend que cette île est la première étape avant son plan de domination du monde entier, avec la mainmise sur toutes les richesses, bien entendu. Cependant, sa force est réelle! Quand au germe, c'est une espèce de plante animal bizarre qu'il injecte dans le front de ses victimes, presque indétectable et impossible à retirer sans détruire le cerveau, mais en tous cas les porteurs sont soumis totalement à DIO... Alors, mon frère?

    Takezo saisit la choppe de bière qu'on lui avait offert, but une gorgée, puis une seconde, et la reposa. Essuyant la mousse dans sa barbe, et resserrant l'élastique qui tenait ses cheveux en arrière, il dégaina son wakizashi, et l'enfonça entre les deux yeux de DIO, avant de répondre qu'il en était, hell yeah! Le chauve lui offrit une nouvelle tape sur l'épaule, tandis que le sang du samouraï bouillonnait: il avait hâte de croiser le fer avec ce fameux possesseur de "Stand"....
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MessageSujet: Re: Like a Bloody storm Mar 4 Juin - 2:15

East Blue. Une première étape qui manquait cruellement de panache dans sa quête pour faire savoir au monde entier qu'il n'avait besoin que d'un roi et que l'heure était venue pour eux de lui jurer allégeance. Néanmoins, il fallait bien en passer par là : c'était la première destination à sa portée après avoir traversé Reverse Mountain en sens inverse. Grand Line n'avait plus rien à lui offrir pour l'heure, et contrairement aux abrutis qui s'extasiaient de leur propre puissance, il se savait encore imparfait mais travaillait activer à combler ses lacunes. Le pouvoir conféré par son fruit s'était grandement acquis depuis qu'il en avait pris possession mais était encore très loin de son paroxysme. Il le porterait au pinacle. Il n'y avait qu'ainsi qu'il pourrait asseoir son règne. Elle lui en donnerait les moyens. Cette force dont le destin l'avait muni faisait partie de lui. Aussi longtemps que durerait son règne, elle serait à ses côtés. C'est pourquoi il devait en faire sa plus fidèle alliée.

Ses pairs n'approuveraient pas, mais s'il n'en avait déjà que faire quand il était encore des leurs, ce n'était pas maintenant que cela allait changer. Il tracerait sa propre voie. Et cette faculté serait son laisser-passer. Depuis qu'il en avait fait l'acquisition, il n'avait eu de cesse de la parfaire, de la polir comme on raffinerait un diamant brut pour lui conférer tout son éclat. Et si le résultat répondait à ses attentes, il n'était pas non plus à la hauteur de ses plus grandes espérances. Pratiquer dans les murs de la maison familiale suscitait systématiquement dégoût et répulsion de la part de ses homologues, mais avaient-ils jamais senti cette force circuler en eux Senti cette énergie nouvelle investir chaque fibre de leur être et les rendre meilleurs qu'ils ne l'avaient jamais été ?

Ils n'avaient aucune idée de la sensation grisante qu'une telle montée en puissance pouvait procurer, car la seule qu'ils aient jamais eu provenaient de l'autorité qu'ils pensaient exercer sur tout ce qui passait à leur portée. Ces sots ne comprenaient rien. Pour se faire respecter, pour s'imposer en maître, il fallait avoir la force de le faire soi-même. Tous autant qu'ils sont, ils n'étaient que des pantins. Des singes dénués de la moindre étincelle d'intelligence là où lui avait su trouver la clé de l'évolution et s'élever au rang d'être humain. Eux demeureraient pour toujours des macaques sans aucune perspective d'avenir – si ce n'est celle d'une régression, là où lui n'aspirait qu'à continuer à aller de l'avant. Et c'était avec cette grandeur qu'il deviendrait le maître de ce monde imparfait.

Le voyage s'était effectué sans encombres. La nouvelle de sa défection ne s'était pas – encore – répandue, et n'étant malgré tout pas un criminel aucun portrait de lui ne circulerait dans les rues. Son statut de Tenryūbito était encore d'actualité, sans même qu'il en ait conscience ; ses hôtes le traitaient donc avec tous les égards dus à son rang, ce qui ne faisait que le conforter dans sa sensation d'être né pour réussir. N'ayant pour sa part jamais déclaré ses origines dont il avait honte désormais il n'aurait pu se douter que c'était uniquement à cause d'elles qu'ils lui montraient tant de respect. S'ils s'étaient doutés que ce n'était plus l'exacte vérité, sans doute ne l'auraient-ils pas laissé piller leur réserve de vin comme il l'avait fait...

Ce n'était néanmoins pas à la hauteur de ses goûts de luxe en la matière, aussi s'était-il tout naturellement orienté vers la taverne la plus proche une fois arrivé à bon port. Il n'allait tout de même pas faire fi de ses connaissances à ce sujet pour se contenter d'une eau de vie insipide et dépourvue de tout prestige. Son palais si délicat n'y survivrait pas. S'il pouvait aisément faire une croix sur son train de vie habituel à condition de ne manquer de rien, le vin était bien la seule chose qu'il refusait catégoriquement de revoir à la baisse sur quelque point que ce fut. Il avait toujours été intraitable à ce sujet et les coffres d'Alabasta en avaient fait les frais plus d'une fois dans les périodes où se serrer la ceinture était d'application sous leur toit.

La prospérité de la royauté locale étant ridiculement faible comparée à celle de sa « véritable » famille. Il avait donc été habitué à se contenter de « peu », quand bien même ce n'était le cas qu'avec un point de comparaison tel que le sien et nonobstant le fait qu'il ne se refusait rien du temps où il était des leurs. Mais sur ses consommations en boissons alcoolisées, il ne tolérerait aucun compromis. Jamais. Aussi vrai qu'il s'élèverait plus haut que quiconque. Et alors qu'il se faisait fort de déterrer les quelques perles que pouvaient contenir les stocks les mieux cachés de ce tripot, une conversation qui se tenait à proximité attira son attention. Aussi cessa-t-il là toute négociation et descendit-il d'une traite le verre de vin que lui avait obligeamment servi le maître des lieux lorsqu'il lui avait susurré au creux de l'oreille la somme qu'il pouvait investir si la moindre bribe de son catalogue était digne de son intérêt. En vain jusque là, malgré tous les efforts du tenancier qui s'évertuait à empocher ce pactole tel qu'il était sûr de ne plus en voir de pareil de toute sa misérable vie.

Ne lui concédant pas même un seul billet en remerciement de ses efforts – ce qui était d'autant plus fondé qu'il avait plus d'une fois essayé de l'escroquer avant de voir qu'il s'y connaissait – Akasha fendit la foule pour se rendre auprès de ceux qui, à sa différence, avaient su capter son intérêt. Et il n'était cette fois nullement question de sirop pour la toux comme ceux qui lui avaient été proposés. Son épée d'or et de lumière se planta dans la table à un pouce à peine de l'étrange poignard qui l'avait devancée, achevant de ruiner l'illustration de ce triste sire qu'il avait néanmoins pris tout le loisir d'analyser. Ce qui l'agaçait le plus était sans doute qu'ils aient autant de trait commun. Mais là où ce malheureux avait commis une erreur, c'était en pensant qu'il pouvait s'arroger une partie de son royaume sans avoir à en subir les conséquences.

Le Roi Doré balaya l'assemblée d'un regard circulaire, le rouge de ses prunelles luisant d'un éclat si vif qu'aucun d'eux n'osa dire un mot. La détermination qui avait illuminé sa face à l'instant même où il avait entendu conter cette histoire était si intense que tout portait à croire qu'il avait ses propres raisons de le haïr. Ce n'était pas tout à fait faux mais comment de simples hommes du peuple auraient-ils pu comprendre que ce n'était qu'une seconde plus tôt qu'il avait décidé d'en faire une affaire personnelle ? Certains déglutirent avec difficulté, tandis que les plus aguerris se contentaient d'attendre patiemment qu'il explique son geste. Sa mine se défroissa quelque peu alors qu'il rangeait sa lame dans son garde-meurtre après l'avoir tirée de la table où elle s'était trop profondément enfoncée, causant son effondrement. Ne daignant pas même y accorder un regard, il prit la parole de ce ton pompeux qu'on lui connaissait bien. Celui d'un homme qui tient le monde dans la paume de sa main.

Je serai des vôtres. Ce n'est pas négociable. Je n'ai que faire de la récompense et vous la cède de bon coeur, mais il ne sera pas dit que j'ai pardonné à celui qui tente de s'emparer de ce qui m'appartient. Il n'est que trop temps de rappeler à cet importun que ce monde est mien, en chacun de ses recoins. Si je dois lui enfoncer cette épée dans le coeur pour cela, je n'hésiterai pas. Marcherez-vous aux côtés de votre Roi, Zasshu ?

Un discours là où on ne l'attendait pas, pour sûr. La plupart d'entre eux étaient entrés après lui qui était déjà attablé au comptoir au moment où avait débuté leur réunion exceptionnelle. S'ils avaient été sceptiques au début, notamment de par sa ressemblance avec le fauteur de trouble qui les avait contraints à se mobiliser. Ils s'étaient ensuite demandés s'il pouvait être question d'un personnage important pour être ainsi vêtu et s'en étaient finalement désintéressés après avoir constaté qu'il n'avait d'yeux que pour le vendeur et ses produits. Aussi, le voir se dresser à leur côté tout à coup et proférer avec tant d'emphase ce discours qui n'avait, pour beaucoup, ni queue ni tête, ils avaient matière à s'interroger sur sa véritable identité. Et il était fortement déconseillé de lui demander sous peine de l'offusquer, avec tout ce que cela implique.

Aussi se regardèrent-ils les uns les autres avant que ne se répande finalement dans leurs rangs ce qui ressemblait à s'y méprendre à un murmure d'approbation. Si insolite soit son comportement, cela n'avait pas la moindre importance pourvu que son épée soit effilée et sa main intrépide pour la manier. L'un d'eux voulut même se risquer à lui administrer une claque dans le dos en signe d'acceptation, mais le regard glacial qu'il lui lança par-dessus son épaule avant qu'il n'ait pu s'exécuter fut plus qu'il n'en fallait pour l'en dissuader. Même sans eux, il y serait allé, mais il convient parfois pour un Roi de laisser la vedette à ses serfs plutôt que de se l'accaparer. Qui plus est, qu'ils le laissent y aller seul et que leur délivrance ne soit due qu'à un étranger, fût-il leur seigneur et maître, serait indigne de citoyens de son domaine ; il aurait dès lors été hors de question de leur abandonner ces terres s'ils devaient avoir besoin de quelqu'un d'autre pour les défendre.

Toujours était-il que ce dénommé Dio ne perdait rien pour attendre, et que quelle que soit la tournure des événements il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour être celui qui lui porterait le coup de grâce. Cet usurpateur n'était certainement que le premier d'une longue lignée, aussi devait-il avouer en ressentir une certaine allégresse au fond de lui. Il fallait un début à tout, terrasser ses pareils n'en serait ensuite que plus aisé. Sa main se reposa ensuite sur le pommeau de sa lame tandis que quelques regards inquiets se perdaient encore dans ses parages, à moins que la fascination ne les empêche de se détourner de son armure dorée. Là où l'imposteur n'était que de jaune vêtu, c'était dans l'or pur qu'avait été ciselée sa tenue. Une raison bien suffisante pour se ranger à ses côtés afin de combattre cette prétendue créature du diable. Tout homme n'est que sang est os, et il se ferait une joie de le lui rappeler au moment de l'exécuter. Son attention dériva alors vers l'homme qui, tout comme lui, contrastait avec le reste de la communauté. De toute évidence, lui non plus n'était pas d'ici. Sans son arrivée et les explications qui en avaient découlé, peut-être n'aurait-il jamais été au courant de l'infamie qui était en train de se dérouler. Sans aller jusqu'à estimer qu'il lui était redevable, le Roi des Héros n'était pas sans penser que cette rencontre était destinée – inscrite dans le sang, dirait-il même. Comme deux étoiles traversant le ciel...

Tu n'es pas d'ici, hein ? J'ignorais que mon domaine comportait des contrées aussi exotiques que celle dont tu sembles provenir. Je suis convaincu que notre rencontre n'est pas le fruit du hasard. Aussi, je te le dis... Ne cesse pas un seul instant de te tenir à mes côtés ! M'est avis que tu n'auras pas à le regretter. Une fois que c'en sera fini de cette crapule, je voudrai que tu me parles de là d'où tu viens. Tu mangeras à ma table et tu boiras de mon vin. Tout ce que je te demanderai en retour est de me servir loyalement jusqu'à la fin. Que penses-tu de mon offre, chevalier du bout du monde ?
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MessageSujet: Re: Like a Bloody storm Mer 5 Juin - 19:26

    Notre beau gosse venait d'accepter l'offre du type balafré, à savoir aller régler son compte à ce dénommé Dio, et l'assemblée semblait s'en réjouir: les visages se déridaient, la bière coulait à flots, et des voix criardes scandaient des commandes de nourriture ou bien des paroles salaces à la petite serveuse, une charmante rouquine, qui rougissait en entendant certaines propositions plus osées que les autres. De son côté, Takezo n'était pas sûr que se mettre une race avant d'aller affronter son ennemi mortel soit une bonne idée (ça avait coûté la vie à son père qui, même s'il n'était qu'un connard qui battait sa prostituée de mère, restait son père et donc un "modèle": fort heureusement, le badass ne tapait pas les putes, sauf quand elles étaient dans ce genre de trip, mais les femmes comme ça étaient bizarres et Musashi évitait donc de les fréquenter, period), mais il avait la chance de plutôt bien tenir et n'était certainement pas homme à cracher sur un petit coup. Repoussant le vin proposé par le tenancier (vu la qualité du tripot, il y avait peut-être des trucs pas nets dans cette bouteille), il commença à faire connaissance avec une bouteille de saké. Alors que la fête battait son plein, et que le natif de Wa no kuni commençait à cerner la raison de cette beuverie soudaine, dans un bruit mat, une épée dorée s'enfonça très nettement à côté du wakizashi de notre samouraï, brisant la table et le portrait en deux, provoquant la chute de toutes les bouteilles: avec ses réflexes, notre héros avait quand même pu sauver sa bibine. Il l'avait certes cassée en la faisant tomber la seconde d'après, mais elle avait été saine et sauve l'espace d'un instant. Il leva les yeux, restant tranquille, et se retrouva à observer un sacré bonhomme.

    Il en jetait, avec ses cheveux blonds comme les blés, son regard rouge comme le sang qui semblait vous dire "Écarte-toi de ma route, misérable insecte." et son armure d'or qui ne semblait pas une sinécure à porter. Son visage semblait crispé par un air agacé factice, de ceux qu'on prend pour impressionner les simples d'esprits. Et ça marchait, visiblement, puisque les plus faibles de l' assemblée le contemplaient avec une peur teintée de respect. L'un d'eux semblait même marmonner "Di...o". Léger soupir de notre héros: regarde mieux, débile, ce gars en armure a certes du charisme, mais il n'est pas surhumain comme celui du possesseur de Stand. L'homme en armure rengaina sa lame, puis annonça qu'il serait avec eux pour se charger de Dio. Il ne voulait pas la récompense, mais par contre il désirait laver un affront qui lui avait été fait: selon lui, la terre entière était son royaume, et si quelqu'un s'en arrogeait une partie, il devait le châtier. Nouveau soupir de notre héros: et bien, entre lui et ce Dio, que de complexes de supériorités aujourd'hui... Cette île devait regrouper un grand nombre de cas cliniques. Mais bon, combattre au côté de ce bonhomme serait sûrement un exercice intéressant... Aussi, Musashi jeta un regard au balafré, qui consulta le restant de l'équipe du regard: les hommes commencèrent à accepter la présence du nouveau venu: un type avec une armure et une épée en or ne pouvait être qu'un bon guerrier. S'il était vraiment Roi, comme il le prétendait, c'était tout bénèf pour le bien de l'île. Bon, les hommes continuaient à se comporter de manière guindée à côté du second épéiste, et semblaient avoir peur de le toucher, mais la beuverie reprit: les hommes buvaient sans doute pour ne plus avoir peur. Ce n'était pas n'importe qui aurait le cran d'aller affronter un bonhomme capable de vous tuer sans même lever le petit doigt. L'alcool enhardit, après tout.

    Indifférent à cette ambiance festive, l'homme à l'armure dorée s'approcha de notre beau gosse, et énonça une vérité: il n'était pas d'ici, et venait d'un "domaine" inconnu du blondinet. Toujours selon lui, leur rencontre était vouée à se dérouler, et l'autre tenait donc à toujours avoir le samouraï à ses côtés. Enfin, le Roi invita notre guerrier à sa table après l'affrontement, pour qu'ils puissent discuter de son île natale, et il le gratifia du qualificatif fort joli de "chevalier du bout du monde". Pas forcément très juste, puisque le samouraï n'avait rien en commun avec un chevalier, à part la rigueur inhérente au Bushido, mais tout de même, c'était joliment tourné. Notre homme croisa ses bras, recula légèrement sa chaise et posa ses pieds sur une autre table, avant de dire d'un ton plein de sarcasme:


    - Sa Seigneurie est trop bonne. L'immonde bâtard que je suis aura-t-il l'honneur de connaître votre divin prénom?

    Il s'était peut-être montré un peu trop ironique, puisque que l'homme en or avait quand même l'air d'un bon guerrier. Certes, se prendre pour un roi c'était un peu trop, mais bon, il s'en serait voulu de s'attirer son courroux: peut-être qu'il était capable de lui mettre une rouste. Et sa proposition était si gentille... Alors qu'il allait se reprendre, et peut-être même s'excuser, les hommes, la plupart étant fin saouls, se levèrent dans un beuglement de viande morte et quittèrent le troquet, se bousculant, tenant les épées par la lame, voir tombant raides ou se courbant pour vomir pour certains. Visiblement, Takezo ne pourrait compter que sur lui-même, sur le chauve et sur son nouvel ami. Ça n'était pas plus mal, ça évitait les morts inutiles. Le trio se mit donc en route, cheminant vers la sortie du village. Notre beau gosse demanda où se trouvait Dio, et le balafré parla d'un château sur le sommet d'une montagne derrière le hameau silencieux, qui portait le nom de Windknights d'ailleurs. Pendant le chemin, le natif de Wa no kuni resta perdu dans ses pensées, qui était bien occupée: entre ce mystérieux Roi doré, ce non moins mystérieux Dio et le tout aussi mystérieux "Stand", c'est une drôle d'aventure qui s'annonçait... Il les collectionnait, depuis quelques temps. Finalement, les Blues se révélaient tout aussi surprenantes que Grand Line et le Nouveau Monde... Après environ trente minutes passées dans des chemins montagneux, le trio débarqua aux abords du château, qui tenait ses promesses: la pierre était d'un tel noir qu'il semblait faire nuit en dehors du bâtiment, sentiment renforcé par la perpétuelle présence de brume. Le samouraï se gratta la barbe, puis leva les yeux, contemplant le bâtiment. Il se tourna vers ses deux alliés, et alors qu'il s'apprêtait à leur demander s'ils avaient une idée de la façon dont ils allaient entrer dans cette baraque, le pont-levis commença à s'abaisser avec un grincement sinistre. Un terrifiant cri de guerre résonna (une sorte de WRYYYYYYYYYYYYYY, aurait dit Musashi), et d'étranges humanoïdes s'échappèrent du château. Leur teint grisâtre et leurs canines effilées n'annonçaient rien de bon, et le sabreur posa sa main droite sur le manche de Nobunaga... Comme en réponse à un signal, les étranges êtres bondirent sur le trio!
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MessageSujet: Re: Like a Bloody storm Ven 14 Juin - 18:19


Pas surhumain, hein ? Une conclusion hâtive en plus d'être erronée. Car si cet homme avait pu voir Akasha au combat, sans doute n'aurait-il pas été de cet avis. En tout cas, le Tenryubito se satisfaisait de son petit effet. À défaut de le reconnaître comme leur véritable maître, au moins pour le moment, ils faisaient montre du respect attendu. La plupart en restèrent sans voix, son entrée fracassante n'y étant pas inconnue elle non plus. À cet instant précis, à la lumière d'une bougie et à l'ombre des secrets, il projetait une ombre réellement royale. Néanmoins, s'il était vrai qu'il partageait une ressemblance frappante avec l'individu qu'ils avaient choisi de prendre en chasse, le malheureux qui avait osé en faire état devrait s'estimer heureux de n'avoir point été entendu. Qu'on le compare à ce maroufle était plus que le Roi Doré n'en pourrait supporter.

Bien qu'il ne l'ait jamais rencontré, ce n'était pas nécessaire pour définir qu'un être empiétant sans vergogne sur ses droits les plus légitimes ne méritait que le mépris. Il n'avait pas besoin d'autre raison pour prendre part à cette battue qui, pour lui, ne prendrait fin qu'une fois que la tête du traître serait tombée. Même si cela lui demandait d'aller la chercher lui-même là où elle se trouvait. S'il savait se montrer magnanime, il n'avait en revanche aucune pitié pour ceux qui tentaient de voler trop près du soleil doré qu'il était devenu de par son incontestable royauté... Force fut cependant de s'apercevoir que l'assemblée ne comportait que peu d'hommes dignes de se présenter comme tels. La plupart n'étaient que des manants armés de pioches et autres fourches, quand ce n'était tout simplement de pelles.

La plupart des ustensiles étaient rouillés, ce qui, certes, pouvait leur permettre de causer dans les rangs ennemis certaines complications en cas de blessure, mais n'améliorait en rien leur force de combat dérisoire. Seul l'homme qu'il avait accosté sortait du lot, raison pour laquelle il s'était donné cette peine. Sous couvert d'être pleinement concentré sur son achat de boissons, il avait suivi du coin de l'oeil le déroulement de la discussion pour ne s'y intéresser réellement qu'une fois qu'il eut la certitude qu'il serait de la partie. Comme le dit l'adage, mieux vaut être seul que mal accompagné ; il aurait encore préféré y aller seul que flanqué d'une palanquée de paysans pour tout détachement. S'il n'émanait de lui aucun prestige, aucune noblesse, sa force était indéniable : Akasha s'en était aperçu dès le premier coup d'oeil.

Et pour avoir tant et plus croisé le fer jusqu'à perdre le compte de ses adversaires, il n'avait nullement besoin d'examen approfondi pour savoir ce qu'un homme pouvait valoir. Pour la première fois depuis longtemps, il avait l'intime conviction d'avoir trouvé un suivant à sa hauteur. Pas assez pour rivaliser avec lui – et puis quoi encore ? -, mais tout de même assez pour avoir sa considération. Ce qui, dans un rapport avec Akasha, pouvait valoir de l'or tant au propre qu'au figuré. D'où qu'il puisse venir, cela ne changeait rien à l'affaire : il aurait pu jurer qu'une lame entre les mains, cet homme aurait pu tenir tête à n'importe quelle personne parmi celles qu'il avait rencontré tout au long de sa vie – ce qui n'était pas peu dire pour peu que l'on tienne compte du nombre de bretteurs qu'il avait lui-même tenu en échec.

Oui... Pour la première fois depuis qu'il avait quitté le domicile familial lors d'un ultime affront, le Dragon Céleste avait l'impression d'être bien entouré. Et... Cela était grisant, force était de l'avouer. Même s'il n'avait besoin de personne à ses côtés pour pouvoir régner, il était toujours bon de savoir que son royaume comportait des gens doués sur lesquels il pouvait compter en cas de besoin. Aussi, pour peu que ce spadassin soit moitié aussi compétent qu'il en avait l'air, il en serait grassement récompensé... À condition de pouvoir garantir sa survie jusqu'à ce que tout ceci soit terminé. Il ne serait pas dit que le Roi était un ingrat avec ceux qui ont su mériter ses faveurs. Et cet homme pourrait bien être dans ce cas. Un sourire fendit d'ailleurs ses lèvres lorsque celui-ci entra dans son jeu, ce qui – malgré l'ironie certaine de ses propos – lui procura un certain plaisir.

Akasha Skandha. Roi des Hommes et des Héros, Seigneur de tout ce qui existe en ce Monde et Protecteur du Royaume. Je ne t'en veux pas de n'avoir pas reconnu ton Roi, que la nouvelle de mon couronnement ne soit pas encore parvenue en ces contrées reculées n'est pas étonnant. Tâche juste de ne jamais plus l'oublier, car mon règne ne fait que commencer...

L'éclat d'ambition qui luisait dans son regard le rendait d'un rouge surnaturel. Néanmoins, dès avant que la fine lame ait pu s'y attarder, le vacarme ambiant ne fit que changer ses soupçons en certitudes – à son grand dépit. Son attention se reporta sur l'oriental. N'aurait-il pénétré en cette taverne qu'il aurait dû y aller seul. Cela ne fit que le conforter dans l'idée que le fait qu'ils se soient rencontrés étaient un coup du destin. Tout compte fait, ce n'était pas nécessairement un mal que tous ces faquins soient fin saouls : au moins ne viendraient-ils pas ternir son image de leur équipement rudimentaire. C'est qu'il avait une réputation à tenir, et on ne pouvait point dire qu'ils y auraient été d'une influence positive. Ne l'accompagneraient donc que l'homme au crâne dégarni et celui sur lequel il avait lui-même jeté son dévolu. N'être vêtu que de haillons aurait pu lui porter préjudice, mais Akasha ne voyait rien à lui reprocher dès lors qu'il procédait à un semblant de comparaison avec les gueux qui roulaient sous la table tout autour d'eux.

Décision fut prise qu'ils n'iraient qu'à trois quand certains se mirent à répandre leurs entrailles sur le parquet, ne laissant au Roi Doré d'autre choix que de détourner les yeux tant son dégoût grandissait. Il était d'ailleurs fort dommage que le samurai – le jeune noble n'apprendrait ce terme que bien plus tard – ignorât les conséquences que cela pouvait avoir, sans quoi il aurait été bien heureux d'en être épargné. Par bonheur, Akasha finit par considérer que ce serait vain que de les sermonner sur leurs manières de se tenir et que même le bas peuple devait pouvoir s'amuser de temps à autre – fut-ce de manière aussi dégradante. Aussi s'acheminèrent-ils tout trois de concert vers le repaire du monstre assoiffé de sang – littéralement – que leurs avaient décrits ces pauvres hères avec la ferme intention de faire prendre fin à la Légende de Dio cette nuit même.

Constatant que le spadassin s'absorbait dans une profonde ataraxie, il ne jugea pas utile de le déranger, lui-même n'étant guère homme à aimer discourir avant une mise à mort. Et puis, ils auraient tout le temps de deviser une fois qu'ils en auraient terminé. L'homme à la cicatrice se révéla être un guide taciturne, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Ainsi fut-il entièrement libre de méditer le discours qu'il tiendrait à ce vaurien au moment de sectionner sa tête du reste de son corps. Cela ne l'empêcha toutefois pas de rester assez conscient de ce qui l'entourait pour réaliser que leur éclaireur n'était guère rassuré sur le sort qui l'attendait au bout du chemin, à l'évidence peu convaincu de pouvoir compter sur les deux énergumènes qui l'accompagnaient. Qu'à cela ne tienne, il saurait bientôt à quoi s'en tenir et Akasha doutait fort qu'il soit le moins du monde déçu du résultat.

Ce qui arriva d'ailleurs plus tôt que prévu. À peine furent-ils en vue des remparts que le pont-levis béait devant eux, vomissant presque aussitôt des hordes de... Vampires ? En tout cas en avaient-ils l'air, d'après ce que le Roi des Héros avait pu en lire dans les livres. Une fois de plus ses errances lui apportaient la preuve que « ne pas croire ce qui est écrit dans les contes » est un conseil à ignorer superbement parmi ceux que l'on donne aux enfants. Du moins, si on veut éviter qu'ils se fassent trucider en considérant que non, l'erreur de la nature qu'ils ont en face d'eux ne leur fera rien parce qu'on leur a dit qu'elle n'existait pas. Après s'être déplacés dans leur direction de manière erratique, les créatures de la nuit se décidèrent à leur fondre dessus – ce qu'aucun d'eux n'eut la chance de faire jusqu'au bout, toutefois. Ce qui semblait être leur première ligne venait d'être littéralement clouée au sol comme autant d'insectes que l'on prend plaisir à épingler à son tableau de chasses, mais en plus hideux.

Voilà un bien triste comité d'accueil. Est-ce là une manière de recevoir son Roi ? À entendre la manière dont vous en parliez, je m'attendais à bien mieux de la part de ce Dio. Au moins à ce qu'il fasse un effort pour recevoir un invité de marque. J'imagine que nous n'avons plus qu'à lui prouver que nous méritons mieux que ce menu fretin...

Chacun d'eux était transpercé de part en part par une épée d'excellente facture, finement ciselée – de celles qu'on ne trouve que dans les milieux de haute noblesse. Ce qui confirmait ses origines pour peu qu'aucun d'eux en ait jamais douté. Et malgré le nombre de lames investies dans cet exercice en un éclair – et ce même si aucun de ses deux compagnons n'avait vu venir l'attaque tant elle était improbable – il en restait encore un quartet gravitant paisiblement autour de lui comme autant de satellites hors de prix. Chose étonnante, même en pareil état, certains de ces morts-vivants continuaient de se débattre dans l'espoir de se libérer de l'étreinte mortelle des lames qui les maintenaient face contre terre. Esquissant une grimace de dégoût, Akasha eut recours à ses rapières restantes pour leur trancher la gorge – si ce n'est les décapiter, dans le doute. On sait jamais. Il ne tenait pas à se retrouver avec leurs paires de crocs solidement enfoncées dans la cheville parce qu'il aurait eu le malheur de marcher un peu trop près des têtes coupées. Que ce soit par l'aspect méthodique de son mode opératoire ou à la vue de la froideur avec laquelle il avait mis un terme à leurs existences contre-nature, ceux qui s'étaient jusque là tenus à l'écart firent mine de reculer.

Trop tard : les plus proches de lui furent débités en tranche avant d'avoir pu ne serait-ce qu'esquisser un geste de recul. Malgré la rapidité avec laquelle il les avait exterminés – et ce sans faire le moindre geste, étant resté les bras croisés tout du long – il en restait une telle quantité que même lui peinerait à en venir à bout sans le concours de ses coéquipiers, si tant était qu'il puisse les considérer comme tels. Aussi leur jeta-t-il un regard par-dessus son épaule, ce simple geste devant suffire à demander ce qu'ils attendaient pour intervenir. La possibilité qu'ils soient stupéfaits de voir son pouvoir en action alors qu'il ne les avait avertis en posséder un en aucune façon ne lui avait pas effleuré l'esprit. S'en servir était devenu pour lui aussi naturel que d'utiliser une partie de son propre corps, aussi le faisait-il inconsciemment ou peu s'en faut, depuis le temps.

Ce moment de distraction faillit lui coûter cher. Temporairement réduites au nombre de quatre pour assurer sa protection, les épées étaient néanmoins censées le protéger efficacement face à toute attaque adverse. Ce n'était pas la première fois qu'elles se voyaient attribuer une telle tâche malgré un effectif incomplet et l'avaient brillamment menée à bien jusque là. Mais... Pas cette fois. L'arme adverse parvint à se frayer un passage jusqu'à lui pour le viser à la gorge en l'espace d'un battement de cils. Il ne dut sa survie qu'à ses réflexes qui le poussèrent en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire à s'emparer d'un fleuret pour dévier cet assaut pernicieux.

Malgré leur mouvement perpétuel, l'auteur de cette attaque n'avait eu besoin que d'un instant pour trouver le seul angle mort que comportait leur valse intrépide. S'il avait dans un premier temps cru que c'était là un lancer audacieux, ce qui ne faisait qu'accentuer son incrédulité, un examen plus minutieux lui révéla que l'épée était maniée par des... Cheveux ? En laissant son regard remonter le long de cette interminable crinière de jais, il discerna leur porteur au milieu de la masse grouillante. Un homme musculeux à l'allure guerrière dont la tenue pouvait à peu de choses près se résumer à une armure légère. Contrairement à ses « congénères », l'auteur de cette mauvaise plaisanterie dégageait une sensation de puissance approchant celle que lui avait laissé le sabreur se tenant désormais à son côté lorsqu'il l'avait rencontré. Qui qu'il puisse être en vérité, ce devait être un combattant redoutable et redouté et même cette technique de combat excentrique n'y pourrait rien changer.

Oh... Tu as vu ça ? dit-il à l'égard de son compagnon d'infortune. On dirait qu'il a enfin décidé de nous prendre au sérieux. Qu'il est dommage que ce soit aussi inutile que tout le reste. Car rien ne se dresse sans en payer le prix devant la justice du Roi ! En garde, guerrier des temps anciens ! J'espère que tu t'es langui de ta dernière demeure car moi, Akasha, je m'engage à t'y renvoyer ! Même vous, immortels, n'êtes qu'un rêve fugace dans l'éternité de mon existence !
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MessageSujet: Re: Like a Bloody storm Sam 15 Juin - 13:08



    Akasha, comme avait dit s'appeler l'homme en armure doré, le Roi des Hommes, et tout le reste d'un titre pompeux dont notre badass faisait bien peu de cas et n'avait donc de fait retenu qu'à moitié, voire pas retenu du tout, parla à nouveau lorsque les mystérieux êtres grisâtres commencèrent à prendre pour cible le trio. Le guide balafré semblait surpris par ces créatures, à croire que Dio n'avait jamais eu besoin de les sortir, tandis que le samouraï barbu écoutait d'une oreille distraite ce qu'avançait son nouveau Roi. Par contre, il écarquilla les yeux en observant mieux la situation: tels des affiches sur un mur, les vampires s'étaient instantanément retrouvés plaqués au sol par d'innombrables lames leur transperçant la gorge. Comment Akasha pouvait-il manier autant d'épée? Était-ce là le pouvoir d'un Fruit du Démon? A en voir les quatre lames qui gravitaient encore autour de lui, ce pouvoir, quel qu'il ait été, devait impliquer une forme de télékynésie... Et vu la qualité des lames, l'armure d'or n'était pas juste pour le show: ce Roi auto-proclamé devait en avoir plein les fouilles. Même si ses lames n'étaient rien à côté d'un sabre des cinquante, elles devaient quand même valoir à l'unité une petite fortune, alors autant... Le restant des créatures semblait hésiter à passer à l'attaque, et le blondinet avança d'un pas de conquérant vers ses victimes, finissant celles qui gigotaient un peu trop, puis par la force des choses s'en prenant aux autres lignes. Toutefois, il en restait un paquet, et Akasha jeta un regard au duo, tandis que notre héros dégainait Nobunaga: pas question de laisser ce gars-là récolter tous les honneurs!

    C'est alors que le barbu scanda le nom de l'homme en armure: prévenu par ce cri, ou peut-être par ses réflexes, le Roi esquiva une lame qui courait vers sa gorge, ayant habilement serpenté entre sa garde aérienne. Ça ressemblait un peu au lancer de wakizashi de notre héros... Non, c'était différent: quelle était cette étrange chose sombre et grouillante qui tenait la lame? Le natif de Wa no kuni plissa les yeux: c'était des cheveux. La lame était maniée par des putains de cheveux! C'était une grosse épée, une lame grossière bien différente du katana de notre chasseur, toutefois, elle semblait bien faire son office. Le nouvel ami de Takezo lui adressa la parole, prenant en considération la qualité du chevelu chevalier, et promettant à ce dernier de le renvoyer là d'où il venait, d'outre-tombe. Notre badass soupira, trancha en deux un vampire qui s'était approché un peu trop près, sans doute ragaillardi par la présence d'un chef, ou de quelque chose s'y assimilant, puis s'adressa à son acolyte: il lui fit savoir qu'il parlait un peu trop, et que s'il maniait son épée avec sa langue, alors ça expliquait son talent. Puis, il lui demanda de lui laisser le chevelu, histoire qu'il protège son Roi (et même si le ton était ironique, il ne tolèrerait pas qu' Akasha s'immisce dans le duel: il voulait affronter ce gusse l'épée à la main, dans un véritable combat de sabreurs comme le réclamait le Bushidô). Il se gratta la barbe, essuya sa lame sur le cadavre du vampire précédemment tranché, puis plongea un regard de fauve dans celui du chevelu.

    Attaquer le premier, ou lui laisser l'initiative? Les cheveux ne possédaient pas d'articulations, et ils devaient lui conférer plus de souplesse que des bras. Et malgré son armure légère, on pouvait deviner une musculature plutôt large: à coup sûr, il n'avait pas oublié d'améliorer son corps même si ses cheveux faisaient tout pour lui. Les vampires semblaient désormais conserver une distance de respect, comme pour s'éloigner des deux protagonistes, ou même de leur "chef"... Selon Musashi, leur regard ressemblait actuellement à de la terreur, si tant est que des êtres surhumains puissent en ressentir... Il avait connu une troupe comme ça, un jour, l' Ordre du Molosse Noir, ou quelque chose comme ça... Le chef se faisait écouter via la terreur. Mais il n'était pas temps de digresser, et après avoir scruté quelques secondes son opposant, le seul bruit du vent venant troubler le silence du tableau, il se jeta à l'attaque, brandissant pour l'instant sa lame des cinquante à deux mains. Il la passa dans sa main droite, et commença par une tranche horizontale, de la gauche vers la droite. La lame du chevalier sombre se dressa dans la trajectoire du katana, le choc des deux morceaux de métal projetant des étincelles. Takezo poursuivit le duel un moment, histoire de jauger la force des "bras" de son opposant: ils s'équivalaient... Non, l'autre était un peu meilleur! Sa lame commençait à ployer, et il brisa la lutte, reculant de deux pas puis avançant d'un, balançant cette fois un estoc vers la gorge. Les cheveux suivirent le mouvement, et le plat de l'épée, où était gravé "Luck", intercepta la pointe de Nobunaga. Aussitôt, le badass transforma son coup en un slash ascendant, visant à arracher un oeil à l'autre affreux.

    La surprise déforma son visage un instant, et un sourire de triomphe se peint sur le visage du samouraï... avant de s'effacer aussitôt: de manière inattendue, l'épéiste avait dressé son poing devant son œil. Un longue estafilade barra le dos de sa main, projetant un flot carmin, et dans l'instant qui suivit, ses cheveux s'abattirent. Le natif de Wa no kuni recula comme il put, mais, ne s'attendant pas à ce que l'autre se serve de son corps, il avait pris un temps de retard, et le sabre laissa une estafilade verticale de son épaule gauche jusqu'à environ sa quatrième côte. Il jura: quel imbécile, bon sang, il s'était même fait la remarque sur le corps de l'ennemi, plutôt bien entraîné, et il tombait dans un piège de débutant! Putain, vraiment, il se détestait des fois! Mais bon, ça lui faisait un prétexte pour y aller sérieusement... Et, par chance, sa blessure n'était pas trop profonde. Il fondit de nouveau à l'attaque, balançant un simple coup oblique de son katana, de l'épaule gauche en direction du flanc droit. Mais, alors que le chevelu chevalier commençait à hisser sa lame pour bloquer l'attaque, notre beau gosse balança son sabre de sa main gauche vers sa main droite, et mutant son coup en un coup ascendant: depuis qu'il avait imaginé cette feinte, il était devenu plus habile pour changer de main, et presque tous ses adversaires se laissaient avoir. Mais il restait des scories et mouvements inutiles, puisque son opposant parvint à bloquer avec sa lame. Toutefois, sans doute parce qu'il n'avait pas pu venir le coup, sa frappe était mal assurée, et même à une main, le beau gosse de Wa no kuni parvint à écarter son épée. Alors, de sa main gauche libre, il piqua avec son wakizashi tel une abeille, visant la gorge de l'autre: cette fois, il frappait pour tuer!

    La lame mordit les chairs, et s'enfonça dans la gorge, de quelques millimètres seulement car le chevalier avait pu reculer, mais un flot écarlate en jaillit, tâchant l'obscurité du sol. Avec une respiration haletante, l'autre porta la main à sa gorge, et plongea un regard rempli de haine sur notre héros, qui restait toujours aussi concentré: une bête acculée est particulièrement à craindre. Le chevalier commença alors à sourire, puis prit la parole, avec une voix plus douce qu'on aurait pu le croire: il se présenta comme Bruford, membre des Dark Knights de Dio, et félicita la maîtrise de l'épée de notre beau gosse. Il proposa ensuite de régler ça sur une dernière passe d'arme, et lui demanda son nom avant. D'un ton respectueux, Musashi prit la parole à son tour:


    - Je me nomme Shinmen Takezo, samouraï de Wa no kuni. Ce combat m'a sûrement rendu meilleur, chevalier, aussi je te ferais l'honneur de donner toute ma force dans cette ultime passe d'armes. Pas de conneries, pas de feinte, juste un assaut frontal sans chichis!

    Et là-dessus, notre héros rengaina son sabre court, enserrant fermement le manche de sa lame des cinquante. Bruford allait en avoir pour son argent. Il s'élança alors en avant, levant sa lame, tandis que la chevelure du Dark Knight s'agitait, brandissant elle aussi Luck. Les lames levées au dessus des têtes s'abattirent avec force lorsque les hommes n'étaient plus qu'à trois pas l'un de l'autre, et la chance frappa le seigneur féodal. Au début, les deux hommes semblaient de force égale, mais, rapidement, Bruford commença à prendre le dessus: ce qui sauva notre badass fut simplement la présence d' Akasha. Il ne pouvait pas perdre comme ça devant un type aussi vaniteux, devant son "Roi": il ne s'en serait jamais remis en montant vers l'au-delà. Alors, bandant ses muscles, et poussant de toutes ses forces, il commença à beugler dans sa langue natale: "Furueru zo haato! Moetsukiru hodo hiito! Kisamu zo, ketsueki no biito! SUNLIGHT YELLOW OVERDRIVE!", et sur le Overdrive, Nobunaga repoussa Luck, tranchant très nettement son adversaire, de la gorge jusqu'au bas-ventre, tandis que Musashi le dépassait et que Bruford tombait sur le ventre, nageant dans son propre sang. Alors que notre héros soupirait, prêt à en finir avec les vampires, un nouvel arrivant s'extirpa à son tour du château: si lui aussi semblait être un chevalier, il n'était en rien comparable avec Bruford: c'était un véritable colosse, à la musculature surdimensionnée et à l'air plus... brut de décoffrage. Notre badass ne se sentait pas motivé par cet affrontement, aussi il jeta un regard à Akasha, lui signifiant qu'il le laissait s'occuper de ce gros lourdaud: à son tour de briller (et briller quand on a de l'or, c'est facile!)

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MessageSujet: Re: Like a Bloody storm Jeu 11 Juil - 19:58

Le bruit de l'épée qui fend la chair à son côté l'informa que son compagnon n'était point resté inactif lui non plus. L'observant du coin de l'oeil, Akasha ne put que remarquer malgré la gerbe de sang l'indéniable qualité de son armement. Pour avoir toute sa vie été entourés d'armes de la meilleure qualité, il pouvait sans mal discerner celles qui s'élevaient au-dessus de la masse. Celle-ci était du lot. Il avait entendu des rumeurs au sujet de sabres d'exception qu'il serait de rigueur de considérer comme les meilleurs au monde. Une réputation qui n'avait point manqué de susciter son intérêt, sans qu'il puisse toutefois approfondir ses recherches. Si tant est qu'il y pense, il faudrait lui poser la question une fois qu'ils en auraient fini avec ces corps défraîchis que n'avait sorti de leur tombe qu'une implacable volonté de leur barrer le passage. Les propos que tint le mercenaire le firent sourciller.

Non content de lui manquer de respect, si habilement que ce fut, il voulait en plus lui voler sa proie. Il ne manquait pas d'audace. Pendant un instant Akasha hésita à le punir pour avoir eu le front de s'adresser à lui de cette manière, mais jugea en définitive que ce n'était là rien de plus qu'une tentative de s'emparer lui aussi d'une part du gâteau. Il était vrai qu'avec son charisme, le Roi Doré se retrouvait naturellement sous les feux des projecteurs ; on ne pouvait donc pas lui en vouloir de tenter de briller lui aussi plutôt que de rester dans l'ombre. Se satisfaisant de cette explication, le Dragon Céleste se contenta de hausser les épaules pour toute réponse et de se placer légèrement en retrait, abaissant sa propre lame pour lui signifier de prendre les devants. Il le lui revaudrait, d'une manière ou d'une autre. Le fait qu'il prétende vouloir protéger son roi acheva de le caresser dans le sens du poil.

« Comme tu voudras, mais il ne faudra pas venir te plaindre si tu te fais écraser. Ne compte pas sur moi pour te sauver. Tâche de me faire honneur et tu seras récompensé à la hauteur de tes efforts. Mais il faudrait déjà que tu survives pour cela... »

Ces quelques médisances devraient donner au bretteur un surplus de motivation qui ne serait sans doute pas de trop pour terrasser cet énergumène. Étant déjà morts, ils ne craignaient pas le démembrement et pouvaient continuer à se battre même après avoir été morcelés de toutes parts. Les décapiter n'était en soi même pas une solution à moins de leur broyer le cerveau ou autres joyeusetés. Si comme il était aisé de le croire celui qu'il venait d'abandonner à Takezo était en plus doté de compétences martiales hors du commun, il pourrait être bien plus difficile de s'en défaire qu'il n'en avait l'air. Et même s'il fut contraint aussitôt après s'être écarté de se remettre aux hostilités, Akasha ne perdrait pas de vue ce combat qui, à n'en pas douter, serait fort instructif. L'avantage à pouvoir contrôler son arsenal par la seule force de sa volonté c'était qu'il pouvait très bien s'immobiliser sans pour autant laisser les revenants en paix.

Alors que ses épées faisaient tout le travail pour lui et s'assuraient qu'aucun des morts-vivants – ou de ces choses en approchant – ne pouvait entrer dans son périmètre de sécurité, il put à loisir être spectateur de ce duel à mort les bras croisés. À force d'être débités en tranches en tous sens, même s'il n'y prêtait pas attention, il finirait bien par les décimer, à plus forte raison qu'il pouvait ainsi tenir un long moment sa position. Leur « guide » n'avait hélas pas autant de chance et était bien forcé de se défendre s'il ne voulait pas finir en pâture pour ces grotesques créatures. Aussi le Roi des Héros prenait-il de temps à autre la peine d'envoyer l'une ou l'autre de ses armes en soutien pour qu'il ne finisse pas par leur servir de goûter. Enfin, pour sa part, il doutait fort qu'ils raffolent de la plate dorée... Il n'en fit pas moins l'effort de sabrer de droite et de gauche pour avoir la certitude qu'aucun d'eux ne s'approcherait de lui de trop près. Il ne tenait pas à être aspergé de morceaux de chair décomposés...

Ce manège ne dura cependant pas longtemps. À mesure que les premiers coups volaient, les simples sbires firent mine de s'écarter pour ne pas entraver la danse violente des épées. S'il en restait de plus stupides qui avaient le malheur de rester à proximité de la mêlée et de s'y faire tuer dans la foulée, découpés avant que leurs cerveaux atrophiés n'aient pu comprendre ce qui leur arrivait, la plupart étaient désormais comme tenus en respect. Ils n'osaient se mêler d'un affrontement qui les dépassait. Le rutilant monarque eut pour eux un regain de considération, mais pas assez pour cesser de les massacrer tous autant qu'ils sont. Il serait forcé de le faire à un moment donné, aussi était-il inutile de faire traîner les choses. Il était aussi de son devoir en tant que Roi de ne pas leur laisser de faux espoirs... Si tant est qu'il aient conservé assez de leurs facultés cérébrales pour que cette notion leur évoque quoi que ce soit.

« Et bien, qu'attends-tu ? J'aurais mieux fait de m'en occuper moi-même, c'en serait fini de lui depuis longtemps. N'as-tu donc aucune dignité pour te laisser malmener par cette erreur de la nature ? Ne serais-tu toi aussi qu'un bâtard, en fin de compte ? Si tu as quoi que ce soit à me montrer, il est temps de le faire avant que je t'abandonne sur le bas côté ! »

Akasha aimait profondément être spectateur de ce genre d'affrontement. Passer son temps à observer les humains était encore ce qui parvenait le mieux à le distraire. Ce qu'il venait de lui crier n'était donc que l'exact reflet du fond de sa pensée, sans aucune intention de le motiver. Si toutefois cela pouvait le faire dans la foulée, ce n'était pas lui qui s'en plaindrait : l'attraction n'en serait que meilleure. L'instant d'après, il dut parer les mouvements erratiques de deux de ces abominations qu'il dépouilla ensuite de leurs bras d'un rapide moulinet avant que les lames restantes ne les réduisent en charpie. La facilité avec laquelle il anticipait le moindre de leurs mouvements tenait presque de l'art. Ce n'étaient pas des ennemis à la mesure, tout au plus un fâcheux contretemps. Alors qu'il en coupait un en deux dans le sens de la hauteur, un profond ennui peint sur le visage, le cri étranglé d'un homme que l'on vient d'éventrer sut ramener son attention vers le duel à l'épée qui était en train de se dérouler.

En fin de compte, son comparse avait su l'emporter. Le fin sourire qu'il avait gommé un instant plus tôt pour croiser le fer avec ces zombies refit son apparition alors qu'il se redressait de toute sa hauteur, ses épées partant en tous sens pour déchiqueter les derniers survivants qui tentaient désespérément de venir au contact en rampant. Accotant sa lame à son épaule alors l'avoir débarrassée du sang poisseux qui l'avait enduite d'un mouvement ample, il détailla son compagnon d'armes alors qu'il revenait vers lui, fort de son devoir accompli. S'il avait peiné à s'en tirer, du moins semblait-il encore un bon état – ou peu s'en faut. Mais à peine en avaient-ils terminé avec une confrontation qu'une autre se profilait d'ores et déjà à l'horizon. Cette fois c'était à son tour d'imposer sa loi. L'imposante stature du nouveau venu ne lui faisait pas peur, il en avait abattu de plus grands que cela. Tendant sa main vide en direction de l'épée qu'avait lâché Bruford dans une chute dont il ne se relèverait pas, il la fit venir à lui et s'en empara.

Elle était un rien trop légère pour lui, constata-t-il au moment de raffermir sa prise, mais il pourrait s'en contenter. Du moins pour un temps. L'escadron qu'il avait disséminé revint vers lui afin de graviter à sa hauteur pour lui servir de bouclier si le besoin s'en faisait sentir – et ce serait très certainement le cas. Car s'il se dégageait de son prédécesseur une certaine noblesse - d'esprit si ce n'est de corps – celui-ci respirait uniquement la force brute et une animosité si dense qu'elle en devenait presque animale. Ce n'était pas un homme qu'il avait en face de lui, il en aurait juré s'il n'avait pu se fier qu'à son aura. Mais en dépit des proportions absurdes de son anatomie, c'était un homme tout ce qu'il y a de plus normal – du moins à priori. Un jugement qu'Akasha dut remettre en question quand il le vit plonger les doigts dans une terre pourtant loin d'être meuble et en extraire un bloc massif qu'il n'eut aucun mal à lui jeter au visage, le laissant voler en éclats au contact du sol.

S'il n'aurait d'ordinaire prêté que peu d'attention – pour ne pas dire aucune - à un assaut aussi primitif, c'est mu par l'intuition que son bras et sa lame se mirent en travers de la course des nombreux fragments qui fusaient à sa rencontre. Grand bien lui en prit ; outre ceux qu'il eut la célérité de repousser, un seul percuta le plat de sa lame et il sentit son poignet ployer aussitôt sous la violence du choc. Ses yeux s'écarquillèrent sous la surprise mais il ne laissa pas celle-ci l'envahir, esquivant de justesse d'autre débris qui sans cela l'auraient atteint au visage. Et il ne voulait certainement pas savoir quels en seraient les effets... D'autres le touchèrent à l'épaule et à la hanche et il fut repoussé en arrière, mais sa vigilance était quant à elle inébranlable. Et c'était tant mieux là encore puisque la masse titanesque du colosse qui lui avait gracieusement offert ce projectile était dirigée vers lui à pleine vitesse.

Le Roi des Héros ne réussit à esquiver qu'in extremis, mais n'en ressentit pas moins l'onde de choc qui se propagea au moment de le frôler. Son corps fut projeté dans les airs comme un vulgaire fétu de paille, et il n'aurait sans doute touché le sol qu'une dizaine de mètres plus loin s'il n'avait joué de son magnétisme pour s'immobiliser dans les airs et atterrir en douceur. Il n'en revenait pas lui-même. Une telle force était purement et simplement insensée, et il ne voyait rien qui puisse expliquer de quelle façon un être qui en soit doté avait pu voir le jour. Retrouvant tant bien que mal son équilibre – non sans pester au passage contre ses membres qu'habitait cette souffrance persistante, bien que son armure ait réduit le choc – il le toisa sans ciller, l'éclat vermillon de ses pupilles ne reflétant rien si ce n'est un dégoût viscéral. Celui que l'on ressent en rencontrant une créature qui ne devrait pas exister au point qu'en débarrasser le monde devient un service rendu à l'humanité.

« Alors toi aussi, tu n'es qu'un monstre que je dois supprimer. Et bien, viens ! Je ne demande qu'à te montrer que si inhumain que tu puisses être, je n'en suis pas moins capable de te tuer. Mais allons plus loin pour commencer. Tu n'as sûrement pas envie de mutiler plus qu'il ne l'est déjà le cadavre de ton ami. »

La seule réponse qu'il obtint en retour fut le pied gigantesque qui s'abattit sur ce qui restait du corps de Bruford, faisant instantanément craquer les os et l'armure sous sa masse. Masse qu'il maintint en place jusqu'à ce que des éclaboussures sanguinolentes se répandent aux alentours à mesure que ses organes cédaient sous ce poids anormal. À vrai dire, il ne suspendit ce geste abject que pour mieux abattre sa semelle une seconde fois et ainsi lui fracasser le crâne pour mieux en répandre le contenu aux alentours. Son empreinte demeurant fermement imprimée au dos de son armure ainsi que dans le sien, n'étant déjà guère plus qu'à une petite poignée de centimètres de le traverser de part en part quand il avait changé d'idée. Si en apparence il était resté de marbre face à cette sinistre besogne, la mine d'Akasha s'était considérablement refroidie – au point de faire frémir même le sang figé dans leurs veines depuis de nombreuses années.

« Bruford, sale lâche ! Je te respectais, mais tu n'étais finalement qu'un sournois ! Je veux atteindre la perfection dans le carnage... Tuer et anéantir par la force, rien d'autre ! Criez de désespoir ! »

Dans un mouvement vif comme l'éclair, il abattit son glaive massif dans le sol à côté d'Akasha dans l'intention manifeste de le déstabilisa. Le sol fut littéralement pulvérisé sous le tranchant et le poids de la lame tout à la fois. Le Tenryūbito ne bougea pas d'un pas, demeurant les bras croisés et les yeux rivés sur la triste dépouille de l'autre chevalier. Ses yeux se firent d'autant plus perçant et il laissa croître lentement mais sûrement l'intensité du champ magnétique qu'il déployait autour de lui, allant même jusqu'à faire frémir l'énorme tranchoir planté dans le sol à sa droite sans lui concéder ne serait-ce qu'un regard malgré son lest incommensurable. Ainsi, avec une extrême lenteur mais sans que rien ne puisse l'en empêcher, pas même les efforts de son porteur pour lui transpercer le corps à son aide. Parfaitement impassible, il n'en utilisa pas moins une part de plus en plus conséquente de son pouvoir, élevant la lame dans les airs avec une aisance croissante. Ce n'est qu'une fois la rapière inepte à mi-parcours qu'il daigna enfin relever les yeux vers son détenteur pour le fixer avec un souverain mépris. Le collier que ce sordide individu portait autour du cou s'aimanta soudain pour lui faire ressentir un impérieux besoin de s'incliner.

« Je vois. »

Le manche échappa à ses doigts tandis que le fil acéré venait lui ravager le visage, emportant dans son sillage l'un de ses yeux. Akasha n'avait pas visé, il s'était contenté de lui opposer une force égale à la sienne jusqu'au moment où la fatigue triompherait et où il n'aurait plus d'autre choix que de la lâcher. C'était sa propre sauvagerie qui venait d'être retournée contre lui – et à elle qu'il devrait une blessure qui jamais ne s'en irait. D'une part parce qu'elle était beaucoup trop grave que pour disparaître même chez une chimère de son acabit, mais aussi parce que d'autre part il ne comptait pas lui laisser le temps de cicatriser. Doté d'une épée à chaque main le Roi Doré s'en approcha pour porter un coup en croix, gravant sur son torse une balafre à la mesure de son gigantisme. Le rugissement de rage et de douleur qu'il était en train de pousser alla en grandissant et il tenta de l'abattre du tranchant de la main. S'il s'en fut sain et sauf en se déplaçant sur le côté, il n'eut pas autant de chance lorsque ses paumes tentèrent ensuite de se rejoindre pour l'écraser.

Il n'eut cependant qu'à solliciter sa dizaine de lames et à les faire pivoter de sorte à ce qu'il empale de lui-même ses paumes démesurées sur cinq d'entre elles de chaque côté. Moment dont profita Akasha pour sectionner les tendons au niveau de chacun de ses poignets, sans toutefois causer d'hémorragie. Pas encore tout du moins. Comme nanti d'un soudain esprit de justice, le Dragon Céleste profita de cette occasion pour sauter sur son bras et ainsi s'en faire un appui afin de l'atteindre au visage, charcutant pêle-mêle son nez et ses oreilles. Profitant de ce qu'il se mettait à beugler à pleins poumons, il lui arracha la langue dans la foulée d'un simple coup d'épée. Tout à cet nouvelle occupation, son visage ne reflétait aucune émotion, si ce n'est une indifférence totale aux souffrances pires que la mort que cette ordure pouvait endurer. S'il aimait tant que cela le carnage, il allait être servi : ce n'était rien à côté de l'ignoble manière dont il avait profané le corps de son ami. D'un coup de pied en plein dans l'une de ses plaies béantes, le jeune noble se projeta en arrière pour mieux échapper à un geste désordonné ayant pour but éviter de le casser en deux avant qu'il ait pu continuer sur sa lancée.

« Tu vas payer... Payer pour avoir souillé mon Royaume par ta présence ! Un être aussi immonde que toi ne mérite même pas de respirer mon air ! Cet esprit pervers... Cette folie odieuse... Ton âme est encore plus pourrie que ce corps ridicule... Mais je te rassure, je me charge de corriger cela. C'est te faire trop d'honneur que de m'abaisser à lever la main sur un déchet tel que toi, mais je vais faire une exception pour cette fois. DISPARAIS, ZASSHU ! »

À cet ordre, l'ensemble de ses épées fondirent de concert sur les quelques trois mètres de haut de chair impure dont disposait la force de la nature qu'était cet homme et la laminèrent de leur mieux, sans autre forme de procès. Plusieurs se rompirent dans le processus, que ce soit sous ses poids ou sous l'usure – on ne pouvait inlassablement entailler un corps aussi robuste sans en payer le prix. Il n'en fut pas moins bientôt privé de l'essentiel de ses membres à tel point que la peau n'était qu'à peine visible sous les flots pourpres qui l'avaient inondé de pied en cap – sans pour autant convaincre Akasha de mettre un terme à cette punition divine. Encore trop douce pour une charogne de son espèce. Ce n'est que quand il crut avoir droit à un semblant de répit et s'échina à décrasser ses orbites avec ses moignons, relevant la tête vers le soleil en espérant y trouver un peu de clarté qu'il le vit s'assombrir.

L'ombre scintillante de son seigneur fondait droit sur lui et lui transperça la tête de part en part, non pas avec sa propre épée – qui lui était restée plantée au milieu du torse après l'avoir entamé depuis l'épaule – mais bien avec celle prélevée sur le corps sans vie de Bruford avant que ce molosse ne le réduise à l'état de pulpe sanguinolente. État que Tarukus – nom qu'il l'avait entendu vociférer dans une phrase du genre « Moi, Tarukus, vais t'ouvrir en deux et te vider de tes tripes pour les dévorer » au beau milieu de son impitoyable offensive – avait dû envier avant que ce coup de grâce ne finisse par lui faire quitter cette terre une bonne fois pour toute. Ce n'est que lorsque sa carcasse tomba au sol qu'Akasha se relâcha enfin, et il aurait été dans l'obligation de poser genou à terre si ses armes ne s'étaient pas empressées de revenir vers lui pour le soutenir. Posant la main sur l'un des pommeaux qui lui étaient présentés, il réussit à tenir debout mais à grande peine.

Sans le montrer, s'aidant de ce qu'il pouvait diriger son armure au lieu de ses membres pour pouvoir le cacher, il avait été frappé durement plus d'une fois pendant qu'il virevoltait autour de cette silhouette herculéenne qui désormais gisait à ses pieds. Il n'était pas impossible que cela lui ait valu quelques côtes fêlées, sinon brisées, et que dire de l'état de ses bras et jambes qui n'était préférable que de peu. Il trouva néanmoins la force de se relever même s'il souffrait le martyr à la seule force de sa volonté. À son sens, il était nécessaire de la part d'un meneur que de toujours donner le meilleur de lui-même, même lorsqu'il est au plus bas. Si le roi ne s'avance pas, il ne faut pas s'attendre à ce que ses sujets le suivent... Attendant néanmoins d'avoir repris son souffle et un semblant de lucidité, celle-ci ayant été altérée par la dépense d'énergie plus que conséquente qu'il avait dû réaliser pour mener cet assaut de front et sans s'arrêter, il s'adressa à ses pairs après avoir jeté au bout de viande qui jonchait le sol sous lui un dernier regard plein de dédain.

« Un Roi se doit de recevoir les supplications de ses sujets, quels qu'ils soient, et de faire justice au mieux. Les plaintes et les malheurs de ceux qui vivent avec moi font partie de ce qui me définit en tant que Roi. Même s'il n'était déjà plus de ce monde, Bruford fut l'un de mes sujets, et à ce titre je ne pouvais laisser un tel geste impuni. Rien de plus, rien de moins. N'allez pas croire qu'il m'arrive de faire dans le sentiment... Continuons. Nous avons déjà perdu trop de temps. »
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MessageSujet: Re: Like a Bloody storm Dim 14 Juil - 23:17



    Tout le long du combat entre Bruford et notre beau gosse, Akasha avait observé, bras croisés, un regard critique, comme un Roi, véritablement, un Roi observant des chevaliers de sa cour s'affronter lors de joutes. Son regard écarlate, au moins aussi acéré que la lame de Takezo, n'avait pas loupé un seul détail, et il avait toujours su trouver les bons mots pour pousser le barbu à se dépasser. Peut-être que s'il n'avait pas été là, c'est Musashi qui serait étendu au sol, baignant dans son propre sang... Mais toutefois, l'homme à l'armure d'or avait paru dépité de n'avoir pu se mesurer au Dark Knight, et c'est pourquoi cela arrangea beaucoup notre beau gosse de laisser le géant pataud à son Roi. Pendant ce temps, il s'assit en tailleur, posant ses poings sur ses genoux et observant la bataille qui se déroulait sous ses yeux. Le géant se différenciait en tous points du Roi Doré: le monstre n'était qu'une masse de muscles, avec un style de combat direct et efficace (n'en déplaise au bloc de terre meuble qu'il avait jeté vers le blondinet), tandis que le nouvel "ami" de notre samouraï se battait avec violence et finesse, maniant un nombre étonnant de lames. Alors que le Roi invitait le géant à s'éloigner pour laisser son camarade mourir tranquillement, le monstre acheva Bruford de ses larges semelles. Musashi serra le poing, et la colère déforma son visage un instant: il eut une difficulté folle à ne pas se lever et à trancher sur le champ l'autre gros lourdingue: c'est voir l'air refroidi d' Akasha qui l'en retint: le Roi voulait régler ça lui-même. Et il aurait été bien malvenu de s'en mêler, et contre le Bushido. Aussi, le natif de Wa no kuni inspira profondément, ferma les yeux et souffla, aussitôt calmé. Et c'est avec la froideur d'un analyste qu'il observa l'affrontement se dérouler sous ses yeux, comme le parchemin d'un maître se retrouvant peu à peu couvert de l'encre fine qui faisait la calligraphie.

    Le combat était tendu, et il sembla bien à Takezo que plus d'une fois, Akasha était en difficulté. Toutefois, pas une fois il n'en parla, pas une fois il ne dit mot: il observait, simplement. Il était là sans être là, absorbé par le combat. Mais au final, après un combat dantesque, le Souverain finit par triompher, abattant toutes ses lames tel un déluge de désastres sur le colosse qui finit à l'état de serpillière souillée de sang: plus aucun millimètre carré de sa peau n'était visible sous le flot carmin provoqué par les assauts incessants du Roi Doré. Mais ce dernier avait pris cher: il n'échappa pas à Takezo qu'il resta un moment appuyé sur le pommeau de sa lame, et son teint semblait légèrement plus pâle, tandis qu' une goutte de sueur avait perlée au niveau de sa tempe. Alors que l'allié du jour de notre chasseur de primes expliquait sa motivation à punir ainsi le colosse (oh non, ce n'est pas pour venger Bruford, absolument pas, je n'ai pas d'âme je suis un Roi sans émotions, toussa toussa), notre beau gosse se redressa, époussetant son kimono et tâtant le sang qui s'écoulait de la blessure causée par Bruford. Il avait connu pire, mais bon, ça risquait de l' handicaper si ce Dio était si fort. En parlant de lui, le Souverain les invita à se dépêcher, car ils avaient perdu bien assez de temps. Notre bonhomme acquiesça, essuya Nobunaga sur le cadavre d'un vampire, le rangea dans son fourreau et approcha le pont-levis du château des ténèbres. Même le vent avait cessé de souffler, et le silence était pesant. Notre sabreur avait l'impression que des mains glaciales s'enroulaient délicatement autour de sa nuque, comme pour se préparer à la briser d'un geste sec. Un frisson lui parcourut l'échine, et il commença à se tapoter les joues pour se remotiver. Il adressa un sourire entendu à Akasha, puis se tourna vers leur guide, qui était resté un peu en arrière pendant tous ces combats.

    D'un ton tranquille, le samouraï lui expliqua qu'il ne lui tiendrait pas rigueur s'il prenait la fuite. C'était le travail du Roi et de son chevalier que de s'occuper du démon, pas du serf. L'autre s'inclina moult fois, serra plusieurs fois les mains du beau gosse qui grimaça (ses mains étaient tellement moites qu'à côté c'était moins mouillé quand Musashi le faisait avec trois demoiselles, if you know what I mean), épargna l'homme à l'armure d'or qui dut se contenter d'encore plus de courbettes, et fila en courant. Les faibles quittaient le navire, c'était le mieux. Au moins il ne risquait pas de gêner le duo de badass. Notre héros fit craquer ses doigts, roula des épaules, et avança d'un pas tranquille, traversant le pont-levis, précédemment abaissé pour permettre le passage de Bruford. Il avança dans la forteresse, s'assurant que son Roi le suivait et parvenait à marcher. Il ne se sentait pas d'humeur à le gêner en lui proposant de l'aide, aussi il s'abstint. Alors qu'ils pénétraient dans un grand hall, des torches s'allumèrent soudain sur les murs. Le sol de pierres noires était recouvert par un tapis rouge comme le sang, fait de velours vu le contact sous les pieds nus de notre beau gosse (il avait enlevé chaussettes et sandales vu qu'il allait être amené à se battre). Alors qu'il avançait tranquillement, sous ses sens aux aguets, ne parvenant pas à chasser la sensation d'un regard posé sur sa nuque, il sentit le sol se dérober sous ses pieds et il commença à glisser, longtemps, longtemps, dans le noir le plus complet. Un piège, évidemment. Comme si deux chevaliers et des vampires ne suffisaient pas, il fallait que Dio ait mis des pièges dans son château. Oui, bien entendu. C'était in, les pièges. C'était à la mode. Bref, après un moment, le fessier de notre guerrier heurta le sol et il jura, avant de se relever.

    Il faisait noir comme dans un four, ici, et il grommela en cherchant vainement une torche, tâtonnant, sentant la pierre froide sous ses paumes. Alors qu'il allait lâcher un nouveau juron, jurons qui se faisaient décidément trop nombreux depuis le début de cette aventure, une torche s'éclaira soudain, puis une seconde, et peu à peu, il découvrit que devant lui attendait l'entrée d'un labyrinthe. Pas un bruit ne s'en échappait, mais il se doutait bien qu'il devait y avoir de sales bêtes à l'intérieur. Il arracha une torche, et leva les yeux vers le plafond: c'était beaucoup trop haut, et la trappe par laquelle il était arrivé avait l'air fermée à double tour. Bon, voyons voir: soit il restait là à attendre de mourir comme une merde, soit il avançait dans ce maudit labyrinthe. Et il était pas du genre à se mettre en position fœtale dans un coin pour pleurer. Il soupira, brandit sa torche devant lui, et s'engagea dans le dédale. Les murs étaient faits de la même pierre noire que tout le reste, et il n'y avait aucun moyen de discerner un mur d'un autre. Bref, il était dans la merde. Surtout qu'il n'avait pas un sens d'orientation génial, voire qu'il était totalement mauvais pour se repérer. Les gens conseillaient de prendre tout le temps la même direction dans un labyrinthe, mais le souci c'était de la choisir cette putain de direction! Quelques pas plus loin, une fois au premier croisement, il s'immobilisa, se grattant la barbe: par où aller, par où aller... Il se décida donc à choisir à l'ancienne, et commença à jouer à pique et pique et collégramme. Après une partie disputée, il décida finalement de partir à droite.

    Il tourna donc à droite, puis à droite, puis à droite. Pour l'heure, tout allait bien: il n'avait absolument aucune idée de s'il approchait de la fin du labyrinthe ou non, mais au moins il avançait, c'était déjà ça. Quelques fois, au détour d'un virage, il croisait des vampires, mais un coup de Nobunaga les privait rapidement de leur tête et donc de sens de l'initiative, et le beau gosse reprenait sa balade de santé. Mais, alors qu'il avançait, le frisson sur sa nuque se faisait plus oppressant: il y avait bel et bien quelque chose qui l'observait! Posant la main sur la manche de son katana, comme mû par un instinct soudain, il tourna à gauche. C'était briser tout le principe qu'il s'attachait à suivre depuis le début, mais il avait la sensation qu'il le fallait. Et il tomba dans une grande salle, sans doute le centre du labyrinthe, un carré d'une vingtaine de mètres de côté. Aussitôt, le passage par où il était arrivé se reboucha avec un grondement sourd, et il remarqua qu'un petit bonhomme se tenait au centre de la salle. Il avait le teint grisâtre, comme les vampires, mais il était différent: une lueur d'intelligence brillait dans son regard, il avait une moustache, des cheveux, et surtout des vêtements qui semblaient en bon état. Avec un sourire qui n'annonçait rien de bon, il prit la parole d'une voix de petite fouine fourbe:


    - En voilà un invité imprévu! A cette heure-ci, ton camarade doit déjà être mort. Des insectes comme vous n'atteindront pas Dio-sama. Mais je te laisse une chance de fuir et de vivre, si tu réponds à mon énigme! Alors, intéressé, humain?

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Like a Bloody storm

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